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Thread: Charles Tournemire

  1. #1
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    Charles Tournemire

    "Un jour, on rendra justice à Tournemire" (Olivier Messiaen)




    Je ne sais pas si ce jour est arrivé, ni s'il arrivera jamais... Compositeur fécond, connu surtout des organistes auxquels il laissa une oeuvre considérable, Charles Tournemire (1870-1939) a déjà été mentionné sur ce forum mais n'avait pas encore son "fil général". Comme je viens d'exhumer de ma collection des enregistrements de ses huit symphonies (6 disques) et d'une grande partie de ses compositions pour orgue (15 disques), je me risque à en ouvrir un, à toutes fins utiles. Ça me permettra de savoir, le cas échéant, ce que d'autres connaissent et pensent de cette musique. Quant à moi, je n'ai pas manqué d'être fasciné, il y a une dizaine d'années (époque où j'ai acquis ces disques), par l'envoûtement que peut procurer l'écoute de L'Orgue mystique. Quant aux symphonies, je m'étais demandé, vu leurs évidents mérites, pourquoi elles demeuraient si peu fréquentées.

    Sur leur site, à propos d'un récital d'orgue, les "butineuses" présentent brièvement Tournemire en ces termes :

    "Curieux personnage que Tournemire. À partir des années 1910, il se trouva sous l’emprise d’une radicalisation de sa foi à telle enseigne qu’il en devint irascible, fanatique, dévot et extatique tout à la fois, vouant aux gémonies tous ses contemporains – Widor, Vierne, Dupré, Duruflé – qui osaient ne pas le suivre dans sa croisade : la musique ne devait plus, selon lui, que servir le message catholique. Il semble qu’il finit par se suicider le jour de la Toussaint 1939 (dans un accès d’illumination ? On ne le saura que lorsque certaines archives seront ouvertes, en 2015).

    Certes, ces quelques éléments biographiques ne doivent en rien ternir l’écoute de sa musique, faite de sincérité et de recueillement, fuyant tout exhibitionnisme mondain et toute brillance superflue et facile. Il fait preuve d’un goût exquis et d’une grande concentration de pensée, même dans l’expression la plus triomphante. [...]."

    Et voici comment, dans le livret joint à un enregistrement de la Sixième Symphonie pour ténor, choeur, orgue et orchestre Op. 48 (Orchestre philharmonique de Liège et de la Communauté française dirigé par Pierre Bartholomée -- Auvidis Valois, 1995), le musicologue Harry Halbreich évoque quant à lui ce singulier compositeur (pardon pour le long "tunnel" qui suit , mais "abondance de biens ne nuit pas"... forcément ) :

    "Le cliché du génie méconnu est tellement éculé qu'il a fini par susciter une méfiance fondée. Et pourtant : en écoutant l'oeuvre qui, à l'occasion du présent enregistrement, a connu sa première exécution près de huit décennies après son achèvement [1917/18], on demeure interdit. D'autant plus qu'on ne tarde pas à constater qu'il ne s'agit nullement d'un cas isolé, que bien d'autres partitions aussi considérables, voire davantage, de la même plume attendent toujours leur création et leur publication.

    Il s'agit certainement là d'une situation unique. Car le nom de Charles Tournemire n'est pas inconnu, tant s'en faut. Seulement, sa réputation demeure uniquernent celle d'un organiste, improvisateur de génie et auteur du gigantesque Orgue mystique, recueil de cinquante-et-une pièces pour chacun des offices dominicaux de l'année liturgique, avec lequel Tournemire voulait créer à l'usage de l'église catholique un équivalent des Chorals d'orgue de Bach. Assurément, ces deux cent cinquante-trois pièces, représentant quelque douze à quinze heures de musique, pourraient constituer à elles seules l'oeuvre d'une vie. Mais elles ne représentent qu'une partie, importante il est vrai, d'une oeuvre pour orgue qui, de son côté, ne représente qu'une partie, et même pas la plus considérable, d'une production d'une envergure vertigineuse. Certes, la quantitié et le nombre à eux seuls ne signifient rien quant à l'importance d'un compositeur, et, tout comme chez son contemporain allemand Max Reger (dont la production pour orgue a également longtemps occulté le reste de l'oeuvre), tout n'est pas d'égale valeur chez Tournemire. Pour pouvoir s'en convaincre, il faudrait pour le moins avoir accès à cette musique, et de ce point de vue un fait demeure : jusqu'ici les déceptions ont été rares, les découvertes nombreuses.

