Pour info , j'ai vu hier dans un grand magasin de Paris cet enregistrement à un prix relativement correct (23 Euros) - j'ignore combien Alfredo l'a réglé - tout ceci pour dire qu'il n'est pas accissible qu'en dehors de nos frontières
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Pour info , j'ai vu hier dans un grand magasin de Paris cet enregistrement à un prix relativement correct (23 Euros) - j'ignore combien Alfredo l'a réglé - tout ceci pour dire qu'il n'est pas accissible qu'en dehors de nos frontières



Le Porgy intégral avec Price et Warfield?
14,75 Euros plus les frais d'envois (commandé à la planète Mars, avec cinq mois de délai de livraison...).



Tout passe, tout change, tout évolue![]()
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Je me revois un soir lointain de 1985, époque où j'avais commencé à collectionner (en me "ruinant" car ça coûtait très cher ) tous les volumes alors disponibles de son immense intégrale des Cantates de J.-S. Bach entreprise avec Gustav Leonhardt une quinzaine d'années auparavant... L'illustre Nikolaus Harnoncourt donnait à Lausanne, avec son Concentus Musicus Wien, un concert Bach / Telemann auquel j'assistais avec enthousiasme... A l'entracte, on se pressait autour d'un stand où se vendaient des dizaines de disques enregistrés par lui, tous du répertoire baroque...
Aujourd'hui, presque un quart de siècle plus tard, je me suis demandé quelle tête ahurie aurait fait le public de ce concert si une main malicieuse "venant du futur" () avait déposé sur ce stand le coffret suivant (que j'ai trouvé à la F*** et dont je montre en grand le recto et le verso)
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C'était pour moi quasiment impossible de ne pas acheter ledit coffret. Trop de raisons m'y poussaient.
Pourtant, qu'on le croie ou non, je n'ai encore aucune idée (ou presque) de ce à quoi ressemble cet enregistrement pour le moins... improbable.
Car j'ai décidé, pour une fois, d'attendre au moins jusqu'à demain avant de l'écouter, pensant qu'une certaine "préparation" s'imposait en l'occurrence.
Jacques



Bonsoir Jacques !
Il me semble que m'sieur le Comte a depuis quelques années déjà découvert tout un tas de musiques des XIXème et XXème siècle ( des Bartok assez insupportables à mon goût ! ) mais je n'aurais pas parié un shilling sur Gershwin !![]()






Attendons les Quatre saisons de Vivaldi par Boulez et l'ensemble intercontemporain...
ou sa Carmen avec Christine Schaeffer.






