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Vieux 14/06/2008, 19h48   #1
Fred Audin
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Tobias Picker (1945- )

Voilà quelques semaines que je fais une fixation sur Tobias Picker. Pour une fois que j’ai envie d’acheter un disque, ce n’est pas disponible. Il s’agit du quatrième opéra de Picker, créé au Metropolitan le 2 décembre 2005, « An american tragedy ».

Cet opéra me paraît symbolique de l’évolution de l’opéra américain, vers des sujets proprement indigènes, mais dans un traitement musical qui s’inscrit dans la descendance de Barber, Floyd ou Martin Levy. Le sujet est tiré du célèbre roman de Théodore Dreiser, paru en 1925 et dont on connaît l’adaptation cinématographique de George Stevens, « Une place au soleil »(1951) avec Montgommery Clift et Liz Taylor au temps de sa splendeur.


Du point de vue scénique, comme dans ses opéras précédents, Picker semble avoir traité plusieurs actions simultanément, réparties dans des plans superposés sur la scène, un peu à la manière du déroulement de certaines scènes des Soldats de Zimmermann. Les différents personnages chantent concurremment parfois des dialogues qui prennent place dans des espaces séparés, ce qui permet de créer des effets d’ensemble intéressants, alors que les protagonistes sont plongés dans des états d’émotionnels différents, voire contradictoires.

On trouve sur son site officiel http://www.tobiaspicker.com/ un synopsis en français de cet opéra. Comme on trouve aussi des extraits video sur You tube, et que nous avons la possibilité de les insérer ici, voici quelques highligts de l'oeuvre:

Acte I:

La fin des années 1890. Au coin d’une rue près d’une mission dans le Midwest américain, Elvira Griffiths, missionnaire, entonne un hymne en compagnie de son fils Clyde et ses frères et soeurs. Bien des années plus tard, dans un hotel chic de Chicago, Clyde adulte, groom de son état, flirte avec Hortense, la femme de chambre. Elle le repousse, lui apprenant que son riche oncle, Samuel, propriétaire d’une usine à New York séjourne dans l’hôtel.

Dans la salle de bal de l’hôtel, les associés de Samuel portent un toast à son succès. Alors que les convives se dispersent, Clyde se présente à son oncle et ce dernier lui offre un poste dans une usine de chemises à Lycurgus dans l’Etat de New York. Lorsqu’Hortense revient pour donner rendez-vous à Clyde, celui-ci lui dit qu’il a d’autres projets en tête.

Dans l’usine de chemises, Clyde, qui vient d’être promu responsable d’atelier, apprend les règles du metier par l’intermédiaire de Gilbert, le fils de Samuel qui lui conseille de garder ses distances vis à vis des femmes. A l’heure de la sortie, l’attention de Clyde est attirée par Roberta, l’une des ouvrières qui arrange un rendez-vous avec l’un de ses amis de telle manière que Clyde puisse entendre la conversation. Alors que Gilbert s’en va, Clyde l’observe avec envie, partagé entre ses déceptions passées et ses espoirs pour le futur.

Devant la salle des fêtes, Clyde fait la causette avec Roberta, lui décrivant son passé de missionnaire et les sermons de sa mère relatifs à la tentation, jusqu’à ce qu’il soit interrompu par l’arrivée de l’ami de Roberta. Plus tard dans la soirée, Roberta retrouve Clyde près de la rivière. Tandis qu’elle évoque le magicien de la salle des fêtes, Clyde exprime le souhait de pouvoir réaliser les rêves de Roberta. Ils décident de se retrouver le lendemain soir.

La femme de Samuel, Elizabeth Griffith, reproche à son mari d’avoir pris un risque en la personne de son neveu inexpérimenté. Leur fille, Bella, accompagnée de son amie Sondra, est de retour de New York. Lorsque Samuel annonce que Clyde est invité à déjeuner, Gilbert se moque de la “découverte” de son père, piquant la curiosité de Sondra. Après que les autres aient pris congé, Sondra avoue à Bella combien New York l’a transformée.
http://fr.youtube.com/watch?v=Zi0qmAZgCu0

Dernière modification par Fred Audin ; 14/06/2008 à 20h12.
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Vieux 14/06/2008, 19h54   #2
Fred Audin
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Re : Tobias Picker (1945- )

Entré sans s’être fait remarquer, Clyde est captivé. Lorsque Samuel réapparaît pour présenter son neveu, Elizabeth se montre condescendante à son égard mais Sondra flirte avec Clyde, confiant même à Bella qu’il ferait un beau parti.

