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Thread: Lennox Berkeley

  1. #1
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    Lennox Berkeley

    La musique de sir Lennox ne m'a jamais parue d'un intérêt congestionnant, mais j'ai été agréablement surpris par cet opéra plein de fraîcheur et au livret vraiment drôle.

    En quelques mots : une famille de nobles désargentés, lord et lady Dunmow, reçoit à dîner la richissime duchesse de Monteblanco et son fils le prince Philippe. Les Dunmow étant dépourvus de cuisinier, ils doivent préparer le repas eux-mêmes. Tout l'opéra a pour scène la cuisine de la maison pendant les préparatifs du repas.




    La musique de Berkeley est très influencée par celle de son ami (le grand Britten himself), ici dans le registre narquois et léger de Albert Herring. Le registre est plaisant et inoffensif, mais étonnamment tonique et rafraichissant. Pour les amateurs, le livret est sur le site de Chandos. Ca ne dure qu'une heure, et c'est dirigé avec brio par Hickox.

  2. #2
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    je connais mal, j'ai surtout de la musique de chambre de Berkeley, et un live de cet opéra en un acte que je n'ai écouté que distraitement en passant. A lire ce que tu en dis, je suis frappé par la ressemblance du livret avec l'Omelette à la Follembuche de Delibes (et Labiche) qui se déroule aussi à la cuisine chez des nobliaux de province, un jour de noces alors que le repas a été transporté chez la promise au moment où le Roi qui chasse dans les environs s'invite à dîner.

  3. #3
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    Comme je suis encore moins fan de Delibes que de Berkeley, je ne connaissais pas cet opéra. Si le décor et les personnages sont semblables, il doit y avoir quelques différences dans l'intrigue. Dans A Dinner Engagement, les Dunmow ont une fille, Susan, qu'ils veulent marier au prince Philippe. Susan n'est pas d'accord, mais elle se découvre par hasard une passion commune avec le prince : celle de la cuisine.

  4. #4
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    Encouragé par l'écoute de cet opéra, j'ai poursuivi l'expérience et j'ai écouté Ruth, sur un sujet nettement moins drôle que l'autre. Ruth, comme chacun sait, est une moabite (chacun c'est ce que c'est) qui arrive à Bethleem (en Judée, comme chacun le sait) avec sa belle-mère Noémie qui, comme chacun sait avait quitté Béthleem dans sa jeunesse pour aller vivre à Moab. Ayant perdu ses deux fils et son mari, elle revient donc au pays avec l'une de ses belles filles (cad Ruth comme chacun l'avait compris).

    Ruth est rejetée par les Juifs de Béthleem en tant qu'étrangère, mais Booz, le chef du secteur, s'en offusque et prends la défense de la belle Ruth. Je ne raconte pas la fin (que chacun connaît).





    Musicalement c'est encore orchestré avec beaucoup de finesse et de légèreté, le compositeur ne cède jamais au mélodrame ni à la noirceur : on pense évidemment aux paraboles bibliques de Britten, et on en vient à regretter que Berkeley n'ait pas composé davantage d'opéras car sa musique symphonique n'est pas du même niveau (hélas).



    Encore un opéra assez court : 1h15, et encore dirigé avec beaucoup de talent et de doigté par Hickox - curieusement il semble plus à son aise chez Berkeley que chez Britten, sans doute du fait de cette âpreté du langage brittenien qu'il ne parvient pas à rendre, et qui est absente des opéras de Berkeley. Le style de Berkeley est plus doux et chaleureux, plus lumineux aussi, et donc plus proche de style de direction de Hickox. A mon avis.

  5. #5
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    "Ruth songeait et Booz dormait ; l’herbe était noire ;
    Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;
    Une immense bonté tombait du firmament ;
    C’était l’heure tranquille où les lions vont boire.

    Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;
    Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
    Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre
    Brillait à l’occident, et Ruth se demandait,

    Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles.
    Quel dieu, quel moissonneur de l’éternel été,
    Avait, en s’en allant, négligemment jeté
    Cette faucille d’or dans le champ des étoiles."


    (Hugo, Légende des Siècles I, Booz endormi -comme chacun l'aura reconnu)

  6. #6
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    Quote Originally Posted by Fred Audin View Post
    (Hugo, Légende des Siècles I, Booz endormi -comme chacun l'aura reconnu)
    Evidemment, cette césure de l'alexandrin à la 3ème syllabe ne laissait planer aucun doute.

    Magnifique poème, soit dit en passant - et il est effectivement beaucoup question de champs de blé dans cette histoire.

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