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Thread: Luis de Freitas-Branco (1890-1955)

  1. #1
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    Luis de Freitas-Branco (1890-1955)

    Luis de Freitas-Branco est le premier compositeur moderne du Portugal. Son nom évoque sans doute plus l'histoire que la musique, les régimes politiques autoritaires et anti-culturels sous lesquels il a vécu ayant tout fait pour tenter d'effacer son souvenir. On connaît sans doute mieux son frère Pedro, chef d'orchestre renommé, créateur d'oeuvres de Martinu, Hallfter, Vaughan-Williams, ami de Ravel et de nombre de compositeurs du 20ème siècle, même s'il n'a laissé que peu d'enregistrements, car il ne croyait pas à la portée du disque et détestait la musique morte des studios.

    Jusqu'en 2005, date du Festival qui permit la redécouverte de l'intégralité de son oeuvre (dont une grande partie n'existait encore qu'en manuscrits), les enregistrements sont demeurés rares et difficiles à trouver, en dépit d'une série réalisés à Budapest par différents chefs de l'Est.
    Ces enregistrements sous le label Portugalsom présentait du compositeur le visuel suivant, familier à ceux qui ont pu les acquérir


    Le label Naxos, à l'initiative du chef d'orchestre Alvaro Cassuto (à la tête de son orchestre irlandais cette fois) s'est récemment lancé dans une édition des oeuvres orchestrales de Freitas-Branco, dont deux volumes sont déjà parus et un troisième enregistré en avril 2009. La qualité" de ces enregistrements rendant enfin justice aux oeuvres, il est temps de s'apercevoir que le Portugal posséda dès les années 1910 un compositeur de stature internationale.
    Les ressources traitant de Luis de Freitas-Branco, dans une autre langue que le Portugais sont assez rares. Pour une compréhension optimale des circonstances historiques et du rôle capital que joua le compositeur dans la réorganisation de l'enseignement et la lutte contre la dictature, on conseillera de se reporter au mémoire de maîtrise en français de David Salvador (université de Lille), consultable à l'adresse:
    http://david1.salvador.googlepages.c...iteurclair.pdf

    ainsi qu'à la biographie figurant sur le blog
    Musique et idées
    où l'on trouvera des liens vidéos vers quelques oeuvres de Freitas-Branco, le quatuor et le concerto pour violon particulièrement.


    Sur cette photo des participants au congrès Questions Ibériques, Luis de Freitas-Branco figure au premier rang, au centre

  2. #2
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    Chronologie

    1890
    Naissance de Luis Maria da Costa de Freitas Branco le 12 octobre à Lisbonne (Trav. Do Convento de Jesus n°16)
    1896
    Naissance de son frère Pedro (futur grand chef d’orchestre) le 31 octobre
    1901
    Premières révélations de sa vocation musicale. Les rudiments de solfège lui ont été enseignées par la préceptrice irlandaise de la famille. Initiation à l’harmonie par Augusto Machado, au contrepoint, fugue et instrumentation par Tomas Borba.

    1904
    Compose ses premières mélodies Aquela Moça et Contrastes (premières l’année suivante par Victoriano Braga)
    1905
    Termine la symphonie dramatique Manfred, d’après Byron pour solistes, chœur, orchestre et orgue (dont le manuscrit a été redécouvert en 2004)
    1906
    Tout en continuant à travailler avec Borba, il reçoit des leçons d’orgue de Désiré Pâque en résidence à Lisbonne, lequel l’initie au théories de d’Indy. Luigi Mancinelli lui enseigne l’orchestration.
    La famille déménage (Rua do Seculo, autrefois Rue de Formose 79, palacio Pombal)
    1907
    Perfectionnement en piano et violon : écrit la 1ère sonate pour violon et piano, Feuilles d’Album pour piano, A Formosura (chant et piano) et Chanson Portugaise
    1908
    Le régicide lui provoque un choc psychologique important.
    Ecrit les 3 poèmes symphoniques : Après une lecture d’Antero de Quental, de Julio Diniz et de Gerra Junqueiro.
    1er prix du Concours de Musique Portugaise (président du jury Vienna da Mota) pour la sonate pour violon et piano. Première ausition de A formosura (Désiré Pâque et Berta de Bivar)
    1909
    Mélodies de Baudelaire (Trilogie de la Mort- des Amants, des Pauvres, des Artistes) Recueillement, Elévation.