Devant l’appartement de Roberta, Clyde insiste pour qu’elle le laisse entrer. A l’intérieur, elle décrit l’endroit où elle a grandi et Clyde se met à danser avec elle. Ce soir-là, sur la terrasse des Griffiths, Gilbert flirte ouvertement avec Sondra. Alors qu’il s’en va, Sondra et Bella prévoient d’inviter Clyde à l’anniversaire de Bella. Sondra est sur le point de rédiger une invitation, lorsque la scène nous ramène à l’appartement où Roberta avoue ses sentiments pour Clyde qui l’entraîne doucement vers son lit.
http://fr.youtube.com/watch?v=Kdzzc4_lPf8

Lors d’un dîner dans un club, Clyde danse avec Sondra tandis que Gilbert, ivre et sarcarstique, dénigre publiquement son cousin en face d’un groupe d’amis. Sondra entraîne Clyde à l’extérieur. Lorsqu’il lui décrit son passé de groom d’hôtel, elle ressent combien ses rêves sont porteurs d’espoirs. Elle lui suggère de lui rendre visite dans la maison d’été de ses parents. Il l’embrasse passionnément, la raccompagne au club avant de prendre la fuite.
http://fr.youtube.com/watch?v=_MSQJcNfUKw
Plus tard dans la soirée, Clyde s’excuse auprès de Roberta pour l’avoir fait attendre mais elle l’interrompt brusquement. Lui demandant ce qui ne va pas, elle lui avoue qu’elle est enceinte. Il se dérobe tout d’abord à sa demande en mariage, sous prétexte qu’il ne fait que débuter dans la vie, mais lorsqu’elle éclate en sanglots, il lui promet de l’épouser et la renvoie chez ses parents en attendant d économiser assez d’argent pour venir la retrouver.
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Vieux 14/06/2008, 20h02   #3
Fred Audin
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Re : Tobias Picker (1945- )

Acte II:

Sur la véranda de la maison de ses parents, Roberta lit la lettre qu’elle a écrite à Clyde, l’implorant de revenir bientôt. Pendant ce temps, badinant sur un lac à la maison d’été de Sondra, Clyde et Sondra se déclarent leur amour.
http://fr.youtube.com/watch?v=0aZGVqwQNAs
Il la pousse à s’enfuir avec lui mais elle préfère patienter. Tandis que les deux amants se grisent de leurs rêves d’amour, Roberta, elle, a le sentiment que son rêve est brisé et termine sa lettre par un ultimatum, menaçant Clyde de révéler son secret si celui-ci ne tient pas sa promesse.
http://fr.youtube.com/watch?v=ARgr3cIlO10
A l’église de Lycurgus, Clyde est assis en compagnie de la famille de Sondra. A l’issue de la messe, Roberta s’approche de Sondra; profitant d’un moment d’inattention, Clyde prend Roberta à part et l’implore de ne pas le trahir.
http://fr.youtube.com/watch?v=V0x2f_LPw3A
Lui assurant que toute l’attention qu’il porte à Sondra est purement guidée par son désir de faire avancer sa carrière, il promet à Roberta de la retrouver le soir même à la gare d’Utica. Alors qu’il retrouve Sondra, Clyde lui confie qu’il sera occupé à l’usine pour les jours à venir. Seul, il prépare le meurtre de Roberta.

En bateau sur un lac, Clyde dit à Roberta qu’ils seront mariés dès le lendemain matin. Alors qu’elle se penche sur le côté, il lève sa pagaie pour la frapper mais il n’en a pas le courage. Roberta s’apprête à l’étreindre lorsque Clyde lève les bras pour l’arrêter, la faisant tomber accidentellement du bateau. Ignorant ses appels au secours, il l’observe en train de se noyer.

Le samedi suivant, dans la résidence d’été des Griffiths, Samuel dit à Clyde combien il est fier de lui, soulignant qu’avec Sondra, il tient une “belle prise”. Orville Mason, le Procureur, interrompt la conversation demandant à Samuel de le laisser seul avec Clyde. Les lettres de Roberta ont été trouvées dans le coffre de Clyde et le sheriff s’apprête à l’arrêter.. Clyde proteste de son innocence mais Mason le prie de le suivre. Chez les Griffiths à Lycurgus, Elizabeth déplore sans détour le fait que la réputation de Sondra soit ruinée. Bella et Gilbert s’insurgent auprès de leur amie pour qu’elle oublie Clyde et tourne la page tandis que l’on entend le choeur lisant la lettre de Roberta publiée dans le journal. Elvira accourt et demande à parler à Samuel en privé. Elle l’implore d’intervenir au tribunal et faire preuve de sa foi en Clyde. Samuel répond qu’en payant les frais d’avocat pour la défense de son neveu, il a fait tout ce qu’il a pu.