    Comme chez Reger, la simple numérotation par opus est trompeuse (il n'y en a "que" soixante-seize), car L'Orgue mystique tout entier n'en occupe que trois (55 à 57), tandis que l'opus 52 désigne à lui seul une immense trilogie d'oratorios de quelque trois heures de durée (Faust - Don Quichotte - Sains François d'Assise).

    Notre stupéfaction s'accroît en découvrant que Tournemire a été le plus puissant symphoniste français de son temps, avec non moins de huit partitions de grande envergure dans une forme plutôt rare dans la musique française d'alors [...] (leur auteur n'entendit jamais les trois dernières, pas plus que l'imposante série des oratorios tardifs). Ici, nous observons une profonde coupure dans sa carrière de compositeur, coïncidant avec la Première Guerre mondiale. Car ses cinq premières symphonies, composées entre 1900 et 1914, furent toutes jouées à l'époque. Le tournant radical que prit l'esthétique musicale après 1918, un abîme culturel que notre fin de siècle [le XXème] commence seulement à combler, entraîna en effet la conséquence que Tournemire devint un compositeur travaillant "à contre-courant" : il n'y avait tout simplement plus aucune place dans la vie musicale pour ses créations grandioses et monumentales d'inspiration mystique. Non point que son langage musical fût vieilli ou dépassé, loin de là, il demeura pleinement au niveau de la tonalité élargie pratiquée alors, avec ses inflexions modales, voire polytonales, son orchestration est souvent étonnamment novatrice et audacieuse, ses formes n'ont rien de commun avec celles, traditionnelles, de la sonate ou de la symphonie classique, et ses rythmes, sous l'influence fécondante du chant grégorien, sont d'une souplesse et d'une liberté remarquables. Mais la France des années vingt et trente, celle d'Erik Satie, des "Six" ou du Stravinsky néo-classique, ne savait que faire de monuments sonores d'essence spiritualiste.

    À présent que les créations grandioses de son héritier spirituel le plus authentique, encore qu'il n'ait jamais été son élève, Olivier Messiaen, se sont imposées dans les salles de concert du monde entier, peut-être l'heure de Tournemire a-t-elle enfin sonné. Mais seule une foi inébranlable en Dieu et en sa mission de créateur a pu lui permettre de continuer à créer ses œuvres monumentales en succession rapide, sans la moindre perspective d'une exécution ou d'une publication, pour ainsi dire "pour son tiroir" [...].

    Charles Tournemire, né à Bordeaux le 22 janvier 1870 (son nom indique des origines méridionales, c'est celui d'une petite localité des Causses proche de Roquefort, célèbre pour son fromage), fait partie, de pair avec ses contemporains d'âge Louis Vierne et Guillaume Lekeu, des plus jeunes parmi les compositeurs ayant encore pu bénéficier, bien que peu de temps, de l'enseignement direct de César Franck, qui mourut en effet en 1890. C'est ainsi que, l'année suivante, Tournemire obtint son Premier Prix d'Orgue dans la classe du successeur de Franck, Widor. À vrai dire, il avait déjà occupé deux tribunes d'orgue dans sa ville natale à l'âge de onze ans !

