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Thread: Ben et ses opéras

  1. #61
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    Et en plus, si, sur mon PC en tous cas, tout le livret est traduit !

    Pour revenir à James, je viens de commencer "Le Maître" de Colm Toibin, sorte de biographie littéraire, consacrée aux années 1895-1900, juste après l'échec de sa pièce de théâtre.
    Est-ce que quelqu'un l'a déjà lu ?

  2. #62
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    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    Super ce site!

    Merci m'sieur Couack!
    Tout le plaisir est pour moi - cette trouvaille est le résultat d'une quête acharnée de livrets d'opéras sur internet. Il y a quelques autres adresses, mais celle-là c'est la meilleure.

  3. #63
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    Quote Originally Posted by Theo B View Post
    Sinon, tu as je suppose écouté le récente version Hickox? Moi non, mais je crois que C-Répertoire lui avait donné un 10 et en avait fait son disque du mois à la sortie, si mes souvenirs sont bons, il y a environ 3 ans.
    J'ai enfin un peu de temps pour développer ce comparatif Bedford/Hickox. On parle donc de cette version :



    et de celle-ci



    Alors pour moi les choses sont très claires : la version Bedford est incomparablement meilleure que la version Hickox. Parce que :

    - Pears a un phrasé beaucoup plus subtil que Langridge qui tantôt se laisse aller au déclamatoire tantôt est quasi inaudible : il suffit d'écouter les premières notes de "My Heart Beats on" où il en fait des tonnes pour s'en convaincre. A l'inverse il est très timide dans les passages méditatifs (dans la chambre d'hôtel, sur la plage etc.). Ca m'a déçu car en général j'aime assez la voix de Langridge. Pears à l'inverse est toujours dans la nuance, et s'il est bien un rôle de ténor d'opéra qui réclame de la nuance et de la justesse psychologique c'est bien celui-là.

    - Je partage l'opinion de Tahar au sujet de Hickox : lui aussi en fait des tonnes : c'est trop cuivré, trop présent, trop ténébreux alors que Bedford accompagne les chanteurs sans s'imposer - exactement ce que voulait Britten en fait. Je pourrais reprendre des tas de cas précis, mais je me contente d'un seul histoire de faire concis : il y a un superbe duo de célesta et de xylophone au début de la scène 5 (On the Beach) - le célesta signale toujours la présence de Tadzio. Chez Bedford ce duo est féérique, étrange et chantant, chez Hickox ça devient un truc mécanique incongru dont on se demande ce qu'il fait là.

    Hickox est un chef de l'école brittanique : il aime les cuivres rutilants, les flots de cordes lumineux, les ambiances épiques: il est excellent dans tout le répertoire anglais et surtout dans Alwyn, qui est pour moi son compositeur. Mais Britten, c'est autre chose.

    Points positifs de la version Hickox - quand même : outre une très jolie pochette et une prise de son excellente, comme souvent chez Chandos, je suis resté assez impressionné par Alan Opie dans le rôle du voyageur/gondolier/barbier/directeur de l'hôtel etc. Très différent de Shirley-Quirk, plus menaçant, moins en retrait, mais je crois que c'est ce que réclame le rôle. Il est particulièrement brillant dans le role de l'Elderly Fop ("vieux beau") sur le bateau, où il se révèle repoussant à souhait. Rien que pour entendre Opie je crois qu'il faut écouter cette version -

    Bon je vois que j'en ai déjà écrit une tartine alors je m'arrête.

    Gilles

  4. #64
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    Merci beaucoup Gilles. Comme j'aurais tendance à te faire confiance, cela me fait repenser à la tonalité du papier de Classica-R. à la sortie de l'enregistrement Hickox. En fait, ils semblaient avoir oublié l'existence de l'opéra, tout en sachant (mais vite fait comme disent les djeuns) qu'il y avait la version "Britten/Bedford", et donc en faisaient l'événement du mois parce que, en gros, c'était la vrai création de Death in Venice. L'une des explications est sans doute la relative mauvaise disponibilité des éditions London dans les bacs voire hors les bacs. Mais c'est bien sûr stupide: quand un disque est bon, il est bon, les critiques ne sont pas des auxiliaires de vente - contrairement à ce qu'ils croient parfois.

