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Thread: Edvard Grieg

  1. #21
    Oui, sauf si vous êtes Norvégien bien sûr

    Brilliant Classics a fait paraître à nouveau ces mélodies dans un coffret séparé mais j'ignore si les textes (avec au moins une traduction anglaise) sont inclus.

  2. #22
    Merci de votre réponse. J'espère que vous ne regretterez pas trop ce coffret; la musique pour piano regorge de beautés, à mon avis du moins.

  3. #23
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    Bonjour.

    Pour l'orchestre de Grieg, je signale ce beau coffret désormais en édition "slim" semble-t-il, disponible en occasion chez Amazon.fr à un prix qui fait rire (21 Euros):



    Dans le temps jadis (car je suis un vieux mélomane), on le trouvait sous cette présentation:



    avec un gros livret et tout ce qu'il fallait de traductions. Je ne saurais vous dire si la cure minceur a ou non sabré ces textes.

    Le Peer Gynt y est absolument complet, mais sans texte parlé. Pour l'ensemble de ce coffret, je garde un fort bon souvenir de l'interprétation de Järvi, qui m'a semblé être de haut niveau, sans réellement me faire grimper aux rideaux.
    Mais pour Peer Gynt, je recommande une version avec quelques numéros manquant pour tenir sur un seul généreux CD, celle de Blomstedt à San Francisco: vigoureuse, sanguine et pétante, comme je les aime (et mes rideaux en ont pris un vieux coup quand j'ai grimpé dessus ).




  4. #24
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    Merci, Erwan , Gustave et Mah , pour vos remarques et vos contributions discographiques.

    S'agissant des mélodies, dont je redirai quelques mots plus tard (si le ton un peu "à cheval" et hautain qui caractérise ce forum ne m'en ôte pas toute envie), je possède en plus de l'intégrale mentionnée, qui en effet ne reproduit aucun des textes chantés, des récitals comportant "l'essentiel" de ces mélodies. Et ces récitals, quant à eux, donnent des textes en question leur version originale en norvégien et leur traduction en anglais.

    C'est déjà ça, et tant pis pour ceux qui ne comprennent pas la langue de Shakespeare (à moi, du moins, ça ne pose pas trop de problèmes).

    Jacques

  5. #25
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    Dans son "Guide de la musique de chambre" (Fayard, "Les Indispensables de la musique", 1989), François-René Tranchefort présente en ces termes la production de Grieg dans ce domaine : "(...) véritable maître de la «petite forme», c'est dans ses divers recueils pour piano et, surtout, ses innombrables mélodies, que Grieg a affirmé le meilleur de sa personnalité. Sa musique de chambre, peu abondante, mais nullement négligeable (les Sonates pour violon et piano), fait paraître également un harmoniste expert (qui n'a pas été sans influencer Debussy), ainsi que l'authenticité d'une inspiration «populaire» (les danses paysannes, notamment) filtrée par une sensibilité essentiellement lyrique. Mais force est d'admettre que la maîtrise de la forme et le «souffle» font souvent défaut".

    C'est bien l'impression que donne l'écoute de cette musique, qui fait voisiner de très beaux moments avec d'autres qui paraissent franchement faibles et manquer de cohérence. Aucune des contributions de Grieg à la musique de chambre ne mérite donc d'être qualifiée de chef-d'oeuvre, il me semble, et on reste en général très en deçà de ce que Brahms ou Fauré, par exemple, ont apporté à ce répertoire. Et le fait que les trois volumes consacrés à la musique de chambre par le coffret Brilliant Classics en soient le "maillon faible" sur le plan interprétatif (sans toutefois être "déshonorant") n'arrange sans doute pas les choses...

    Ces oeuvres, qui toutes figurent dans le coffret en question, sont les suivantes : le Quatuor à cordes No 1 en sol mineur Op. 27, le Quatuor à cordes No 2 en fa majeur (sans numéro d'opus et resté inachevé, il a été complété par Julius Röntgen après la mort de Grieg), les trois Sonates pour violon et piano (No 1 en fa majeur Op. 8, No 2 en sol majeur Op. 13 et No 3 en ut mineur Op. 45) et la Sonate pour violoncelle et piano en la mineur Op. 36. S'y ajoutent deux pièces isolées et sans numéro d'opus, une brève Fugue en fa mineur pour quatuor à cordes et un Andante con moto en ut mineur pour violon, violoncelle et piano (c'est le mouvement lent d'un Trio resté inachevé).

