Voici comment le programme d'un concert qu'il dirigea à Paris le 15 décembre 1929 présentait Ernest Ansermet :
"Né à Vevey (Suisse); élève d'Ernest Bloch et de Gédalge; chef d'orchestre des Concerts du Kursaal de Montreux, des Concerts d'abonnement à Genève, de l'Orchestre de la Suisse Romande dont il fut le fondateur en 1918; dirigea à de nombreuses reprises les Ballets russes de Diaghilev (création de Pulcinella, de Noces, de Renard, du Tricorne, etc.); chef de l'Orchestre de l'O.S.P. (1927-29); etc., etc."
À ce programme figuraient : Ouverture de Rousslan et Ludmila de Glinka, Air du Prince Igor de Borodine, Le Chef d'Armée de Moussorgsky, Sinfonia concertante with piano de William Walton, Rythmes, mouvements symphoniques (première audition) de Frank Martin et le Ballet Petrouchka de Stravinsky.
Ces données, avec beaucoup d'autres, figurent dans ce recueil paru récemment chez un éditeur suisse (la photo de couverture montre Ansermet et Rostropovitch répétant la Symphonie pour violoncelle et orchestre de Britten [1963], donnée en première audition par l'O.S.R. au Victoria Hall à Genève le 30 mars 1966) :
Les solistes concernés sont : Ninon Vallin, Kathleen Ferrier et Gérard Souzay (chanteurs); Walter Gieseking, Nikita Magaloff, Marcelle Meyer, Rodolphe Ganz, Alfred Cortot et Wilhelm Backhaus (pianistes); Joseph Szigeti, Wolfgang Schneiderhan et Carl Flesch (violonistes); Maurice Maréchal, Pablo Casals, Pierre Fournier et Maurice Gendron (violoncellistes); Aurèle Nicolet (flûtiste); Sylvia Marlowe (claveciniste); Aladár Rácz (cymbaliste).
Les lettres reproduites sont pour la plupart d'un grand intérêt. Assez souvent, toutefois, il n'y a que celle du soliste mais pas l'éventuelle lettre initiale ou la réponse d'Ansermet.
C'est notamment le cas d'un courrier d'Alfred Cortot du 24 octobre 1940, répondant à une sollicitation d'Ansermet qui tentait d'intercéder en faveur de "M. Neumark", un artiste juif (l'auteur du recueil suppose, mais sans en être sûr, qu'il s'agit d'Ignace Neumark, un chef d'orchestre "d'origine polonaise qui faisait carrière aux Pay-Bas avant-guerre").
Voici cette lettre (image scannée), qui rappelle une époque abominable et dont le moins qu'on puisse dire, hélas, est qu'elle n'honore pas beaucoup son auteur :
Jacques






