Sa musique est très tôt reconnue et il reçoit dès 1953 le prix George Gerschwin Memorial Award pour son Night Music. Il a, par la suite, de nombreuses distinctions, tant académiques que musicales. Après une période d'expérimentation du sérialisme, Rochberg abandonne ce concept après 1963 à la mort de son fils, affirmant alors que le sérialisme était vide d'émotion et ne lui permettait pas d'exprimer sa rage et son chagrin
À partir des années 1970, il utilise de passages tonaux au sein de ses partitions. Son utilisation du système tonal est particulièrement net dans son troisième quatuor à cordes (1972) qui comporte une série de variations dans le style du dernier Beethoven. Un autre mouvement du même quatuor comporte des réminiscences des partitions de Gustav Mahler. Cette utilisation du système tonal le fait classer par certains critiques comme néo-romantique. Rochberg rapproche la musique atonaleart abstrait et la musique tonale de l'art figuratif. Il rapproche sa propre évolution avec celle de Philip Guston, affirmant que de l'la tension entre figuration et abstraction est un concept fondamental pour les deux artistes (Rochberg 1992).
Parmi les œuvres plus précoces, sa symphonie n° 2 (1955-1956 fait figure comme un exmple de musique sérielle américaine. Néanmoins, Rochberg est plus connu pour ses derniers quatuors, les quatrième, cinquième et sixième formant un ensemble appelé Concord Quatuors en hommage à l'ensemble musical du même nom qui a créé l'œuvre. Son sixième quatuor comporte un ensemble de variations sur le canon de Pachelbel. Un certain nombre de ses partitions consiste en des "collages" de citations d'autres œuvres de divers compositeurs. "Contra Mortem et Tempus", par exemple, contient des passages de Pierre Boulez, Luciano Berio, Edgard Varèse et Charles Ives."
Il semblerait que suite à la composition et la création triomphale de cette 2e symphonie, il fut considéré comme le plus grand compositeur américain de musique sérielle.
Dernière modification par hideux67 ; 09/01/2010 à 17h43.
Concernant la création de la 2e symphonie, on peut lire ceci sur le site de la WETA (traduit par google et un peu réarrangé) :
Mais vous pouvez dire Rochberg n'était pas un avant-gardiste dans l'âme quand il vante les vertus de la performance de Premiere sous George Szell et l'Orchestre de Cleveland:
"Du temps de la première (de l'oeuvre), la deuxième (symphonie) avait été miraculeusement prise en charge par Szell, la qualité d'une œuvre dans la grande tradition romantique que Szell et son orchestre ont joué à maintes reprises, la connaissant intimement et complètement".
"Il n'y avait rien de ce côté sans âme et de la conscience de soi de jouer nouvelle musique de jeu qui sévit dans la musique au XXe siècle et que j'abhorre".
Et lorsque Rocheberg compare les performances Szell à celle plus tardive de Paul Dunkel et l'American Composers Orchestra, il remarque :
"Dunkel a joué la même oeuvre [mais] et elle semble sonner comme une oeuvre d'avant-garde sérielle, en un mot, comme un spectacle de« musique nouvelle '... le modernisme pur et dur triomphant du romantisme émotionnellement expressif. Ce qui avait été expansif est devenu aplati, ce qui a chanté a perdu son lyrisme. Une sorte de comptabilité stricte musicale l'a emporté sur ce qui était incertain, dans la douleur, aux prises avec l'être humain. Là où Szell avait été ouvert et dans un geste large, Dunkel était serré et comprimé, là où Szell avait permis des solos de vent afin de donner une teinte de coloration individuelle, et créant une riche palette instrumentale kaléidoscopique, Dunkel a tendance à dépersonnaliser et homogénéiser cette palette en une seule couleur de vent. Là où Szell avait fait ses cordes passionnées, tendres, féroces, flambant tour à tour, Dunkel les a rendues dures, sans gradation expressive, métallique ».