Dans la cellule de Clyde, Elvira rend visite à son fils qui continue de protester de son innocence. Elvira compare sa souffrance avec celle du Christ, lui enjoignant de porter la croix tout en ajoutant que s’il dit la vérité sur sa volte-face amoureuse, le jury fera preuve de compréhension.

Au tribunal, Mason interroge Clyde sur ses rapports avec Sondra et Roberta. Clyde évoque la fuite avec Roberta prétendant que cette dernière en est à l’origine et insistant sur le fait qu’il a tenté de la sauver. Mais lorsque Mason démontre, preuves à la main, que c’est bien Clyde qui a fomenté cette fuite, le public demande justice. Alors que le procureur termine sa plaidoirie, Elvira prie, mais le jury y est insensible. Le verdict tombe: coupable.

Dans sa cellule, Clyde, sur le point d’être exécuté, entend la voix de Sondra lisant sa lettre de séparation: bien qu’elle ne comprendra jamais ce qu’il a fait, elle lui souhaite liberté et bonheur. Tandis qu’Elvira vient prier avec lui, il se résigne à confesser qu’il aurait pu sauver Roberta. Elvira, en sanglots, lui rappelle que la miséricorde de Dieu est égale à chaque pêché. Alors que Clyde s’approche de la chaise électrique, le jeune Clyde le rejoint dans le vieil hymne de son enfance.
http://fr.youtube.com/watch?v=bjusgQAWYqU
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Vieux 14/06/2008, 20h10   #4
Fred Audin
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Re : Tobias Picker (1945- )

voici le documentaire au sujet de la création (tel que diffusé par Bloomberg) qui permet d'entrevoir d'autres scènes de l'opéra:
http://fr.youtube.com/watch?v=h8kaCDEVJfU
Extrait de l’article de Maxime Ohayon, sur club-opera.com :

Picker est littéralement tombé dans An American Tragedy dès l’âge de 10 ans. "Le livre, dit–il, m’a cloué. Une histoire profondément triste, profondément émouvante". Le récit de cette jeune femme enceinte, noyée par son amant dans un lac de la région de New York en 1906, soulève les problèmes de classes, de religion et peint les fêlures humaines à grand échelle - en d’autres termes, un matériel parfait pour un opéra. Le Met souhaitait cette pièce pour 2001, mais Picker - dont le premier opéra, Emmeline, fut monté en 1996 - préféra attendre et acquérir une expérience théâtrale plus conséquente avant de s’atteler à ce travail. Entre-temps, il avait obtenu commande de deux ouvrages lyriques, Fantastic Mr. Fox créé à Los Angeles et Thérèse Raquin créé à Dallas. Deux projets d’envergure qui lui permirent d’affûter ses armes de compositeur et de s’impliquer, au-delà de la partition, dans la dramaturgie et la mise en scène.

"C’est une fascinante histoire, en tant qu’américain et new yorkais, j’ai pensé qu’elle était particulièrement appropriée pour le Met", explique Picker "C’est la tragédie d’un triangle amoureux et d’une mère oppressive qui a essayé d’inculquer à son fils ses convictions religieuses. D’un point de vue dramaturgique, c’est très théâtral. Et politiquement, j’ai été attiré par le constat d’une Amérique toujours plus préoccupée par le statut social et la fortune."

La création d’American Tragedy a été accueillie avec un enthousiasme très mesuré par la critique musicale américaine.
Si quelqu'un avait quelques pistes sur le moyen de se procurer une bande de cet opéra, je serais heureux d'en avoir des nouvelles. Je n'ai pas encore craqué non plus sur les autres opéras de Picker, deux sont disponibles chez Chandos (Thérèse Raquin parait aussi assez intéressant):

Notes biographiques

Né à New York en 1945, Picker a été l’élève de Milton Babbitt, Eliott Carter, et Charles Wuorinen. Ses premières compositions se situent dans la lignée de ces modernistes, mais il revient vite à un style plus lyrique et accessible. De 1985 à1990, il est le premier compositeur en résidence à l’orchestre de Houston.
Son œuvre la plus connue, le poème symphonique Old and lost Rivers a été jouée par les plus grands orchestres (y compris Vienne et Zurich) : il a été enregistré conjointement au concerto pour basson de John Williams, ce qui fait que certains fans de musique de film ont peut-être entendu cette pièce.
Son deuxième concerto pour piano, Keys of the City, a été créé pour le centenaire du Brooklyn Bridge.
Le catalogue complet de Picker contient quatre opéras, trois symphonies (dont l’une au moins avec soprano obligée confirme son engagement vers la musique essentiellement vocale), des concertos pour violon, violoncelle, hautbois, un mélodrame Las Encantadas avec récitant sur des textes de Melville décrivant les Galapagos, et une abondante production de musique de chambre et de mélodies.