    Comme il me semble que certains ont dû considérer que l'enregistrement des quintettes de Dohnanyi par les Kocian devait être considéré comme la première parution d'importance dans ces oeuvres, eu égard au fait que des disques ASV, Aulos ou Hungaroton ne sauraient être considérés comme des références établies. Peut-être d'autres avaient-ils fait le même raisonnement à la sortie de la version du SEL chez Hyperion (label de prestige comparable à Praga-D.), mais cela a eu largement le temps d'être oublié (trois ans, au moins!!). Je crois que d'autres avaient développé ici le problème de la brièveté de la mémoire critique.

  5. #65
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    "Hickox est un chef de l'école brittanique : il aime les cuivres rutilants, les flots de cordes lumineux, les ambiances épiques: il est excellent dans tout le répertoire anglais et surtout dans Alwyn, qui est pour moi son compositeur. Mais Britten, c'est autre chose." .... Si tu le dis .....

    Mais si tu trouves une plus fabuleuse version du War Requiem que celle de Hickox, tu me l'envoies ? J'en ai quatre, celles de Britten, de Kegel, de Brabbins (excellente) et celle de Hickox que je trouve complètement prodigieuse.

    As-tu écouté sa version de Noye's Fludde ?
    A mes oreilles d'âne, c'est une splendeur.

  6. #66
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    Je ne partage pas non plus la généralisation sur Richard Hickox. Même si on laisse de côté le War Requiem, et je partage assez l'avis de Domi, il n'a pas du tout les défauts relevés dans Death in Venice dans son Midsummer par exemple.

    Et, pour Paul Bunyan, Albert Herring ou encore Billy Budd, même si ces trois coffrets ont des défauts, pour le premier et le troisième, ce n'est pas du côté de l'accompagnement orchestral qu'il faut le chercher.

    Quant au Peter Grimes, avec Philip Landridge, c'est aussi un coffret extraordinaire d'homogénéité.

    Je ne connais pas son Owen Wingrave, en revanche.

  7. #67
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    Quote Originally Posted by Dominique View Post
    Mais si tu trouves une plus fabuleuse version du War Requiem que celle de Hickox, tu me l'envoies ? J'en ai quatre, celles de Britten, de Kegel, de Brabbins (excellente) et celle de Hickox que je trouve complètement prodigieuse.
    Sinon, pour répondre à la question, le fabuleux concert de Giulini d'Avril 1969 au Royal Albert Hall, avec le compositeur dirigeant le Melos Ensemble, est une expérience musicale encore beaucoup plus riche, urgente, bandante que l'interprétation d'Hickox.

  8. #68
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    Quote Originally Posted by Vincent H View Post
    Quant au Tour d'écrou, James a pondu là la plus belle histoire fantastique de tout le XIXe siècle. Et sans être un spécialiste du genre: il avait compris que la seule psychologie de l'âme (bien avant Freud et un peu grâce à son frangin) était la condition de tout frisson. Ce que des mètres cubes d'hémoglobine n'arriveront jamais à causer.
    James, c'est le XIXe à lui tout seul.
    Heu...vous oubliez l'oeuvre de son contemporain et ami Stevenson, et j'imagine que certains peuvent vous parler de Poe que je ne connais pas bien.

  9. #69
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    Quote Originally Posted by Tahar Mouslim View Post
    Je ne partage pas non plus la généralisation sur Richard Hickox. Même si on laisse de côté le War Requiem, et je partage assez l'avis de Domi, il n'a pas du tout les défauts relevés dans Death in Venice dans son Midsummer par exemple.

    Et, pour Paul Bunyan, Albert Herring ou encore Billy Budd, même si ces trois coffrets ont des défauts, pour le premier et le troisième, ce n'est pas du côté de l'accompagnement orchestral qu'il faut le chercher.

    Quant au Peter Grimes, avec Philip Landridge, c'est aussi un coffret extraordinaire d'homogénéité.

    Je ne connais pas son Owen Wingrave, en revanche.
    Dans les grandes réussites d'Hickox - qui va bien finir par les enregistrer tous: il manque Gloriana, qui est le plus négligé de tous, mais qui a quand même été enregistré remarquablement par Sir Charles Mackerras - j'avais oublié un des premiers de la série: The Rape of Lucretia, superbement chanté par une troupe homogène, menée par la Lucretia de Jean Rigby.

  10. #70
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    "The Rape of Lucretia, superbement chanté par une troupe homogène, menée par la Lucretia de Jean Rigby."

    oui, c'est du Rigby à 15 ....

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