    Je n'ai retrouvé dans ma collection aucun autre enregistrement que ceux dudit coffret (où les quatuors sont interprétés par le Quatuor Raphael, les sonates pour violon et piano par Ivan Zenatý et Antonin Kubalek et la sonate pour violoncelle et piano par Robert Cohen et Roger Vignoles). A l'exception cependant, s'agissant du Quatuor à cordes No 1 en sol mineur, de cet étonnant récital :



    Il est vrai que les musiques de Grieg et de Gershwin, même si le folklore les habite l'une et l'autre, ne sont pas souvent associées... Et à l'écoute de la charmante "Lullaby", une pièce pour quatuor à codres composée par un Gershwin de 21 ans déjà prometteur, ce n'est pas au bord d'un fjord de Norvège qu'on se croirait transporté, mais sur un rocking-chair se balançant doucement, au crépuscule, sur le porche en bois vermoulu d'une vieille maison de Caroline du Sud ...

    Jacques

  6. 01/11/2009 16h36

  7. #26
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    A la fin de mon précédent post, je voulais évidemment écrire : "quatuor à cordes" ( )...

    Quant aux récitals de mélodies auxquels je me référais, il s'agissait notamment de ceux-ci :



    Je renonce toutefois à dire davantage de choses sur ce sujet.

    J'en fais de même à propos du piano, puisque soit on n'aime pas, soit on semble déjà tout connaître .

    A propos des Pièces lyriques, je me risquerai juste à signaler cette belle anthologie, en regrettant qu'elle ne comporte que 20 pièces sur les 66 composées par Grieg (j'espère aussi qu'on n'objectera pas que leur interprète était un mauvais pianiste) :



    Jacques

  8. #27
    On vous a connu moins laconique, Jacques, pour ne pas dire lapidaire!
    Puisque vous abordez la musique vocale de Grieg, je voudrais signaler une œuvre relativement peu connue, mais fort belle: Den Bergtekne op. 32, pour baryton, deux cors et orchestre à cordes - effectif qui n'est pas des plus communs, on en conviendra.
    Pour l'anecdote, le pianiste et compositeur Ronald Stevenson en a réalisé une transcription pour piano en 1990. Cette version a été enregistrée par sa dédicataire, la pianiste américaine Donna Amato. Sur le même disque, vous trouverez d'autres pièces d'inspiration nordique de Stevenson, mais aussi les Variations et Fugue sur un thème de Grieg d'Alistair Hinton et une minuscule pièce de Sorabji, facétieusement intitulée Variazione maliziosa e perversa sopra "La Morte d'Åse" da Grieg. Ce petit bijou, de moins d'une minute, a été écrit en 1947, alors que Hinton peinait sur ses propres variations, pour l'encourager à poursuivre. Hinton acheva son œuvre, qui consiste en une introduction, 18 variations et une double fugue. On rencontre chemin faisant des citations du concerto pour piano, d'autres passages de Peer Gynt, et même du 24e caprice de Paganini et du Dies irae.

  9. #28
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    Quote Originally Posted by Gustave View Post
    On vous a connu moins laconique, Jacques, pour ne pas dire lapidaire!
    Sans doute . Je me demande toutefois si, sur ce forum, l'expression laconique (et si possible un peu péremptoire) n'est finalement pas la plus "efficace" ...

    Quote Originally Posted by Gustave View Post
    Puisque vous abordez la musique vocale de Grieg, je voudrais signaler une œuvre relativement peu connue, mais fort belle: Den Bergtekne op. 32, pour baryton, deux cors et orchestre à cordes - effectif qui n'est pas des plus communs, on en conviendra.
    Excellente idée ! Comme on peut le voir ici (cf. le bas de la page, position 23), cette très belle oeuvre figure sur l'un des 6 volumes du coffret DG montré par Mah (intégrale de l'oeuvre symphonique par Neeme Järvi dirigeant le Gothenburg Symphony Orchestra).

    Quote Originally Posted by Gustave View Post
    Pour l'anecdote, le pianiste et compositeur Ronald Stevenson en a réalisé une transcription pour piano en 1990. Cette version a été enregistrée par sa dédicataire, la pianiste américaine Donna Amato. Sur le même disque, vous trouverez d'autres pièces d'inspiration nordique de Stevenson, mais aussi les Variations et Fugue sur un thème de Grieg d'Alistair Hinton et une minuscule pièce de Sorabji, facétieusement intitulée Variazione maliziosa e perversa sopra "La Morte d'Åse" da Grieg. Ce petit bijou, de moins d'une minute, a été écrit en 1947, alors que Hinton peinait sur ses propres variations, pour l'encourager à poursuivre. Hinton acheva son œuvre, qui consiste en une introduction, 18 variations et une double fugue. On rencontre chemin faisant des citations du concerto pour piano, d'autres passages de Peer Gynt, et même du 24e caprice de Paganini et du Dies irae.
    Un grand merci pour ces informations . Pour ma part, je ne connaissais pas cette anecdote et ignorais totalement l'existence d'un tel enregistrement.