Trêve de plaisanteries (au demeurant bien compréhensibles) et de préjugés tenaces !![]()
Et voici maintenant ce qu'a écrit Ernst Van Bek, le 14 novembre 2009 sur ClassiqueNews, au sujet de la version Harnoncourt de Porgy and Bess :
"Né en 1929, le chef berlinois qui fête ses 80 ans (le 6 décembre 2009) fait publier chez Rca Victor cette lecture enthousiasmante de l'opéra de Gerswhin, produite au dernier festival de Graz (Autriche) en juin et juillet 2009. Les maîtres mots de cette approche lumineuse sont sa juvénilité, sa nervosité et sa tendresse réalisées, outre la séduction attendrie de la direction, par la grande cohérence du plateau vocal. Dès le début, Harnoncourt qui a avoué connaître l'oeuvre depuis sa jeunesse en 1935 car son père la jouait au piano, nous fait entrer dans le rêve d'une nuit d'été de Clara (et sa berceuse, l'inusable "Summertime")... auquel répond, la nuit suivante (scène 2 du I), la prière endeuillée de Serena ("My man's gone now"). Caractérisation inouïe des personnages qui naviguent autour des protagonistes, où la douceur lyrique n'empêche pas la terreur panique ni l'ombre du crime, la bestialité d'une humanité alcoolisée, droguée et joueuse, choeurs enchantés, relief et rondeur agissante de l'Orchestre de Chambre d'Europe : tout ici transpire le théâtre, et la vitalité du drame, que savent caresser le chef et ses musiciens, se révèle dans chacun des 3 actes, restituant à l'écriture de Gershwin son raffinement originel.
D'après la nouvelle Porgy (1925) de DuBose Heyward qui rédige avec Ira Gershwin le livret, l'opéra créé en 1935 (Boston) restitue les faits contemporains propres aux Afro-américains à Charleston en Caroline du Sud. La grandeur dérisoire mais la dignité de Porgy, noir estropié, vain défenseur de l'angélique Bess, molestée par son mari Crown, criminel sans scrupule, et par Sportin'Life, un petit voyou minable, revendeur de crac et d'héroïne. Tous les héros de cette saga des rues sont Noirs, et Harnoncourt a réuni une distribution complète en conséquence, d'où la vérité criante de l'approche : gravité et lyrisme de la black soul (chant déchirant des chansons de la vendeuse de fraises, puis du vendeur de crabes, scène 3 du II) alliant désespoir et blessures, cri et souffrance, solitude et tendresse lacrymale (écoutez la prière de Serena précédemment citée).
Harnoncourt décuple une nervosité délirante dans les tableaux collectifs, grossissant le trait, soulignant les sources musicales du travail de Gershwin : spirituals, citations et formules jazzistiques... mais il garde une élégance nuancée qui fonde l'humanité de toute la lecture : style et allure d' "I got plenty o'nuttin" de Porgy, d'une énergie confondante.
Le jeu des motifs récurrents, associés à des personnages ou des situations, les rapports des mélodies imbriquées qui structurent toute la partition s'en trouvent magnifiquement lisibles : Harnoncourt libère l'oeuvre de toute caricature ou préconçus. Sous sa baguette altière, allante, sanguine, c'est toute l'humanité désespérée du sujet et son universalisme qui se dévoilent, faisant de l'ouvrage un désormais classique de l'opéra outre-atlantique.
Superbe tableau de la tempête qui frappe à la porte de Serena, associé à la figure diabolique de Crown, fin triviale où Porgy libéré repart à la recherche de son aimée Bess, soumise à un autre tyran domestique, Sporting Life : Harnoncourt exprime idéalement cette course sans fin de l'homme contre la barbarie qui l'environne jusqu'à l'obsession."
Exagérés, ces éloges ? Je ne pense pas... Je suis en tout cas resté "scotché" devant ma chaîne du début jusqu'à la fin, avec ce mot sans cesse à l'esprit : IMPRESSIONNANT ! Et quelle fantastique équipe (orchestre, choeurs et solistes)!
D'un grand intérêt aussi, le texte - en grande partie de la main du chef - figurant dans le livret (qui n'est hélas qu'en anglais et en allemand, tendance à laquelle sacrifie aussi depuis longtemps le label Naxos)... Harnoncourt y démontre une connaissance approfondie du sujet, expliquant son approche de l'oeuvre et ses intentions personnelles, en particulier celles-ci : restituer à Porgy and Bess sont statut de grand opéra, qui n'est en rien un simple "musical" de plus (une comédie musicale) dans la carrière du compositeur américain, et montrer que l'oeuvre doit à Wozzeck bien plus qu'on ne pourrait le penser (Berg, que Gershwin avait rencontré par l'intermédiaire de son ami Schoenberg, lui avait donné une partition de son propre opéra).
Une petite information pour finir : l'an prochain (2010), Harnoncourt enregistrera Lulu (Berg).
Jacques


Excellente nouvelle! Quid du troisième acte?



Aucune idée... J'ai vu cette nouvelle vers la fin du long entretien reproduit ici, où la question n'est pas abordée.
Mais des informations plus précises vont sans doute filtrer peu à peu dans la presse spécialisée...
Jacques![]()