    1910
    Février : départ pour Berlin avec son oncle paternel Joao (qui a exercé une influence sur lui dès l’enfance dans l’apprentissage de la musique, du français, de l’anglais). Il est accepté comme élève dans la classe d’Engelbert Humperdinck.
    Assiste à des spectacles de musique de Wagner, la 9ème de Beethoven, Pelleas et Mélisande de Debussy, récital Godowsky. Fréquente les musées, se familiarise avec les théories de Hugo Riemann et Stephan Krehl. Etudie la notation antique et les méthodes en musicologie.
    Séjourne à Paris en mai, assiste à la création de l’Heure espagnole et du Martyre de Saint-Sebastian, rencontre Debussy à une répétition de Petrushka.
    Rentre à Lisbonne en juin et assiste à la journée révolutionnaire du 5 octobre.
    Termine Les Paradis Artificiels, l’oratorio La tentation de S. Frei Gil (dont est tirée une suite d’orchestre comprenant ouverture et deux interludes), le quatuor à cordes dédié à Vienna da Mota, Mirages pour piano. Une de ses mélodies sur un texte de Moréas est publiée par l’Express Musical de Lyon (La glèbe s’amollit, qui obtiendra le prix du concours lancé par le journal en 1913)
    30 décembre : épouse Estella Diniz de Avila e Sousa, dont il n’aura pas d’enfant

    1912
    Séjour avec la famille à Madeire. Ecrit les pièces religieuses pour voix et orgue qui seront publiées plus tard sous le titre Cantuale Congregationis Missionis

    1913
    Sonate pour violoncelle et piano
    Trois sonnets de Maeterlinck
    Deux sonnets de Mallarmé
    Aria et Choral pour Orgue
    Première audition des Paradis Artificiels, scandale…
    Achève Vathek, qu’il datera de l’année suivante par superstition.

  3. #3
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    1914
    Retour à Lisbonne, la famille est en proie à des difficultés matérielles : LFB enseigne l’anglais, travaille pour les journaux, commençant ainsi sa longue carrière de critique littéraire et musical (Diairo de Lisboa, Diario de Noricias, O Seculo)
    Création de la sonate pour violoncelle à Barcelone
    1915
    Se rapproche des mouvements intellectuels populaires.
    Mélodies O Motivo da Planicie, Minuete, Soneto dos Repuxos
    Nommé membre du Conseil de l’Art Musical, position qu’il gardera jusqu’à la dissolution de l’institution en 1930. Prend part à des conférence sur La Question Ibérique (Musique et instruments)
    1916
    Poème symphonique Viriato, sur une texte d’Hipolito Raposo
    Concerto pour violon
    Trois pièces pour piano, Luar (piano)
    Sonnet de Camoes
    Nommé professeur de déchiffrage et d’accompagnement au Conservatoire National
    1917
    Balade pour piano et orchestre
    Scene lyrique pour violoncelle et orchestre
    Deux danses pour piano
    Viriato est joué à Porto
    1918
    Nommé à la tête de la commission de réforme du Conservatoire : propose la création d’un cursus de cinq ans concernant les Sciences Musicales et autres disciplines culturelles, cours de Littérature et langue Portugaise, de Français, de Littérature étrangère, d’Histoire et Géographie. Propose le renforcement des classes d’orchestration et de direction d’orchestre.
    10 préludes pour piano dédiés à Viana da Mota, qui donne la première audition de la Balade.
    Canto de Mar pour chant et orchestre
    Mort de son père à l’âge de 57 ans