    Il paracheva sa formation de compositeur auprès de Vincent d'Indy, à la Schola Cantorum nouvellement fondée. En 1898, à vingt-huit ans, il succéda à César Franck à la tribune d'orgue de Sainte Clotilde (dans l'intervalle, elle avait été occupée par Gabriel Pierné), et la conserva jusqu'à sa mort. Comme organiste, il entreprit de nombreuses tournées internationales, qui le menèrent notamment en Allemagne et en Hollande (1908), en Russie (1911), puis, beaucoup plus tard, en Espagne (1934) et en Angleterre (1939). À partir de 1919, il enseigna également au Conservatoire de Paris. C'était un passionné de la nature, de la montagne (sa Cinquième Symphonie naquit dans les Alpes), mais surtout de la mer. Il passa beaucoup de temps dans la sauvage Île d'Ouessant, au large de la pointe occidentale de la Bretagne, où son épouse possédait une maison (sa Deuxième Symphonie s'intitule Ouessant). Il mourut brusquement à Arcachon sur l'Atlantique, non loin de sa ville natale, le 4 novembre 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale.

    Les premières œuvres de Tournemire (il retira et même détruisit une grande partie de ce qu'il avait composé avant 1900) subissent encore fortement l'influence de Franck et de la Schola, mais son langage devint progressivement plus moderne, il assimila l'harmonie impressionniste de Debussy, et alla même bien plus loin par la suite. Même s'il rejetait les courants issus de Stravinsky, davantage sans doute pour des raisons spirituelles que de technique musicale, il connaissait parfaitement sa musique et celle de ses cadets, et lorsqu'il composa ses grandes symphonies (qui à l'exception d'un Poème pur orgue et orchestre [1910] forment l'essentiel de sa production orchestrale), il fut l'un des très rares compositeurs français de son temps à étudier de près la musique de Mahler. La présence quotidienne du plain-chant grégorien dans le cadre de l'église exerça sur son langage musical la même influence libératrice que sur celui de ses cadets Jehan Alain et Olivier Messiaen.

    Son œuvre gigantesque embrasse tous les genres, y compris l'opéra, bien que parmi ses quatre partitions lyriques trois n'aient jamais été représentées. Seul son "drame antique" Les Dieux sont morts connut une création tardive à Paris en 1924, douze ans après son achèvement. Mais La Légende de Tristan (1925-26) et les cinq "épisodes lyriques" de Il Poverello di Assisi, l'une de ses dernières œuvres achevées (1938-39), attendent toujours leur première audition.

    [...] Avec notamment deux grands Psaumes (1909 et 1913), il avait abordé de bonne heure la musique chorale avec orchestre, dont la Sixième Symphonie (...) demeure l'un des exemples les plus impressionnants, mais ce n'est qu'après avoir achevé sa dernière symphonie qu'il aborda la série grandiose de ses Oratorios : la Trilogie Faust - Don Quichotte - Saint François d'Assise, déjà citée (1921-29), la Quête du Saint-Graal (1926-27), exceptionnellement jouée de son vivant, à Lyon, en 1930, l'Apocalypse de Saint Jean (1932-36) et enfin La douloureuse Passion du Christ (1936-37).

    S'il ne pratiqua que plus rarement la musique de chambre et la mélodie, il faut au moins citer dans ces domaines son unique Quatuor à cordes, Musique orante (1933), sa Sonate-Poème pour violon et piano (1935) et son cycle de mélodies Sagesse, d'après Verlaine (1908).

    À l'exception du puissant Triple Choral (1910), ses œuvres principales pour orgue datent des douze dernières années de sa vie. De novembre 1927 à février 1932, il se consacra presque exclusivement au gigantesque projet de L'Orgue mystique. Parmi les œuvres ultérieures, il faut citer avant tout les Six Fioretti (1933), la Fantaisie symphonique (1933-34), les Sept Chorals-Poèmes sur les sept dernières Paroles du Christ (1935), les deux Symphonies pour orgue (Symphonie-choral, 1935, et Symphonie sacrée, 1936), enfin les Deux Fresques symphoniques sacrées (1938-39), ses toutes dernières pages achevées.