Dernière modification par hideux67 ; 09/01/2010 à 18h01.
Là je viens d'écouter des enregistrements d'origine radiophonique des symphonies n° 5, 2 et 1 (ordre d'écoute) qui sont ceux des créations mondiales ou assez proches de celles-ci, respectivement par Solti, Szell et Ormandy (tiens des chefs d'origine hongroise...) jouant ses oeuvres en cultivant cet équilibre modernisme/romantisme si cher à Rochberg. Les symphonies 1 et 2 sont donc considérées comme "sérielles uniquement" (enfin si ça veut dire quelque chose), la 5e est "mixte" et dans mon cas ("tonal dur") me semble un moyen idéal pour aborder l'oeuvre symphonique de Rochberg.
Pourriez-vous me conseiller d'autres oeuvres de ce compositeur et si possible dans des interprétations "romantiques alla Rochberg" ?
Tant que nous y sommes, cela m'intéresserait d'avoir des suggestions d'interprétation "romantiques" d'oeuvres sérielles d'autres compositeurs.
Et enfin, connaissez-vous d'autres témoignages de compositeurs sériels préférant des interprétations "romantiques" de leurs oeuvres ou en faisant apparaître une certaine filiation avec celles de compositeurs qui les ont précédés (et issus du système tonal) ?
Dernière modification par hideux67 ; 09/01/2010 à 18h15.
Anecdotes du compositeur àpropos du premier enregistrement de sa seconde par l'Orchestre Philharmonique de New York et le lauréat du prix de la Fondation Naumburg : Werner Torkanowsky.
Rochberg a eu peur de la façon dont les choses allaient mal et que Torkanowsky était inapte à diriger sa musique. Avant les sessions d'enregistrement, enfin, les joueurs du Philharmonique de New York s'approchèrent de Rochberg et le rassurèrent: «Nous comprenons la situation et l'orchestre tout entier est derrière vous. Peu importe ce qui arrive, nous allons jouer votre oeuvre de manière à ce que tout se passe bien. Après l’enregistrement Rochberg témoigne avec gratitude mais peut-être manquant d'enthousiasme, que les «sessions d'enregistrement , ont, en effet, réaliser leur objectif en produisant une représentation fidèle de ma symphonie. Et je le dois uniquement aux joueurs de l'Orchestre philharmonique de New York [et leur] sens remarquable de la probité »
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Envoyé par hideux67
Là je viens d'écouter des enregistrements d'origine radiophonique des symphonies n° 5, 2 et 1 (ordre d'écoute) qui sont ceux des créations mondiales ou assez proches de celles-ci, respectivement par Solti, Szell et Ormandy (tiens des chefs d'origine hongroise...)
Où peut-on entendre ces interprétations?
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Envoyé par hideux67
Tant que nous y sommes, cela m'intéresserait d'avoir des suggestions d'interprétation "romantiques" d'oeuvres sérielles d'autres compositeurs.
Les deux premières symphonies de Roger Sessions respectivement par Akeo Wanatabe et Dimitri Mitropoulos.
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Envoyé par hideux67
Et enfin, connaissez-vous d'autres témoignages de compositeurs sériels préférant des interprétations "romantiques" de leurs oeuvres ou en faisant apparaître une certaine filiation avec celles de compositeurs qui les ont précédés (et issus du système tonal) ?
Oui, Milton Babbitt et Charles Wuorinen, considérant des interprétations de leurs oeuvres respectives par Jimmy Levine, ou encore Luigi Dallapiccola disant quelque chose dont je ne me souvient plus sur la première de Three Questions.
"Du temps de la première (de l'oeuvre), la deuxième (symphonie) avait été miraculeusement prise en charge par Szell, la qualité d'une œuvre dans la grande tradition romantique que Szell et son orchestre ont joué à maintes reprises, la connaissant intimement et complètement".