    1919
    Promulgation de la réforme du conservatoire. Viana da Mota est nommé directeur, LFB sous-directeur.
    1ère suite Alentejana
    1920
    Deux poèmes de Lorenzo Stanchetti, Despedida (d’Annunzio), Frivolidade (chant et piano)
    1921
    Partiipe avec da Mota au congrès d’Histoire de l’Art à Paris, prononce une conférence à la Sorbonne sur les compositeurs portugais des 16ème et 17ème siècle.
    Assiste à des représentations de Louise, Castor et Pollux, Les Troyens, Daphnis et Chloé. Visite les cathédrales de Chartres et Reims, rencontre Vuillermoz, Wanda Landowska.
    Viana da Mota interprète Préludes, Mirages et Feuillets d’Album à Paris.
    Premières auditions de mélodies à rio de Janeiro.
    1922
    Naissance de son fils Joao le 10 janvier, né hors mariage de Maria Clara Dambert Filgueiras, d’ ascendence française.
    Publications de textes théoriques (Elements des Sciences musicales)
    1924
    Invoque une charge de travail excessive pour démissionner de son poste de sous-directeur au Conservatoire. Compose la 1ère symphonie, dédiée à son fils.
    1925
    Directeur artistique du Théâtre San Carlo (jusqu’en 1927)
    Mariage de sa sœur Isabel avec Sidonio Pais, fils de l’ex Président. Sa sœur Maria rentre au Carmel en Espagne. Il lui fera des visites fréquentes.
    1926
    Assiste à paris au Congrès des Auteurs et compositeurs dramatiques.
    Termine la 2ème symphonie en si bémol mineur, dédiée à sa sœur Maria, qui marque le virage vers le néo-clacissisme.
    Création à Madrid de sa première symphonie et d’Antero de Quental.
    1927
    2ème suite Alentejana
    Fait représenter au San Carlo Fedra de Pizetti
    1928
    2ème sonate pour violon et piano
    1929
    Fonde la ruevu l’Art Musical (qui sera publiée jusqu’en 1949)
    Pedro crée la 2ème suite

    1930
    La contre-réforme du Conservatoire sous l’impulsion du régime anti-culturel préocuppe LFB. Il devient membre du Conseil de l’instruction publique, du Conseil Disciplinaire du Ministère de l’Instruction et prend la tête du cours supérieur de composition au Conservatoire.
    Sonatine pour piano, préface du traité d’harmonie
    Le 12 octobre, jour anniversaire de ses 40 ans, il commence le journal dont il écrira en 25 ans les 1500 pages (inédites par suite d’opposition d’une partie de ses descendants)
    1931
    Rencontre Jacques Thibaud à Porto avec qui il discute de la politique internationale et d’Hitler (à partir de 1931, LFB se rapproche secrètement de la gauche révolutionnaire et lutte contre la dictature). Rencontre Bartok à Lisbonne.
    Le 27 octobre, il tente d’empêcher l’arrestation de Fernando Lopez-Graça au conservatoire.
    Lembrança, pour 4 voix d’hommes a capella.
    Nommé professeur de Pédagogie musicale à l’Ecole Normale de Lisbonne
    1932
    Travaille à l’orchestration de la 3ème symphonie.

    1933
    Voyage à paris à l’occasion du film Gado Bravo dont il a écrit la musique.
    Assiste à plusieurs représentations de pièces de Shakespeare, au Jongleur de Notre-Dame et aux Noces de Figaro à l’opéra-comique, aux Maîtres-Chanteurs.
    Le 7 septembre il manque de mourir d’un accident de cheval.

    1934
    Passe l’essentiel de l’année à Paris (ne séjourne qu’en février et mai à Lisbonne). Assiste aux spectacle des Chaises Musicales de Mackenzie, Pato bravo d’Ibsen, Tristan, Les maîtres chanteurs, entend Toscanini et s’enthousiasme pour la direction de Furtwängler rencontré chez Marguerite Long, comme Schmitt, Ida Rubinstein, Ibert et Milhaud.
    Termine de Douro, faina fluvial de Miguel de Oliveira.
    Trois mélodies sur des textes d’Antero de Quental.
    1935
    Cinq des dix Madrigais Camonianos. Marche militaire pour quatuor de voix d’hommes
    Collabore à un nouveau projet de réforme du Conservatoire qui ne sera jamais promulgué.
    1937
    Pedro dirige sa 1ère symphonie à Paris
    Cantate Noemi (d’après le Livre de Ruth)
    Comparait au procès de Lopes-Graça pour prendre sa défense
    1938
    Viana da Mota quitte le conservatoire (à cause de la limite d’âge)
    Le 28 avril dans son journal : « Dans l’impossibilité d’écrire une Cantate du Travail anticapitaliste, on pourrait tenter une symphonie chorale contre l’égoïsme et en faveur de la solidarité ». Refuse d’écrire une cantate de célébration de Salazar.
    Rhapsodie portugaise pour orgue
    1939
    Début de l’ « épuration » du Conservatoire : LFB est suspendu de ses fonctions de professeur. Il n’exercera plus que pour la radio (comme auteur de programmes) jusqu’en 1951.
    Ouverture symphonique 1640 (célébration de l’Indépendance)