Tobias Picker est atteint du syndrôme Gilles de la Tourette : dans un documentaire pour la BBC (Mad but Glad, Fou mais Heureux) il évoque l’influence de cette maladie sur son processus de création, affirmant que sa musique comporte des éléments directement inspirés par ces éruptions de paroles incontrôlées. Il a participé aussi à divers projets thérapeutiques concernant les enfants atteints de cette affection.

Dernière modification par Fred Audin ; 14/06/2008 à 20h12.
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Vieux 14/06/2008, 22h14   #5
Philippe
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Re : Tobias Picker (1945- )

Bonsoir Sud et merci pour cette présentation alléchante

(Bon maintenant, il ne reste plus qu'à trouver le disque - s'il existe )

À propos de Picker, je suppose que tu connais déjà cet album :





Un autre album, comportant : The Encantadas, pour récitant et orchestre, Old and Lost Rivers, pour orchestre, Romances and Interludes, pour hautbois et orchestre et Old and Lost Rivers, pour piano est également disponible, mais je ne le connais pas (encore )


Ph
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Vieux 14/06/2008, 22h53   #6
Fred Audin
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Re : Tobias Picker (1945- )

mon problème actuel est que j'hésite entre diverses options, je n'ai pour l'instant aucun disque de Picker, je suis tenté par les symphonies, le 2ème concerto pour piano, et Thérèse Raquin. Je ne sais pas trop par où commencer étant donné que mon véritable désir va vers An American Tragedy et que j'essaye désespérément de résister à l'achat d'impulsion car il y a toujours divers CD, dont le dernier Wuorinen que je n'ai pas encore ouverts...
En ce moment je n'arrive à une décision que quand c'est complètement indisponible
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Vieux 14/06/2008, 23h54   #7
Philippe
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Re : Tobias Picker (1945- )

Citation:
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En ce moment je n'arrive à une décision que quand c'est complètement indisponible
Je comprends j'ai eu la même blague avec un CD d'un compositeur russe, réputé introuvable
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Vieux 15/06/2008, 16h29   #8
Tahar Mouslim
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Re : Tobias Picker (1945- )

Citation:
Envoyé par Philippe Voir le message
À propos de Picker, je suppose que tu connais déjà cet album :





Un autre album, comportant : The Encantadas, pour récitant et orchestre, Old and Lost Rivers, pour orchestre, Romances and Interludes, pour hautbois et orchestre et Old and Lost Rivers, pour piano est également disponible, mais je ne le connais pas (encore )


Ph
Le disque mentionné par Philou est superbe. On le trouve à la demande chez New World Records et on trouve l'original dans les circuits d'occasion habituels pour le catalogue CrI.

J'ai entendu à la radio An American Tragedy, et je pense que c'est effectivement un bel opéra, dans une esthétique inclassable selon un filtre esthético-musicologique germano-ouest-européen, tout comme Margaret Garner de Richard Danielpour, A View from the Bridge de William Bolcom, The Great Gatsby de John Harbison, Our Town de Ned Rorem d'après le chef d'oeuvre de Thornton Wilder et quelques autres.

Pour celles et ceux qui veulent se plonger dans les merveilles enregistrées de l'opéra américain contemporain, le catalogue d'Albany Records et celui de CrI offrent des perspectives multiples, avec - entre autres - le chef d'oeuvre de William Mayer " A Death in the Family " qui a donné à Dawn Upshaw son premier grand rôle dans sa route vers la gloire et la reconnaissance:



et aussi Emmeline de Tobias Picker:



ainsi que l'opéra de Daniel Catán (mexicain vivant à Houston) Florencia en el Amazonas


Dernière modification par Tahar Mouslim ; 15/06/2008 à 16h37.
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Vieux 15/06/2008, 16h33   #9
Theo B
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Re : Tobias Picker (1945- )

Bonjour Tahar,

si un jour tu as envie de faire une présentation de Richard Danielpour, cela m'intéresserait. J'ai bien aimé son Child Reliquary.
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Vieux 15/06/2008, 16h40   #10
Tahar Mouslim
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Re : Tobias Picker (1945- )

Je n'ai pas trop le temps dans les semaines qui viennent Théo.

