Pardon, Dominique, mais je n'ai pas souvenance que le qt Kolisch ait jamais enregistré Berg, quoiqu'il l'ait certainement joué; vous ne confondez pas avec le qt Galimir?

Pardon, Dominique, mais je n'ai pas souvenance que le qt Kolisch ait jamais enregistré Berg, quoiqu'il l'ait certainement joué; vous ne confondez pas avec le qt Galimir?


Non non, il s'agit bien de la Suite Lyrique, c'est comme ça que j'ai découvert l'oeuvre. Il s'agit d'un 78t je crois. Bon je n'ai pas la science infuse et je peux me gourer. J'ai encore les bandes dans ma cave avec les fiches, mais en tout cas je n'ai rien du Qt Galimir. Ces émissions datent de 79/80 et Zeisel avait passé des documents rarissimes (il y avait du Webern aussi).


C'est bien les Kolisch, ils ont créé l'oeuvre en 1927 non ?

Ou plutôt oui; Kolisch l'a enregistré en 1950 mais dans sa formation américaine dite Pro Arte Quartet; tous les disques de ce quatuor sous label Dial, qui enregistrait également Charlie Parker, entre autres) sont des merveilles. Mais on sort de Schubert…



Je confirme Supernova pour les Pro Arte, ça me revient aussi maintenent.



L'existence d'un enregistrement de ce quatuor dès 1934 nuance quelque peu le propos initial de Denis selon lequel on n'aurait commencé à s'intéresser à ce monument qu'après la guerre. D'ailleurs, un autre enregistrement d'avant-guerre, AMHA tout aussi formidable que celui des Kolisch (en cela, je suis en total désaccord avec Gérard) est celui du quatuor Busch.
Après la guerre, on trouve les Wiener Konzerthaus qui, pour une fois, ne me convainquent pas malgré la somptuosité de leur sonorité ; ils ne sont pas assez dramatiques à mon goût, et ne tirent donc pas du tout l'oeuvre vers ses potentiels prolongements "mahlero-schönbergiens" que Denis a bien raison de souligner.
Je partage l'admiration exprimée plus haut pour la version du quatuor de Budapest. A la même époque, le quatuor Hongrois (dans sa formation avec le violoncelle de V. Palotai) a fait un enregistrement superbe, mais un peu trop rapide à mon goût.
Plus généralement, je cherche depuis toujours (et je n'ai jamais trouvé) une exécution du premier mouvement qui serait lente (Allegro molto moderato) de bout en bout ; tous les interprètes accélèrent sensiblement le tempo à partir du fortissimo qui suit l'exposition du premier sujet.
Toujours dans l'ordre chronologique, l'interprétation la plus équilibrée (si je puis dire, parce que ça déménage un max) que je connaisse est celle du quatuor Endres (intégrale Vox jamais rééditée, ce qui est vraiment très dommage).
Enfin, en 1979, le quatuor (assez éphémère) du Musikverein de Vienne faisait ses débuts salle Gaveau à Paris avec la version "récente" (pour moi) la plus phénoménale que j'aie jamais entendue. J'en garde précieusement la cassette.
Musicalement,
l'obsédé-des-incunables