    Jacques

  10. #29
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    Quote Originally Posted by thierry h View Post
    Puisque le concerto pour piano a été cité allons y !
    On me souffle à l'oreille que la version d' Andsnes et Jansons est absolument formidable et je ne la connais pas ! Sinon dans les versions écoutées récemment Nelson Freire et Kempe ne sont pas des manchots... Je ne parle que du concerto de Grieg !!!

    Pour le concerto pour piano, je recommande le duo infernal Katchen/Kertesz, ou alors même si c'est vieux (1933) Backhaus/Barbirolli !

  11. #30
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    A toutes fins utiles, comme je possède depuis longtemps ce coffret DG et que Gustave a eu la bonne idée d'évoquer Den Bergtekne Op. 32 (titre traduit en anglais par "The Mountain Thrall" et en français par "Prisonnier de la montagne"), qui figure sur le 6ème et dernier volume du coffret, je signale que je viens d'ajouter à ma liste SM cette oeuvre pour baryton solo, orchestre à cordes et deux cors (durée : un peu plus de 6 minutes) .

    Jacques

  12. #31
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    Quote Originally Posted by Zimrilim View Post
    Pour le concerto pour piano, je recommande le duo infernal Katchen/Kertesz, ou alors même si c'est vieux (1933) Backhaus/Barbirolli !
    Des enregistrements de Kertesz et Barbirolli que je ne connais pas... c'est à peine croyable...


  13. #32
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    J'ai dû déjà montrer cette vidéo quelque part ()... Mais je la fais réapparaître sur ce fil, où elle est encore davantage à sa place .

    Il s'agit du pianiste russe Victor Merzhanov, qui le 1er juillet 1991, dans la salle de concert de l'Ecole de musique "Rachmaninov" de Tambov (Russie), joue deux des Slåtter Op. 72 de Grieg. L'image est floue mais le son acceptable.

    YouTube - VICTOR MERZHANOV - GRIEG. Slatter, op. 72 (2/2)[/URL]


    Jacques

  14. #33
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    Hier, je me suis promis d'éviter dorénavant les "tunnels"... Ça prend du temps et de la place, et ça n'intéresse finalement pas grand monde (à part celui qui les écrit )...

    Mais j'en fais quand même un à propos des Slåtter, en reproduisant un texte tiré de la brochure jointe au volume IX de l'intégrale du piano de Grieg enregistrée il y a une trentaine d'années pour le label BIS par la pianiste norvégienne Eva Knardahl (1927-2006) :




    "Les Slåtter (Danses paysannes norvégiennes) op. 72 de Grieg sont une des œuvres pour piano les plus fascinantes de la musique nordique. Ces 17 arrangements de danses au violon de Hardanger montrent qu'en dépit d'une période de santé chancelante, Grieg était encore en pleine capacité harmonique et pouvait se renouveler.

    L'origine de l'œuvre est intéressante. Au printemps de 1888, Grieg reçut une lettre de Knut Johannesen Dahle (1834-1921), le fameux violoniste de Tinn au Telemark. Il écrivait qu'il avait appris, dans sa jeunesse, des danses paysannes du grand génie de la musique de campagne norvégienne Torgeir Augundson, appelé «le Garçon du moulin». Il a fait plusieurs fois 60 kilomètres en skis pour apprendre «tous les doigtés sans exception». Il était alors grand temps que les vieilles mélodies soient écrites, déclara-t-il, et demandait si Grieg pouvait se charger du travail.

    Grieg accepta et se trouvait avec son ami Frants Beyer sur le chemin de Tinn lorsque «des circonstances imprévues nous forcèrent à abandonner le voyage», selon ce que Grieg relata ultérieurement.

    Deux ans plus tard, il reçut trois nouvelles lettres de Dahle mentionnant qu'il viendrait avec plaisir à Kristiania mais «comme c'est mon habitude, je manque un peu d'argent». Cette démarche tourna elle aussi en queue de poisson. Mais Dahle n'abandonna pas la partie. Après un séjour entre-temps de quatre ans en Amérique, il écrivit encore à Grieg en 1901 disant «... lorsque je ne serai plus là, les danses ne le seront pas non plus, ce qu'ils jouent maintenant est complètement différent».