  4. #4
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    1940
    Chassé du conservatoire pour des prises de positions anti-catholiques (mettant en cause la véracité historique de la Bible concernant la naissance du Christ) et quelques rumeurs de scandales de mœurs (dont son deuxième ménage)
    Quatre préludes pour piano. Première audition complète du concerto pour violon (Francisco Beneto et Pedro de Freitas Branco).
    1941
    Mélodie Sonho Oriental (Antero de Quental)
    1942
    Découvre la partition du premier opéra espagnol, Celos aun del ayre matan de Juan Hidalgo
    Malgré une apoplexie en Novembre, travaille à la 3ème symphonie.
    Publication de son Histoire Populaire de la musique
    1943
    Termine la 3ème symphonie dédiée à Pedro de Prado
    Cinq Madrigaux
    Huit Sonnets d’Antero
    27 chansons populaires Portugaises (et six pour chœur mixte)
    Publication d’une Vie de Beethoven


    1944
    Vie et pensée de Richard Wagner
    Commence la 4ème symphonie
    Première de la 2ème symphonie à New York (dirigée par Arthur Judson)
    1945
    Esquisses de l’opéra Ines de Castro (jamais écrit au-delà du découpage du livret)
    Pedro dirige Les Paradis Artificiels à Londres et Birmingham.
    1947
    Transcrit des parties de l’opéra As Guerras do Alecrim e Manjerona (inachevé ? perdu ?)
    A l’invitation du British Concil se rend au Festival d’Edimbourg, où il est élu à la tête des délégués étrangers et rencontre Bruno Walter.
    Variations et triple fugue pour orchestre à cordes et orgue
    Première à Lisbonne de la 3ème symphonie
    Publication de Musique et Théâtre au Portugal et d’un autre livre sur Beethoven
    1948
    5 Redondhilhas sur des vers de Camoes pour chœur
    1er juin : mort de Viana da Mota
    1949
    Six autres Redondilhas
    Hommage à Chopin (Polonaise pour orchestre)
    Musique chorale

    1950
    Deux chansons populaires et chansons de marche sur des vers de José Gomes Ferreira (destinées à être exécutées dans la clandestinité) Cançao de Pedra
    Audition partielle de Vathek (3 variations dirigées par Braga Santos), la création compluète ne sera donnée qu’en 1961 par Alvaro Cassuto.
    Musique pour le film Frei Luis de Sousa (Antonio Lopes Ribeiro)
    Prend la dorection de la Gazette musicale
    24 mars : mort de sa mère

    1951
    Ca nesta Babilonia, mélodie sur un texte de Camoes
    Diverses orchestrations de mélodies. Création partielle de deux des Dix Madrigaux
    Premières esquisses de l’opéra A Voz de Terra (resté inachevé)
    1952
    Achève la 4ème symphonie en ré majeur, dédiée à Joly Braga Santos (création 1956 Pedro de FB)
    Solemnia verba, poème symphonique sur un texte d’Antero
    Musique pour le documentaire Algarve de Alem-Mar (Ribeiro)
    1954
    Rédaction des premières scènes de A Voz de Terra, esquisses de la Symphonie du Travail.
    1955
    Collabore à un nouveau projet d’éducation musicale. Termine l’acte 1 de A Voz de Terra.
    12 janvier : infarctus, LFB confie à ses amis durant sa longue convalescence qu’il s’est senti mourir par deux fois et qu’il en a éprouvé un grand soulagement.
    Meurt dans la matinée du 27 novembre, Rua do Século n°79

    Source:
    http://www.amsc.com.pt/musica/compositores/luisfb.htm

  5. #5
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    Quote Originally Posted by Fred Audin View Post

    Refuse d’écrire une cantate de célébration de Salazar.
    Ce compositeur que je ne connais que de nom me plait déjà... Sinon bienvenu monsieur Audin...


  6. #6
    Merci d'attirer l'attention sur ce compositeur. Grâce au blog dont vous donnez le lien, j'ai eu plaisir à découvrir le beau mouvement lent de son concerto pour violon. De là, je suis allé sur Youtube qui permet d'entendre beaucoup d'oeuvres comme les Préludes pour piano ou la sonate pour piano et violon. Très belle musique ; comme toujours, on se demande ce qui fait que certains noms sont connus et d'autres sombrent dans l'oubli ou même ne percent jamais ; probablement l'abondance, qui oblige à n'en retenir qu'assez peu.