Mais, sur l'ancien forum, j'avais parlé longuement de Margaret Garner et du traitement remarquable des choeurs: peut qu'un jour on aura accès aux archives écrites des forums Abm
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Vieux 13/07/2008, 13h31   #11
Fred Audin
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Re : Tobias Picker (1945- )

Citation:
Envoyé par Philippe Voir le message

À propos de Picker, je suppose que tu connais déjà cet album :





Un autre album, comportant : The Encantadas, pour récitant et orchestre, Old and Lost Rivers, pour orchestre, Romances and Interludes, pour hautbois et orchestre et Old and Lost Rivers, pour piano est également disponible, mais je ne le connais pas (encore )


Ph
ces deux albums de musique de Tobias Picker m'ont beaucoup plu:
Le concerto pour violon et petit orchestre est sans doute le plus "contemporain": il m'évoque les symphonies de chambre de Schönberg, une certaine aridité post-romantique aux dimensions de la musique de chambre, un violon âpre, beaucoup moins mélodique qu'on ne s'y attendrait de la part d'un compositeur qu'on aurait plutôt tendance à ranger dans les néo-romantiques. Les changements d'atmosphères seraient peut-être à mettre sur le compte du "syndrôme" tel que Picker semble l'évoquer à propos de sa propre musique. Une attitude très dramatique, peu lyrique, une oeuvre en tout cas qui mérite réécoute, probablement la moins facile de l'ensemble.

Les Romances et Interludes sont totalement à l'opposé, mais constituent une sorte de pendant puisqu'il pourrait s'agir d'un concerto pour hautbois, en six mouvements, à la manière de Ned Rorem (1 préludes, 3 romances séparées par deux interludes), et aussi d'un voyage musical régressif, où l'on passe de la musique du 20ème siècle à l'évocation d'une sorte de parodie de Grieg, la dernière romance étant d'une simplicité et d'une orthodoxie tonale propre à susciter des moues méprisantes de la part des critiques les plus en pointe quant à la modernité post-sérielle...
Ici, une grande lisibilité, et une fraîcheur qui confine parfois à ce que les anglais appellent "light-music". Le premier intermezzo rappelle un Poulenc sautillant, le second, beaucoup plus théâtral n'est pas sans évoquer les méditations d'un Bernstein. On trouve une multiplicité de références à la musique américaine, on pense aux premières pièces de Corigliano, Picker s'affirmant ici comme le véritable descendant de Barber (dont l'ultime composition aurait dû être un concerto pour hautbois qu'on devine dans son andante la Canzonetta pour hautbois et cordes).

Avec "Old and Lost Rivers" on se trouve dans un type de musique descriptive beaucoup plus familier, plus proche de Copland dont on retrouve les lentes superpositions de nappes paisiblement diatoniques. c'est Quiet city à la campagne en quelque sorte. De plus la version pour piano paraît assez facile techniquement ce qui suggère que Picker renoue avec bonheur avec une tradition qui permettait aux compositeurs de se faire connaître par la publication de pièces suffisamment simples pour permettre aux amateurs de les déchiffrer dans leur salon, ce que j'encourage tout le monde à faire.
Las encantadas propose un voyage plus cinématographique, plus facile mélodiquement, très agréable si l'on accepte de se laisser conduire. La très belle conclusion, lever de soleil sur Redondo, offre des coloris orchestraux que n'auraient pas renié Bantock ou Richard Strauss, avec cordes opulentes.

Je crois que je suis piégé: il me faut le reste...
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Vieux 27/10/2008, 02h35   #12
Fred Audin
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en musant sur YouTube je suis tombé sur trois nouvelles videos d'American Tragedy qui m'avaient échappé. Je les aurais volontiers intercalées dans le synopsis au début du fil, mais je ne peux pas l'éditer.
Toutes les trois concernent des passages du début du premier acte, avant la première des vidéos qui sont présentent dans le fil de départ.

Scène 1 de l'acte, juste après la brêve ouverture dramatique, Clyde enfant, avec sa mère chante dans la rue l'hymne religieux qui reviendra dans la scène de l'église et dans la scène finale.