    À peine moins fécond dans le domaine du piano, il nous laisse notamment un Poème mystique (1908), les 12 Préludes-Poèmes (1932) et le recueil des Études de chaque jour (1936) [...] "


    Bon... J'en reste là pour aujourd'hui et reviendrai plus tard dire quelques mots (et montrer des images) des enregistrements que je possède d'oeuvres de Tournemire .

    Jacques

  2. #2
    Bonsoir Jacques,
    Je suis comme vous fasciné par l'œuvre de Tournemire: orgue et symphonies. Sans oublier sa musique pour piano, qui contient quelques chefs-d'œuvre.

  3. #3
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    Bonsoir Gustave .

    Je suis heureux d'apprendre que je ne suis pas le seul à éprouver cette fascination.

    Et ce que vous dites de la musique que Tournemire a composée pour le piano m'encourage vivement à la découvrir, car je n'en possède aucun enregistrement et, sauf erreur, n'en ai encore jamais entendu (je me limiterai donc, en l'état, aux symphonies et à ce que je connais de l'orgue).

    Jacques

  4. #4
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    J'avais oublié qu'on trouvait désormais à peu près tout sur YouTube ...

    Voici donc de Charles Tournemire, interprétés par Lise Boucher, pianiste canadienne, quatre des Douze Préludes-Poèmes Op. 58 pour piano (une découverte que je fais à l'instant) :

    YouTube - Charles Tournemire: Douze Préludes-Poèmes, Op. 58 - for piano - PART 1[/URL]

    YouTube - Charles Tournemire: Douze Préludes-Poèmes, Op. 58 - for piano - PART 2[/URL]

    YouTube - Charles Tournemire: Douze Préludes-Poèmes, Op. 58 - for piano - PART 3[/URL]

    YouTube - Charles Tournemire: Douze Préludes-Poèmes, Op. 58 - for piano - PART 4[/URL]

    Jacques

  5. #5
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    Pour se constituer une intégrale des 8 symphonies de Tournemire, il faut réaliser un panachage entre Almeida et Bartholomée, aucun de ces deux chefs n'ayant mené l'intégrale jusqu'à terme, il manque me semble-t-il la 6e par Almeida et les symphonies 1, 2 et 4 par Bartholomée. Les disques Almeida sont édités par Marco Polo puis repris par Naxos et ceux de Bartholomée par Valois puis repris par Naïve (symphonies 5, 6 et 8 ou Adda puis repris par Naïve (3 et 7). Je vous propose un panachage reprenant tous les enregistrements de Bartholomée et en le complétant par le double cd Naxos pour les symphonies 1, 2 et 4.

  6. #6
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    Les visuels proposés sont ceux des dernières éditions en cd. Dans les éditions originales des disques enregistrés par Bartholomée, le disque Adda (symphonies 3 et 7) a un copieux livret écrit par Philipe Mercier tandis ques les disques Valois ont de très instructifs livrets écrits par Harry Halbreich. Les livrets et l'interprétation musicale sont à mon humble avis préférables par Bartholomée... mais ce n'est qu'un avis...

  7. #7
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    Pour une introduction à l'oeuvre symphonique de Tournemire sa 5e symphonie dite "Alpestre" me semble un bon début. Puis enchaînez avec sa 6e symphonie considérée par d'aucuns comme étant son chef d'oeuvre. En ce qui me concerne, je trouve que ses quatre dernières symphonies sont ses meilleures. La 5e symphonie fut la dernière qu'il put entendre de son vivant.

    Il est à noter que les "Alpestres" de Tournemire et Strauss diffèrent au niveau de l'ascension : à la force des mollets chez Strauss et plus spirituelle (au sens religieux) chez Tournemire Que préfère Irmah la douce ?

    Après je vous propose d'écouter la 8e symphonie ou le "Triomphe de la Mort".