    Le souhait de Dahle fut finalement exaucé. Grieg demanda à Johan Halvorsen s'il voulait mettre les danses par écrit. Comme ce dernier était plus que consentant, Grieg envoya de l'argent à Dahle pour qu'il puisse se rendre dans la capitale en novembre et, en deux semaines, Halvorsen avait mis les danses sur papier. Le 3 décembre, il envoya ses notes à Grieg à Troldhaugen qui répliqua enchanté: «II est incompréhensible qu'aucun de nous ne se soit occupé de musicologie nationale alors que nous avons de telles richesses de musique folklorique pour ceux qui ont des oreilles pour entendre, un cœur pour ressentir et les sens pour noter. Pour le moment, ça me semble un péché d'arranger les danses pour piano. Mais c'est un péché que je vais commettre tôt ou tard. La tentation est trop forte. Je vous remercie chaleureusement pour votre travail à travers lequel vous m'avez fait un grand plaisir et l'avenir montrera que vous avez fait encore plus

    A cause de tournées de concerts à l'étranger, Grieg dut attendre presqu'un an avant de pouvoir commencer son travail. Il considérait le défi comme extrêmement stimulant et se réjouissait de sentir qu'il était capable de transformer l'unique matériel en une œuvre pour piano richement variée an faisant appel à son entière ingéniosité harmonique. Il était aussi pleinement conscient que la musique était d'intérêt pour les érudits et, lorsque l'opus 72 fut publié par Peters en 1903, Grieg insista que les notes d'Halvorsen soient imprimées en même temps à titre de comparaison. Dans une préface, il donna un compte rendu des principes suivis dans ses arrangements: «En arrangeant la musique pour piano, mon but était d'élever les œuvres du peuple à un niveau artistique en leur donnant ce que je pourrais appeler un style d'entente musicale ou en les soumettant à un système d'harmonie. Plusieurs des petits ornements, caractéristique du violon des paysans et de leurs coups d'archet particuliers, ne peuvent naturellement pas être reproduits au piano et ont dû pour cela être omis. D'un autre côté, grâce à ses nombreuses qualités dynamiques et rythmiques, le piano présente le grand avantage de nous permettre d'éviter une uniformité monotone en variant l'harmonie de parties ou de passages répétés. Je me suis efforcé d'être clair dans les lignes exposées, surtout pour obtenir une forme définie

    La compagnie ne consentit d'abord qu'à risquer une édition limitée mais, comme l'oeuvre souleva un grand intérêt, elle dut être réimprimée l'année suivante. Grieg incorpora alors un grand nombre d'améliorations qu'il avait faites entre-temps.

    Peu de pianistes norvégiens osèrent s'attaquer à l'œuvre du vivant de Grieg qui fut pourtant très heureux du fait que le jeune pianiste australien Percy Grainger en eût immédiatement compris la grandeur. A Paris, l'opus 72 souleva un grand enthousiasme parmi les musiciens progressistes en tant qu'une œuvre «du nouveau Grieg». Béla Bartók est l'un de ceux qui s'intéressèrent à l'œuvre en ce temps-là.

    Ce recueil présente quatre grands types de musique de danse, chacun avec son indication de mesure et son rythme caractéristiques : danse nuptiale (4/4), springdans (3/4), halling (2/4) et gangar (6/8).

    Ici comme ailleurs dans son traitement de la musique de folklore, Grieg se permet des petites libertés avec les notations originales. Pour varier un peu, par exemple, il place les mélodies dans des octaves supérieures ou inférieures et, à l'occasion, il ajoute une introduction, un interlude et un postlude. Parfois il élargit les danses par l'élaboration de motifs simples. Dans les deux hallings, Haugelåt (no 4) et Røtnams-Knut (no 7), un effet raffiné est obtenu par l'ajout de sections lentes contrastantes dans la tonalité mineure où le matériel provenant des airs de danses apparaît en augmentation sur des accords basés sur du chromatisme.

    La monotonie est généralement évitée grâce à des nuances subtiles dans chaque pièce individuelle et en donnant à chaque arrangement une empreinte spéciale relativement à la facture et à l'harmonie. Par son emploi imaginatif des possibilités du piano et sa sensibilité artistique à la couleur tonale, Grieg réussit à transférer la sonorité distinctive du violon de Hardanger à son propre instrument. Il recrée l'effet des cordes sympathiques additionnelles augmentant la subtilité harmonique de l'instrument par un emploi fréquent de pédales et de notes soutenues et, surtout, par une exploitation perspicace de la pédale du piano. Il obtient des nuances particulièrement belles dans un des clous de la collection, Marche nuptiale d'après le garçon du moulin (no 8). Selon la tradition, cet air fut composé lorsque la bien-aimée du jeune meunier l'abandonna pour épouser un autre homme. En fait, il n'est pas question ici de joyeuse marche nuptiale mais plutôt d'une marche funèbre plaintive.

