Je ne pense pas que votre mémoire vous trahisse...


Je ne pense pas que votre mémoire vous trahisse...



C'est très bien... dommage que ça sonne un peu casserole mais bon... on va pas faire la fine bouche... Heu... mon pote Mimile est un peu plus grazioso non ?...![]()






Je viens de vérifier et en effet, elle ne m'a pas trahi, elle est bonne fille au fond... Tout est magnifique, et pas que les gammes (la conduite de la main gauche dans les ponts vers le second thème !!!), et à 3'-3'20 on tient un exemple quintessentiel de ce qu'est une gamme comme geste harmonique global - et profond.
Quel dommage de ne pouvoir faire entendre le premier mouvement ici.
Il y a celui-ci, sinon, que j'écoute tout le temps en ce moment...
YouTube - Schnabel plays Beethoven sonata no.5 op.10 no.1 (I) - Allegro molto e con brio
Là encore, Gilels offre la perspective radicalement opposée (grave, emprunte d'une nostalgie écrasante), mais est tout aussi bouleversant (et c'est une des sonates avec 10/3, 26, 28... où son piano est le plus incroyable).


Dans le top 10 des sonates de Beethoven (message 18), j'y avais placé la 5e sonate justement grâce à l'interprétation d'Emil Gilels![]()

Complètement zappée à ma première écoute de son op.25 il y a un an environ, la gamme finale de l'op.25/11 de Sokolov. Je pense que c'est la plus belle gamme "romantique" (désolé pour ce barbarisme) que je connaisse. C'est vers 3'15.
YouTube - Grigory Sokolov plays Chopin Etude Op.25-11

Hop hop, des gammes que j'avais pour le coup remarquées immédiatement (c'est à 5'00, mais la variation d'avant mérite d'être écoutée ne serait-ce que pour le contraste) :
YouTube - Emil GILELS plays BEETHOVEN 32 Variations Live
[URL="http://www.youtube.com/watch?v=BiUqqoeML8I"]



Non, c'est vrai qu'on peut sans doute parler de gammes romantiques ou classiques, et plus en relation avec la façon dont elles sont jouées que par rapport au style de la musique. L'idiosyncrasie au piano, on y revient toujours (même si là Sokolov joue en effet romantiquement une gamme de musique romantique).
Voici un exemple particulièrement intéressant: la Chasse par Gilels à 20 ans et Gilels à 65 ans. Le premier joue les grandes gammes des sections mineures de façon absolument mozartienne (ou plutôt scarlatienne ou rameauienne, dans la logique de ces premières sessions d'enregistrement): magistral. Le vieux Gilels les joue plutôt romantique (c'est moins bien, je trouve!).
YouTube - Emil GILELS plays LISZT La chasse

J'ai surtout l'impression que dans la première version il joue les gammes de façon normale et que dans la deuxième il fait des glissandi comme c'est écrit sur la partoche, ce qui rend beaucoup moins bien (si on ajoute à ça qu'il est manifestement dans un grand jour pianistique dans la première, et un peu moins faste dans la deuxième).
Concernant les gammes ça peut faire l'objet d'un débat éternel, mais je pense que la différence tient assez bêtement au style, au compositeur mais surtout en premier lieu aux intentions manifestes de la partition. D'ailleurs que ce soit dans les Variations de Beethoven ou l'étude de Chopin, ce sont pour moi deux gammes romantiques, c'est à dire qui sont là en tant que geste harmonique (oui, je me mets à jargonner aussi) global, pas comme mélodie. Alors que dans le premier mouvement de la 545...
Dans l'étude de Liszt c'est difficile à dire, mais c'est vrai que l'option articulée paraît tellement évidente dans ce contexte, que ça en deviendrait presque une gamme classique ! Ah, le beau débat.



A propos des 32 Variations de Gilels, et bien sûr que je vénère cette version, j'ai une toute petite réserve sur la variation que tu pointes: je trouve dommage qu'il ne marque pas plus le contraste entre les deux croches (en les détachant voire en les piquant) au début de chaque montée et les doubles.
Mais bon, j'ai sans doute trop écouté en boucle la bande d'un concert de ta pianiste préférée.![]()

Ma pianiste préférée ? J'ignorais que tu avais entre tes mains un enregistrement des 32 variations par Alice Sara Ott...
D'ailleurs il faudra que tu me fasses écouter cette fameuse bande à mon prochain passage à Paris, si tu es toujours partant. Je suis assez curieux de voir comment elle a traité la question, même si je doute qu'elle ait été aussi transgressive que Gilels là-dedans (c'est assez ironique, voire franchement drôle, d'écouter la version de Brendel immédiatement après).



C'est à cheval sur les var. 31-32 (première moitié de 32) que se situe le plus "sa" transgression (dans le sens où je n'ai JAMAIS entendu quelque chose de semblable chez les autres, Gilels, Horowitz, Fischer, Brendel, Lupu, Moravec, Vedernikov, Rachmaninov, etc): tempo divisé par deux par rapport à la normale et accelerando très progressif sur les gammes, justement.
Effectivement dans la var. 18 (c'est ça?), elle joue les deux croches initiales de chaque montée comme on plante des clous, ce qui donne un toute autre dimension aux gammes proprement dites, qui de fait ne part pas du même endroit: c'est à mon sens plus conforme à l'esprit du texte, en plus. Après je ne dis pas que c'est fondamentalement mieux que Gilels, mais maintenant j'ai besoin d'avoir les deux et les écoute alternativement selon l'humeur.