    Pour terminer un autre chef-d'oeuvre, la symphonie n°7 "les Danses de la Vie", "petite" partition de 530 pages écrites sur un papier réglé de 38 portées. Cette partition à comme préoccupation philosophique la "glorification de l'Eternel" sur une démarche ascensionnelle, décrite comme une sorte de dialectique ontologique parcourant tout le cursus de l'humanité, de son primitivisme barbare jusqu'au have suprême de la sérénité et de l'amour divin.

    Quelques titres de mouvements :

    - Danse des temps primitifs décrit "la nature sauvage.. grandiose... où l'humanité marchait...
    - Danse de la Gentilité décrit des rondes poétiques et polythéistes d'une belle antiquité classique ainsi que les orgies que les dieux païens partagent avec les hommes
    - Danses médiévales qui sous-tend la pensée chrétienne la plus pure
    - Danses sanglantes : "la béatitude relative de l'âge médiéval prit fin et c'est dans une mer de sang que les hommes revécurent les heures du début de l'humanité"
    -Danse des Temps Futur ou la grande apothéose mystique


    Le début de l'oeuvre avec "ses temps primitifs", la nature sauvage, les danses naïves rappellent un argument assez similaire utilisé par Stravinsky pour le Sacre. D'ailleurs, dans cette oeuvre on sent Tournemire hanté par Stravinsky (Sacre et Oiseau de Feu) ainsi que par Debussy (les passages les plus "doux" rappelle le Faune de Debussy et les plus véhéments sont dignes de la Mer ou de Pelléas).

  8. #8
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    Un grand merci pour les précieuses indications et les images figurant aux posts 5, 6 et 7 !

    Je ne les avais pas encore vues quand je suis revenu avec quelques précisions que j'avais préparées dans l'intervalle, à l'écart du forum, après plusieurs heures d'écoute.

    Cela étant, pardon pour les inévitables redites (texte et images). Mais je me permets de faire quand même figurer mon nouveau message comme prévu. Il est tard et je n'ai pas trop le courage de l'adapter ()...

    -----------------------------------------------------------------

    Comme le relève Harry Halbreich, les huit symphonies de Tournemire diffèrent grandement l'une de l'autre par la forme ("seule la Première et dans une certaine mesure la Troisième suivent la découpe classique en quatre mouvements") et les dimensions ("la Quatrième dure à peine vingt-trois minutes, la colossale Septième en dure soixante-seize").

    Première Symphonie, "Romantique", en la majeur Op. 18 : composée en 1900 et créée le 10 mars 1901 à Marseille sous la direction du compositeur, c'est "une oeuvre concise d'environ vingt-huit minutes", qui "demeure encore proche du modèle franckiste par sa forme et son langage".

    Deuxième Symphonie, "Ouessant", en si majeur Op. 36 : entreprise en 1908 et achevée en février 1909, créée à Paris le 3 avril suivant, elle "marque un pas en avant considérable". "En cinquante minutes se déroulent trois mouvements puissants, non sans quelques longueurs peut-être, premier témoignage des impressions profondes exercées par les paysages bretons sur le compositeur".

    Troisième Symphonie, "Moscou", en ré majeur Op. 43 : d'une durée totale de trente minutes, inspirée par une tournée de concerts en Russie, commencée en 1912 et achevée en juin 1913, créée le 19 octobre suivant à Amsterdam sous la direction du chef hollandais Evert Cornelis (en qui Tournemire "avait trouvé un fervent défenseur de son art"), elle comporte "des traces de liturgie orthodoxe, en particulier dans le troisième mouvement, lent, intitulé Les Cloches de Moscou". "Il s'agit en un certain sens d'une sinfonia sacra".

    Quatrième Symphonie, "Pages symphoniques", Op. 44 : en cinq parties d'un seul tenant, composée entre le 6 juin et le 12 septembre 1913, créée à Paris le 12 mars 1916, elle est "la plus brève des huit et la plus libre de forme". "Son langage et son orchestration sont plus «modernes» que dans les symphonies précédentes, l'influence de Debussy y est sensible et à nouveau la Bretagne y est source d'inspiration".