"Il n'y avait rien de ce côté sans âme et de la conscience de soi de jouer nouvelle musique de jeu qui sévit dans la musique au XXe siècle et que j'abhorre".
Tant que nous y sommes, cela m'intéresserait d'avoir des suggestions d'interprétation "romantiques" d'oeuvres sérielles d'autres compositeurs.
Et enfin, connaissez-vous d'autres témoignages de compositeurs sériels préférant des interprétations "romantiques" de leurs oeuvres ou en faisant apparaître une certaine filiation avec celles de compositeurs qui les ont précédés (et issus du système tonal) ?
Je n'ai pas d'exemple en tête pour le moment, mais d'une manière générale, je pense de plus en plus que cette musique a spécialement besoin d'interprétations "romantiques" (ou lyriques) pour se révéler.
Les lectures froides, désincarnées, analytiques, la desservent le plus souvent.
Je serais aussi curieux d'écouter ces enregistrements dirigés par trois chefs que j'aime particulièrement...
Sinon Rochberg n'étouffe pas les linéaires des disquaires... Et c'est l'une de mes grandes découvertes récentes...
Symphonies 1, 2 et 5, et, concerto pour violon chez Naxos par Lyndon-Gee ! Pas l'impression que les symphonies 3 et 4 soient programmées ! Les quatuors sont aussi superbes, par le Quatuor Concord ! Enfin je dois aussi avoir en rayon le concerto pour Hautbois... Musique formidable !
Pour répondre à la question... heu ! J'avais pas remarqué que les symphonies 1 et 2 étaient sérielles... ( j'y connais rien en musique... )
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Envoyé par hideux67
Tant que nous y sommes, cela m'intéresserait d'avoir des suggestions d'interprétation "romantiques" d'oeuvres sérielles d'autres compositeurs.
Et enfin, connaissez-vous d'autres témoignages de compositeurs sériels préférant des interprétations "romantiques" de leurs oeuvres ou en faisant apparaître une certaine filiation avec celles de compositeurs qui les ont précédés (et issus du système tonal) ?
Pour revenir sur ces deux questions, me reviennent en tête deux disques déjà cités de nombreuses fois de James Levine.
- le disque Carter, Cage, Babbitt, Schuller enregistré avec le Chicago Symphony Orchestra pour DGG,
- le concert à Munich Carter, Sessions, Wuorinen, DiDomenica intitulé The Munich Years volume 2.
Et aussi les témoignages de Bruno Maderno dirigeant ses propres oeuvres: en particulier Grande Aulodia et le deuxième concerto pour haubois.
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Sinon, pour conseiller d'autres oeuvres de George Rochberg, le cycle des quatuors à cordes, que Thierry mentionne.
Je maintiens que c'est l'un des corpus les plus intéressants au XX ième siècle depuis les six de Bela Bartok (avec très peu d'autres à ce niveau, à mon sens).
Et puis, puisqu'on a parlé un peu de son piano, Circle of Fire, cycle somptueux: une des vraies grandes oeuvres des 30 dernières années.
J'avais parlé du disque de Sally Pinkas dans l'ancien forum.
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Circles of Fire
La reprise par Naxos d'un disque du petit éditeur Gasparo Records donne lieu à une parution effective en février 2010.
Ce disque est disponible partout, notamment sur Amazon, à partir d'aujourd'hui.
J'ai parlé de nombreuses fois, sur les anciens forums, comme sur ceux-çi, de cette oeuvre, l'une des plus compositions pour piano les plus fascinantes des quarante dernières années.
Le disque original, qui est celui que je possède, étant difficilement disponible, il est heureux que Naxos permette au plus grand nombre d'entendre cette oeuvre, et qui plus est, au prox Naxos.
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Je ne crois pas que les bagatelles, les quatre sonates courtes et les Partita variations soient du même niveau que Circles of Fire, mais je ne vais pas me plaindre que Naxos permette l'enregistrement de plus d'oeuvres pour piano de la seconde partie du XX ième siècle.