  7. #7
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    Quote Originally Posted by Embaterienne View Post

    on se demande ce qui fait que certains noms sont connus et d'autres sombrent dans l'oubli ou même ne percent jamais ; probablement l'abondance, qui oblige à n'en retenir qu'assez peu.
    Je suppose que cette questions appelle mille réponses... Cependant on peut toujours rêver d'artistes, producteurs, programmateurs, directeurs de salles qui se sortiraient les cotons tiges des oreilles et carrément du cerveau pour faire découvrir des oeuvres ou des compositeurs inconnus ou méconnus. Pour cela il faut accepter de prendre quelques risques... ( Ah ! je sais! les temps sont durs mon pauvre monsieur... ) Et arrêter de prendre aussi les mélomanes pour des clampins qui ne veulent pas faire trop d"effort pour découvrir de nouvelles musiques ! etc...etc...


  8. #8
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    La création de ce fil fut une excellente initiative .

    Voici comment se présentent les deux premiers volumes de la série d'enregistrements entreprise par le label Naxos, qui fait décidément beaucoup (et souvent dans les meilleures conditions) pour la découverte de musiques injustement négligées :



    Ces disques ont fait l'objet de critiques très élogieuses par la revue Classics Today, le deuxième obtenant même la note 10/10. Quant aux "butineuses", elles font à propos de ce second volume les remarques suivantes, assez typiques de leur "style" :

    "Une supposition. Vous prenez ce CD, vous en ôtez le film protecteur et, exaspérant, vous l’enfournez dans votre appareil de lecture mais sans avoir regardé le nom du compositeur. Puis vous écoutez. Heuhhh… zut, alors, c’est de qui ce truc ? Ce n’est pas du… ni du… et encore moins du… bien que ceci, cela, patati et patata. Pas français, pas germanique, pas victorien, pas espagnol-de-carte-postale. Eh oui, mesdames et messieurs, voilà bien une musique inclassable. C’est du Luís de Freitas Branco, le compositeur portugais du XXe siècle. Il a fréquenté Debussy et le milieu musical français à Paris vers 1915, Humperdinck et la sphère allemande à Berlin à la même époque, glané auprès de tout le monde, pour créer enfin son propre monde, assez peu «lusitanisant», et s’il adopte dans cette Seconde symphonie de 1926 le modèle classique en quatre mouvements, sans s’aventurer dans le modernisme d’alors ni les voies dodécaphoniques ou atonales de tant d’autres, il n’en écrit pas moins une musique moderne, diablement intéressante, orchestrée de main de maître, qu’il convient réellement de découvrir sans attendre. (...)"

    En ce qui me concerne en tout cas, une chose est certaine car j'ai hâte de découvrir moi aussi cette musique : ces enregistrements figureront sur l'une de mes toutes prochaines commandes .

    Jacques

  9. #9
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    merci Jaques: je comptais donner quelques indications discographiques.
    Voici les couvertures des CD des symphonies dans l'édition Portugalsom

    Seul volume que je possède avec Vathek (dont la pochette n'apparait pas ici)
    La version de la première symphonie par Alvaro Cassuto chez Naxos me paraît meilleure.
    Ce volume Portugalsom présente le poème symphonique Après une lecture d'Antero de Quental qui n'est pas encore enregistré dans la série Naxos, et n'apparaîtra pas non plus sur le volume 3.

    Voici la critique du vol1 sur le site Classique-info
    (1ère symphonie, Scherzo fantastique, suite Alentejana n°1)
    http://classiqueinfo-disque.com/spip...cle431&lang=fr









    Je reporte ici, principalement pour l'illustration de couverture la photo de la seule étude (en portugais) consacrée à Branco que j'avais brièvement placé en ouverture de ce fil, puis supprimée parce qu'elle prenait trop de place sur la page d'accueil