    Cinquième Symphonie en fa mineur Op. 47 : en trois mouvements, d'une durée totale de trente-sept minutes, sa composition débuta en août 1913 et se fit "en deux phases distinctes, à chaque fois dans les montagnes", le premier mouvement étant achevé au pied du Saint-Gotthard et les deux autres à Thônes, en Haute-Savoie, le 31 juillet 1914. Créée le 10 mars 1920 à La Haye sous la direction d'Evert Cornelis, cette «symphonie alpestre» est "peut-être la plus accomplie de son auteur avec la Sixième".

    Sixième Symphonie pour ténor, choeur, orgue et orchestre en mi majeur Op. 48 : seule à faire appel aux voix et comportant deux longues parties d'une durée totale de cinquante-cinq minutes, entreprise en 1917 et achevée en août 1918, elle ne fut exécutée pour la première fois qu'en 1995, à Liège. Oeuvre "puissante", "à la fois sinfonia sacra et «symphonie de guerre»", elle est "le reflet évident des expériences vécues par le compositeur durant le premier conflit mondial" ("la première partie principale exprime le désespoir, la seconde au contraire la confiance, et pour finir la délivrance possible").

    Septième Symphonie, "Les Danses de la Vie", Op. 49 : réservant - comme la Quatrième et la Sixième - une place importante à l'orgue, comportant cinq mouvements d'une durée d'un quart d'heure chacun ("immense partition de 530 pages manuscrites, dont seules les grandes symphonies de Mahler et la Turangalîlâ-Symphonie de Messiaen égalent l'envergure"), commencée en 1918 et achevée en avril 1922, elle ne reçut sa première exécution qu'en 1992, à Liège. "Cette oeuvre (...) répond évidemment à sa [celle de Tournemire] préoccupation philosophique majeure : la glorification de l'Eternel, glorification non pas béatement séraphique, mais fondée sur une démarche ascensionnelle, «nostalgie du ciel», décrite comme une sorte de dialectique ontologique parcourant tout le cursus de l'humanité, de son primitivisme barbare jusqu'au havre suprême de la sérénité et de l'amour divins".

    Huitième Symphonie, "Le Triomphe de la Mort", Op. 51 : née sous le choc causé par la mort de la première épouse du compositeur, comportant deux mouvements d'une durée totale de trente-trois minutes, elle fut composée entre août 1920 et juillet 1924 (clôture définitive de la partition d'orchestre) mais ne fut créée qu'en mai 1992, à Anvers. "C'est à la fois une sombre danse macabre et une allusion à la «douce mort» libératrice des souffrances terrestres (dans l'esprit de Jean-Sébastien Bach)".


    Les enregistrements que je possède de ces huit symphonies proviennent des labels Naxos (Symphonies Nos 1 à 5 et No 8 - Orchestre Symphonique de Moscou dirigé par Antonio de Almeida), Auvidis Valois (Symphonie No 6 - Orchestre Philharmonique de Liège et de la Communauté Française dirigé par Pierre Bartholomée) et Adda (Symphonie No 7 et, à nouveau, No 3 - mêmes interprètes que sur le disque précédent). Comme déjà montré, ils se présentent ainsi :






    Jacques

  9. #9
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    Comme le note Jacques, les symphonies 6 et 7 ont été créées à Liège en 1995 et 1992 respectivement.

    L'enregistrement Valois/Naïve de la 6e est celui de la création de l'oeuvre et donc au cours de l'enregistrement en studio !!

    La 7e par Bartholomée doit être très proche de celui de la création vu que c'est un enregistrement public du 11 septembre 1992 réalisé par l'Orchestre Philharmonique de Liège à la Société Philharmonique de Bruxelles.

    Concernant les commentaires sur la 7e de Tournemire (livret de l'édition Adda) : "Ce commentaire a été rédigé préalablement à toute audition de l'oeuvre, sur lecture d'une photocopie, assez médiocre et fortement réduite, du manuscrit autographe" et on est en 1992....