YouTube - Dolora Zajick & Graham Phillips" from An American Tragedy

à cela s'enchaîne immédiatement la scène 2 où Clyde adulte tente de séduire une femme de chambre de l'hôtel dans lequel il va rencontrer son riche oncle

YouTube - An American Tragedy by Tobias PICKER

à 20'30 de l'acte 1 Clyde sort de l'usine où il est employé et se présente après avoir essuyé les sarcasmes de son cousin... à travers la voiture il imagine son avenir "chromé"

YouTube - An American Tragedy by Tobias PICKER

il nous manque toujours une idée de la scène du lac et du procès... Le problème me travaille à nouveau depuis que j'ai mis la main sur une bande audio à peu près complète de l'opéra. J'essaye de comprendre pourquoi, en plus de mon mauvais goût naturel, ma fascination pour cette oeuvre ne discontinue pas. Donc je m'excuse de parler tout seul, mais quelques réflexions en vrac vont suivre...

Dernière modification par Fred Audin ; 27/10/2008 à 02h44.
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Vieux 27/10/2008, 02h52   #13
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Picker a attendu avant de s’attaquer à ce sujet qui lui tenait à cœur, de mieux maîtriser les techniques lyriques, il a écrit deux autres opéras avant d’honorer cette commande, dont Fantastic Mr Fox d’après Roald Dahl, qui n’a pas non plus connu les honneurs du disque jusqu’à présent. Il n’y a sans doute pas de public…mais le temps qui a passé autorise les critiques à dire qu’il a fallu des années pour mettre de l’ordre dans la partition mal ficelée d’American Tragedy. Si c’est le cas ça ne se voit pas, la composition est très ferme, appuyé par un jeu de symétries, de références et reprises thématiques cycliques qu’on ne peut évidemment complètement percevoir à première écoute, comme l’intuition ne vous souffle pas forcément qu’il y des formes sonate et des rondos et des passacailles dans Wozzeck (celui de Berg autant que l’autre).

Mais on lit tout et son contraire. De Picker on dit alternativement que son recours aux grosses ficelles dramatiques est de mauvais goût, qu’il est plus doué lorsqu’il s’échappe vers le sérialisme et se conforme comme autrefois à écrire dans la lignée de ses professeurs, Babbit ou Wuorinen, en même temps qu’on proteste qu’il n’y a pas de mélodie, mais que ça chante avec trop de facilité, que c’est bien fait et trop propre. La critique du Washington Post de 2005 est d’une stupidité rare, « tumulte orchestral et plein de notes hautes pour les chanteurs » –si si c’est bien écrit à peu près aussi élégamment-. Phénomène suspect, la distribution avait l’air, elle, très satisfaite du travail de l’auteur. C’était du cousu main, ainsi l’aria de Susam Graham au premier acte est entièrement bâtie autour de la note qu’elle préfère émettre, d’où la remarque :… Picker « n’a pas de talent pour écrire des mélodies vocales, et à part la musique qui évoque le murmure des eaux dans la scène du lac, il ne semble avoir aucune oreille pour l’ambiance ou l’atmospère » ! L’auteur de ce jugement, un certain Greg Sandow est à l’évidence sourd et n’aurait pas dû quitter le domaine des exercices de force comme son homonymie le suggère, puisque au contraire les évocations « d’atmosphère » sont très fortes et nombreuses. C’est d’ailleurs ce que reproche à Picker une autre partie de la critique, d’avoir taillé des « numéros » et des scènes à l’ancienne (Time dit bien sûr « comme à Broadway »), d’avoir inventé des arias propres à déclancher les applaudissements comme l’air de Clyde vers 20’30 du premier acte qui ne correspond pas à un épisode du roman de Dreyer, et pour cause, il y a la place en 900 pages de tracer un portrait psychologique « qui n’est qu’effleuré » ici. La critique de Times reconnaît que l’opéra fonctionne mais avoue préférer des œuvres qui « fonctionnent » moins bien, au profit de quoi ? de quelle image vieillote de la modernité ? Picker n’aurait pas traité les « grands » thèmes du roman d’origine, Dieu, la religion et l’argent ? Le critique de Washington était sourd, celui de New York est aveugle.