  10. #10
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    je constate que les video reprenant des oeuvres de Luis de Freitas-Branco sont de plus en plus fournies. Il ne semble pas y avoir encore de versions des Paradis Artificiels, mais l'autre chef d'oeuvre de Branco y figure, les variations Vathek donc, d'après William Beckford.
    Les interprètes ne sont pas référencés mais je pense qu'il s'agit du Budapest Philarmonic orchestra dirigé par Andras Korodi. Il est probable qu'on peut faire beaucoup mieux, mais l'enregistrement a le mérite d'exister (n'oublions pas que l'oeuvre date de 1913, c'est-à-dire, je le souligne pour les variations 2 et 3 à la fin du premier fichier, l'année où Chostakovich fête ses 7 ans)

    YouTube - LuÃ*s de Freitas Branco | Vathek (1/3)

    YouTube - LuÃ*s de Freitas Branco | Vathek (2/3)

    YouTube - LuÃ*s de Freitas Branco | Vathek (3/3)

  11. #11
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    Grâce à vous, Fred Audin, je vais de découverte en découverte .

    J'ai d'abord lu attentivement toutes les informations que vous avez déjà fournies sur Luís de Freitas Branco et écouté avec grand intérêt la musique révélée par les trois vidéos mises en ligne. Puis j'ai fait un petit tour sur l'Internet, où j'ai encore trouvé quantité de renseignements. Mais le plus souvent en portugais, une langue que je lis hélas difficilement (j'avais d'ailleurs rencontré un peu le même problème avec Villa-Lobos, quoique dans une moindre mesure).

    En plus de ceux que vous avez montrés, deux disques m'ont intéressé suffisamment pour que j'envisage de me les procurer aussi à la première occasion :

    1/ un recueil de mélodies [cançôes] avec accompagnement de piano, qui est mentionné ici (sur des textes en portugais, je n'ai à ce jour que des mélodies de Villa-Lobos);

    - un récital de piano avec des oeuvres de Luís de Freitas Branco (principalement) et d'Armando José Fernandes, qui apparaît ici.

    Ce second disque comporte notamment toute une série de courts Préludes (Prelúdios) composés par Luís de Freitas Branco, dont plusieurs peuvent être entendus sur YouTube, interprétés par la pianiste russe Tatiana Pavlova. En voici quatre :

    YouTube - Prelude I, LuÃ*s de Freitas Branco

    YouTube - Prelude II, LuÃ*s de Freitas Branco

    YouTube - Prelude V, LuÃ*s de Freitas Branco

    YouTube - Prelude XII, LuÃ*s de Freitas Branco


    Jacques

  12. #12
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    l'article concernant le volume 2 des oeuvres symphoniques de Luis de Freitas-Branco est paru
    http://classiqueinfo-disque.com/spip...php?article760
    La pièce la plus importante de ce volume est Les Paradis Artificiels: à mon avis la plus belle réussite de ce qu'on a appelé l'impressionnisme en musique aux côtés des concertos de Cyril Scott.

  13. #13
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    Je viens à mon tour de découvrir le cd Naxos qui comprend la 1ère symphonie et d'autres oeuvres orchestrales.

    J'ai beaucoup aimé la Symphonie n°1 avec ses très jolis thèmes, un orchestre sur des cordes tramées, lumineux, coloré et paisible; certains passages m'ont fait un peu penser à Delius.

    Très beau également, le subtil Scherzo fantastique aux accents ravéliens. J'ai un peu moins aimé la Suite Alentejana n°1 qui est un peu du folklorique tzimboum.

    Je m'apprête donc à découvrir non sans enthousiasme le second cd Naxos

  14. #14
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    Je découvre avec plaisir que Monsieur Fred Audin est capable de noircir des pages entières de M.Q.C.D d'une plume érudite,si ce n'est flatteuse, à l'encontre d'un
    compositeur "horphelin" portuguais !

    Mais c'est le Printemps des Roses ...

    Comme je regrette,dans mes choix, de ne pas être Musico-politiquement correct pour le talent épistolaire de ce "Modérateur" ,capable donc de sortir des perles de sa bouche !!!

    L'ennui,c'est que pour avoir connut l'étrille de la caserne , on a pas trop envie d'écouter au garde-à-vous la musique de Mr Franco-Bruitas ...non, non, Freitas-Branco.

  15. #15
    Bonjour.

    Je m'apprétais à poster une "ma petite découverte de la semaine : Luis de Freitas Branco", mais je découvre par la même occasion qu'il y a déjà un fil sur lui. Bon, il me reste juste à dire que j'aime vraiment beaucoup.

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