  10. #10
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    Bonjour , et merci d'avoir souligné ces faits étonnants.

    On ne peut en effet qu'être surpris de voir que les trois dernières symphonies de Tournemire ont dû attendre respectivement 77 ans (la Sixième), 70 ans (la Septième) et 68 ans (la Huitième) pour être enfin révélées au public.

    Mais mieux vaut tard que jamais... En prenant les choses du bon côté, ça donne un peu d'espoir non seulement à l'égard de Tournemire mais de n'importe quel compositeur injustement oublié ou négligé, dont certaines oeuvres - peut-être d'un très grand intérêt aussi - "dorment" encore quelque part. Et il y en a sans doute "des tonnes".

    Jacques

  11. #11
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    Un sujet "incontournable" maintenant : L'Orgue mystique (composé par Tournemire entre 1927 et 1932).

    Pour rendre compte de ce cycle colossal et entrer dans tous ses détails, un livre entier serait peut-être nécessaire ()...

    Plus simplement, selon Robert Sutherland Lord, l'oeuvre consiste en "cinquante-et-une suites, chacune prévue pour chaque dimanche et jour de fête de l'année liturgique catholique", et représente "le premier vrai cycle monumental de musique d'orgue liturgique jamais composé" (c'est "en un certain sens une merveilleuse interprétation musico-mystique de la liturgie sacrée").

    Olivier Messiaen, pour sa part, dans un article paru en mai 1938 dans la revue Syrinx (je n'en reproduis que la première partie), a décrit L'Orgue mystique de la façon suivante :

    "«Cinquante-et-un des offices de l'année liturgique, inspirés du chant grégorien et librement paraphrasés». Ces quelques mots, inscrits par Charles Tournemire en tête de son Orgue mystique, nous en indiquent l'esprit, le but. Œuvre religieuse et vivante comme le plain-chant qui en est la source, faite pour illustrer, commenter le drame de l'année liturgique, avec ses teintes à chaque mystère, à chaque fête du Christ. Œuvre pour orgue, l'instrument par excellence de l'alléluia et de la prière, œuvre monumentale comprenant 51 offices divisés chacun en 5 pièces : Prélude à l'Introït, Offertoire, Elévation, Communion, Pièce terminale.

    Ces cinq pièces ont une forme précise. La première (Prélude à l'Introït) est toujours très courte. Elle harmonise invariablement le texte musical de l'Introït. A citer : celle de l'«Assomption», un modèle de poésie modale, avec un effet délicieux de «faux nasard».

    La deuxième pièce (Offertoire) est plus développée. Elle aussi commente le texte musical et littéraire de l'Offertoire propre à chaque dimanche ou fête. A citer : celles de l'«Epiphanie» (mystérieuse comme l'étoile des Rois Mages), du 4ème dimanche après Pâques (joyeuses guirlandes, lointain solo de bourdon), de l'«Ascension» (phrase plain-chantesque noblement dialoguée sur les trompettes, car «le Seigneur s'élève au son de la trompette angélique»), de la «Pentecôte» (mode hypermajeur), du 8ème dimanche après la Pentecôte (guirlandes de tierces, notes de passage aériennes), de l'«Assomption» (procession lente, arrêts et chants lointains, bourrés de flûtes et solos de nasard, atmosphère très spéciale où les accords du 1er tableau de Pelléas, les modes grégoriens et certaines dissonances plus ou moins polytonales se fondent en un tissu harmonique d'une exquise nouveauté).

    Les troisième et quatrième pièces (Elévation, Communion), sont très courtes. Toujours recherchées de registration, d'une grande finesse d'écriture. A citer : les communions de la «Septuagésime» (sombre, en esprit de pénitence), de la «Pentecôte» (pure comme une aile d'ange), de la «Fête du Saint-Sacrement» (extase, amour mystique, emploi remarquable des octaves graves), enfin les élévation et communion pour l'«Assomption» qui reste l'un des meilleurs offices de l'Orgue mystique.