Une partie de la gène vient au contraire je pense de ce qu’il a traités ces grands thèmes, en filigranne, derrière la littéralité du fait-divers et tendu un miroir ambigu de la société, tout en ne cherchant pas forcément à s’adresser à l’élite des « opera-goers », ce qui permet de décider que c’est tout juste bon pour le populaire, encore qu’il risque d’être dépassé et de ne pas comprendre. Mais c’est la critique qui n’a pas voulu entendre le double-fond de l’action, qui ne comprend pas les motivations des personnages et croit qu’on lui raconte une histoire « téléphonée » dont il connaît la trame. Ils n’ont pas aimé « Dancers in the Dark » non plus et l’option choisie par Picker est par trop ambiguë. Et puis, aller à l’opéra pour voir un opéra qui se termine sur la chaise électrique ! ouh, ça ne serait pas un dangereux abolitionniste ce Mr Picker, avec sa barbe hirsute et ses tics malséants ?

De là on rebondit sur Nathan Gunn : Nathan Gunn est trop parfait, il a des fans hystériques, une petite voix pas adaptée à la scène, il est trop séduisant (ou prétendument) et cette séduction donne au personnage de Clyde un côté dangereux : ce n’est pas un horrible voyou uniquement poussé par l’appât du gain, il est sympathique cet assassin, il assassine accidentellement, pour le bien-être général, parce que la pression maternelle et celle de l’Armée du Salut ne lui ont pas enseigné d’autre moyen pour que les choses rentrent dans l’ordre, et ses victimes ne sont pas non plus suffisamment innocentes. Elles concourrent à leur propre perte, par l’une le scandale arrive –au beau milieu d’un service religieux-, et l’autre n’a pas un sens moral des plus élevés puisque l’argent de papa ne lui sert qu’à s’offrir un gigolo sans éducation.

Quelque part le critique qui connaît ses classiques subodore peut-être qu’on lui a déjà servi cette soupe-là : la première fois ça s’appelait Carmen ou La femme et le Pantin, sauf que les sexes sont ici inversés dans l’histoire.
Il y a bien eu aussi une histoire de fille enceinte, sauf qu’elle ne voulait pas créer de scandale pendant le service religieux ou le bal de fiançailles de sa vieille tante amoureuse du gigolo qui l’avait déflorée, et qu’elle tentait plutôt de se jeter dans les escalier ou de se noyer toute seule dans le lac pour avorter. Il avait d’ailleur fallu atténuer cette partie scabreuse de l’histoire afin qu’elle passe inaperçue pour le public du Met, et que Vanessa devienne une « nordique comédie » -une comédie héroïque comme on disait au grand siècle des tragédies qui finissaient bien-.
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Vieux 08/03/2009, 18h06   #14
Fred Audin
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comme pour An American Tragedy, j'aurais volontiers fait une présentation de Thérese Raquin, troisième opéra de Tobias Picker, mais la traduction française du synopsis est copyrightée (preuve que nous sommes au moins deux en France à nous intéresser aux oeuvres scéniques de Picker). Je pense donc plus prudent de renvoyer directement au site ceux qui s'intéresseraient à cet opéra;
http://www.tobiaspicker.com/tr-en-francais.html
On peut trouver sur Youtube pas moins de douze extraits des deux actes de Thérèse Raquin, mais comme il en existe pour une fois un enregistrement complet je vais me contenter d'un avis sur le coffret. A signaler un livret très complet complètement traduit en français, comportant une dizaine de photos de la production originale de Dallas, et une analyse musicale avec exemple des motifs principaux, un objet assez réussi en soi et pour un prix en baisse.




Comment traduire « intoxicating » ? on est à mi-chemin entre enivrant et vénéneux : c’est l’adjectif qui semble le plus approprié pour décrire la veine de Tobias Picker à l’opéra. Une richesse sonore qui comme un parfum capiteux se compose d’un mélange de substances, pas forcément agréables à l’origine, dont le composé crée une fragrance entêtante, suceptible de conduire à un état de stupeur. Du romantisme et du drame, dont les éléments les plus charmants prennent par de subtils décalages des couleurs de cauchemar et de film noir, des personnages à la psychologie instable rongés par le passé, l’ambition, la culpabilité, parfois odieux, parfois sympathiques au moment où ils basculent dans l’effroyable.

