En fait l'idée de la pochette est très bonne mais j'aurais aimé avoir le même genre de délire pour les 7 symphonies, car là ça fait un peu dépareillé.
Quoi qu'il en soit, votre post me rappelle que vous aviez évoqué le cd Dacapo des 5 derniers quatuors, qui m'a fait saliver et que j'ai attendu pas mal de temps avant de pouvoir l'écouter. Mais la chose est faite, ce qui va me permettre de vous infliger quelques impressions sur les quatuors de Nørgård (je dois dire que je n'étais pas fan de la première série). Pour ceux qui veulent s'éviter la peine de lire la laïus qui suit, je dirai en résumé qu'il faut écouter les quatuors n°s 4, 5, 7, 8 et 9.
Les quatuors 1 à 6 sont réunis dans ce cd très moche sorti chez Kontrapunkt:
Dans le détail et en toute subjectivité ça donne ceci :
Quatuor n°1 (1952 - 7')
Sur une basse obstinée dans une ambiance à la Holmboe; c'est pas encore ça.
Quatuor n°2 "Brioso" (1952 - 19')
Très vif, très lumineux, très contrapuntique, un peu comme du Holmboe qui se lâche. Pas très original cependant (ça ressemble à du Holmboe)
Quatuor n°3 "Miniatures" (1959 - 4')
On se demandait comment ils avaient pu mettre 6 quatuors sur un seul cd : la réponse est ici. D'abord très atonal, avec des pizz très durs, puis presque romantique (un peu distancié) avec une sorte d'adagio lent. C'est joli mais pas très cohérent, comme le titre l'annonce d'ailleurs plus ou moins.
Quatuor n°4 "Dreamscape" (1962 - 15' )
Enfin du grand Nørgård : structure très linéaire avec des mouvements mélodiques internes qui n'émergent jamais. C'est une très belle réussite, quasi-tonale du reste, qui s'inscrit dans l'esprit des œuvres de Silvestrov ou de Pärt, voire de Scelsi.
Quatuor n°5 "Inscape" (1969 - 15')
Une autre perle : lentes ondulations linéaires ultraserrées, c'est un pendant ascétique du précédent quatuor dans l'esprit de Ligeti. Les pizz de violoncelle à 12'20 viennent rompre habilement la monotonie qui commençait à s'installer: la partie qui suit, à la vivacité féérique glacée typique du compositeur, est splendide.
Quatuor n°6 "Tintinabulary" (1986 - 10')
17 ans plus tard... Au prétexte de tintinabulesque il nous fait carrément du post-Carter délirant, c'est-à-dire du n'importe quoi. Vraiment décevant.
Et le cd dont nous parlait Vazen au début de ce fil :
qui m'a paru d'un autre niveau d'inspiration : on enchaîne les chefs-d'oeuvre. A mon avis.
Quatuor n°7 (1994 - 16')
Superbe. Un premier mvt de pizz et de glissement léchés, le II est sublime, de très lointaines nappes de cordes qui sonnent comme des cors dans le lointain, interrompus de longs silences. Très évocateur.
Quatuor n°8 "Night Descending Like Smoke" (1997 - 21')
Celui-ci est un sommet (de densité, de puissance évocatrice et d'originalité). Brumes mouvantes de cordes (mvt I & IV), glissades spectrales, les notes ne sont jamais attaquées sauf dans le II. Le final est absolument sublime de mystère et de nostalgie diffuse.
Quatuor n°9 "Into the Source" (2001 - 21')
Effets d'irisations de doubles-cordes, de cordes entrelacées comme dans un tissu sonore; encore une fois magnifique.
Quatuor n°10 "Harvest Timeless" (2005 - 14')
Un début tonal résigné, puis un effet de tonalité dégingandée avec un travail très méticuleux sur les sonorités des instruments (pizz, cordes grattées, frottées etc), pas le meilleur.








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