    Alors que Grieg, dans cette pièce, s'approche de l'idiome raffiné de l'«impressionnisme», une autre tendance du 20ème siècle, le «barbarisme», est anticipé dans plusieurs autres danses. Le piano est ici parfois employé presque comme instrument de percussion : les rythmes insistants sont indéniablement «martelés» . Les effets harmoniques sont durs et grossiers. En maintenant le caractère fréquemment linéaire de la musique de danse, Grieg a exploité consciemment un style où des blocs sonores se heurtent à des contre-mélodies individuelles dans des dissonances aussi prononcées que des secondes mineures, des septièmes majeures et des tritons. Des gammes différentes occasionnent d'étranges confrontations et il peut sembler que deux tonalités différentes sont employées simultanément.

    Dans leur hardiesse et leur variation, les Danses paysannes transcendent de beaucoup les conventions harmoniques de leur temps, étant ainsi l'œuvre de Grieg qui pointe le plus loin dans l'avenir."


    Jacques

     

  15. #34
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    Quant aux récitals de mélodies auxquels je me référais, il s'agissait notamment de ceux-ci :



    Je renonce toutefois à dire davantage de choses sur ce sujet.

    J'en fais de même à propos du piano, puisque soit on n'aime pas, soit on semble déjà tout connaître .

    A propos des Pièces lyriques, je me risquerai juste à signaler cette belle anthologie, en regrettant qu'elle ne comporte que 20 pièces sur les 66 composées par Grieg (j'espère aussi qu'on n'objectera pas que leur interprète était un mauvais pianiste) :



    Jacques
    Si DG n'avait jamais sorti que des disques aussi beau que ces deux là, ce serait un éditeur de référence.

  16. #35
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    Hier, je me suis promis d'éviter dorénavant les "tunnels"... Ça prend du temps et de la place, et ça n'intéresse finalement pas grand monde (à part celui qui les écrit )...


     
    Vous faites comme vous voulez mais ça intéresse au moins un couillon... Je tenais à le préciser...

  17. #36
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    Quote Originally Posted by Theo B View Post

    Si DG n'avait jamais sorti que des disques aussi beau que ces deux là, ce serait un éditeur de référence.
    Mais qui n'a pas découvert les Pièces Lyriques de Grieg par Mimile... Je vous le demande ?

  18. #37
    Merci, Jacques, de nous avoir communiqué ce texte à propos de ce fascinant opus 72.

  19. #38
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    Oui, merci Jacques, d'attirer notre attention sur ces Schlätter que pour ma part, je découvre. Je possède l'intégrale des oeuvres pour piano de Grieg, mais je n'ai pas encore eu la curiosité de tout déchiffrer. Ce sera fait rapidement, et je ne manquerai pas non plus d'écouter les extraits que vous nous proposez.
    J'en profite pour signaler que sur mon compte SM, on peut trouver des Pièces Lyriques jouées par Andsnes sur le piano de Grieg à Troldhaugen, un Steinway de 1892.

  20. #39
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    Merci, Theo, Thierry, Gustave et Chiarina, pour vos remarques .

    C'est en effet Emil Gilels (un immense pianiste !) qui m'a fait en quelque sorte découvrir au disque les Pièces lyriques. Son récital fut aussi mon tout premier CD Grieg . J'avais quand même joué deux ou trois de ces pièces quand j'avais 13 ou 14 ans. Mais à l'époque je n'en avais aucun enregistrement et elles étaient un peu enfouies dans ma mémoire. Or, quand je l'ai écouté pour la toute première fois, ce disque n'a pas manqué de réveiller toutes sortes de beaux souvenirs, parfois un peu nostalgiques.

    Je suis en ce moment à l'écoute des Pièces lyriques que Chiarina a mises sur son compte SM, interprétées par Leif Ove Andsnes sur le piano de Grieg à Troldhaugen. C'est absolument splendide !

    Ce disque (EMI Classics) figurera donc très probablement sur ma prochaine commande.

    Jacques

  21. #40
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    Quote Originally Posted by thierry h View Post
    Mais qui n'a pas découvert les Pièces Lyriques de Grieg par Mimile... Je vous le demande ?
    Moi.. et je ne connais toujours pas cette version historique à ce qu'il semble.
    Il y a aura bien un compte SM disponible pour me permettre de réparer cette lacune?...

    A Jacques : contente que cette autre version vous plaise, je l'aime beaucoup, comme tout ce que fait Andsnes chez ce compositeur.

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