Que Thérèse Raquin soit un épouvantable mélo, c’est la faute à Zola qui est passé par là, mais dans l’adaptation de Gene Scheer, la pièce tient plus du conte fantastique situé dans un asile d’aliénés baudelairien, à mi chemin de la noirceur de Balzac et des hallucinations de Maupassant.
Le jeu référenciel avec les classiques de l’opéra est multiple : le premier acte puccinien tient du misérabilisme vériste de la Bohème, mêlé de pittoresque parisien à la Charpentier (Gustave), avec peintre-crêve-la-faim, bords de Seine, et campagne romantique (Saint-Ouen en l’occurrence, comme Aubervilliers chez Hahn est une campagne de maraîchers et de soldats paysans ).
Comme dans la Dame de Pique, il y a des apparitions de fantômes, et de l’adultère bourgeois. Comme dans Roméo et Juliette ou Antoine et Cleopâtre, des empoisonnements à contre-temps concluent la pièce.
Comme dans Wozzeck, il y a un crime et un noyé, de la même façon que dans American Tragedy des mêmes Picker-Sheer, on trouve une promenade en bateau qui finit mal et détermine le destin tragique des survivants.
Comme dans Les Soldats (de Gurlitt) on assiste à la déchéance progressive de tout petits bourgeois qui s’enfoncent dans le crime sous les yeux aveugles de l’autorité, et la musique doucement tonale et romantique du premier acte devient peu à peu une caricature atonale d’elle-même.
Comme dans Lady macbeth de Minsk surtout, il y a un couple illégitime, longtemps sans scrupule qui se débarasse des gêneurs (mais ce n’est pas non plus vraiment leur faute, enfin ils ont les même excuses), une nuit de noce ratée, des scènes suspendues entre érotisme et épouvante.
Une vieille dame qui perd la parole au moment où lui est révélé le nœud du drame…
Une société joueurs de cartes désoeuvrés invités à servir de témoins au bal des hypocrites, des marionnettes qui s’agitent dans un vaudeville tragique, élaborant des plaisanteries qu’ils ne devinent même pas cyniques, et unissant leurs voix dans un grand septuor de libation au champagne qui inaugure la dislocation de leur univers mensonger.

On perd sans doute avec l’audio seul une partie de la forte impression produite par la direction scénique de Francesca Zambello (ici encore la même équipe qui fit American Tragedy pour le Met était à l’œuvre dans la production originale de l’opéra de Dallas), que ce soit la scène du meurtre ou celle du retour du fantôme de Camille, noyé, alors que l’eau se met elle-même à ruisseler le long du décor de la chambre des amants criminels, sur le mur où trône, à la tête du lit nuptial, son portrait peint par son assassin : les photos du livret en donnent une idée assez juste. L’investissement des comédiens dans la pièce est remarquable, personne ne prend véritablement la vedette de la pièce, ils sont au service de son déroulement, avec un esprit de troupe qu’on craindrait de ne pas retrouver sur les scènes européennes si elles avaient le courage de présenter l’œuvre

A elle seule, la clarté structurelle de la partition rend bien compte de l’urgence et de l’accélération du drame, avec un second acte fragmenté en scènes courtes de plus en plus impressionnantes et violentes, entrecoupées d’interludes éloquents où l’orchestre décrit le passage du temps et l’enfoncement des protagonistes dans les eaux troubles de leur enfer partagé.
Ceux qui connaissent Picker, avant, et après Thérèse, y reconnaîtront facilement le même usage des motifs qui construisent l’unité du drame comme si chaque personnage portait en lui et dans les caractéristiques de son passé les germes d’un avenir déterministe et inéluctable, une entreprise semblable à celle de Zola : « chercher en eux la bête », cette bête qui précisément aux yeux de Picker les rend « si humains ». Le livret de l’enregistrement Chandos propose un début d’analyse stylistique très éclairant à cet égard.
La thématique de l’acte II emprunte au dernier mouvement de Suddenly it’s evening et aux motifs tels qu’il sont repris dans le concerto pour violoncelle : ces « moments musicaux » dérivant eux même de mélodies devenues sans paroles (mais dès leur origine liés au thème de l’eau ruisselant et de la pluie) constituent la base de l’air de la colombe et de l’aria du fantôme, ramenant dans la distortion atonale de ce final les bases de l’univers psychologique si pénétrant de Picker, ce parfum si prenant du tragique inhérent à la condition humaine, et qui s’évapore doucement comme les fumerolles d’une bougie qu’on souffle.
Fred Audin est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 16/03/2009, 11h58   #15
thierry h
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Je vais me pencher sur ce compositeur... J'ai cru lire ici ou là que la seconde symphonie pour soprano et orchestre ainsi que le premier quatuor étaient de toute beauté ? ils sont regroupés dans un album pas cher du tout chez First Edition distribuée par Naxos... Orchestre de Houston et Comissiona et le Quatuor Mendelssohn! Qui a eu la joie de l'écouter ?



thierry h est déconnecté   Réponse avec citation
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