    La pièce terminale est le triomphe de l'art tournemiresque. Elle est toujours très longue, et résume les idées religieuses importantes de chaque fête, en paraphrasant les textes des «séquences», «hymnes» ou «alléluias» propres.

    Château intérieur des sentiments et grâces correspondant à chaque mystère, vitrail sonore où le fortissimo de l'orgue déploie ses splendeurs et prolonge le temps, la liberté rhapsodique de sa forme qui semble défier toute analyse, est cependant soigneusement agencée, édifiée. La fantaisie immatérielle de ses rythmes, la somptuosité de ses harmonies, les reflets changeants de ses modes caméléonesques, les pierres précieuses de ses mixtures, et surtout la joyeuse et suave fantaisie de ses mélodies alléluiatiques qui semblent percer la matière avec la subtilité d'un corps glorieux, en font une merveille d'art mi-gothique, mi-ultra moderne, de la plus éblouissante originalité. (...)"


    A ce jour, sauf erreur, il n'existe qu'une intégrale de L'Orgue mystique, celle réalisée pour le label Accord par Georges Delvallée ("premier enregistrement mondial"). D'une durée totale de 13 heures et 48 minutes, elle se répartit sur quatre coffrets de trois disques, avec pour sous-titres, respectivement : "Le cycle de Noël" Op. 55 (juin 1995 - aux grandes orgues Cavaillé-Coll de la Cathédrale Sainte-Croix d'Orléans), "Le cycle de Pâques" Op. 56 (octobre 1996 - aux grandes orgues Cavaillé-Coll de Saint-Ouen de Rouen), "Le cycle après la Pentecôte" Op. 57 première partie (novembre 1997 - aux grandes orgues Cavaillé-Coll de la Basilique Saint-Sernin de Toulouse) et "Le cycle après la Pentecôte" Op. 57 deuxième partie (octobre 1999 - aux grandes orgues de Notre-Dame La Dalbade de Toulouse).

    Ces coffrets, du moins ceux que je possède, se présentent ainsi :






    Enfin, quelques extraits de cette intégrale figurent sur Youtube. Ce qui permet de s'en faire une (toute petite) idée. En voici deux :

    YouTube - TOURNEMIRE Grave Fugue Postlude[/URL]

    YouTube - TOURNEMIRE=Triptyque[/URL]


    Jacques

  12. #12
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    Je viens de m'apercevoir que j'ai gravement sous-estimé la durée totale de l'intégrale enregistrée par Delvallée (erreur d'addition ) : ce n'est pas 13 heures et 48 minutes, mais un peu plus de 14 heures et 41 minutes ().

    Mais bon... Il est fort peu probable qu'un auditeur, même le plus boulimique des amateurs d'orgue en général et de cette musique en particulier, souhaite jamais tout écouter à la suite (encore que ... je connais, par exemple, des "dingues" du Ring qui... ). De sorte que cette information n'était peut-être pas d'une importance capitale.

    J'en profite pour ajouter que la qualité des enregistrements, sans atteindre la quasi perfection sonore des disques Messiaen réalisés il y a presque 40 ans par Louis Thiry pour le label Caliope, me paraît tout à fait remarquable. Quant à l'interprétation et aux instruments utilisés, je n'y trouve rien à redire (mais je ne suis pas un spécialiste de l'orgue et, la concurrence faisant pour l'instant défaut dans ce répertoire, ne puis établir de comparaison).

    Jacques

  13. #13
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    Quelle magnifique présentation , merci Jacques (ainsi que Marcelo)



    Je ne sais si SM est toujours à la mode, mais en tout cas, en ce qui me concerne, si je voyais apparaître sur l'un ou l'autre de vos comptes une symphonie de Tournemire, j'essaierais de ne pas passer à côté, n'ayant jamais rien entendu de lui ...

  14. #14
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    Quote Originally Posted by Philippe View Post
    Quelle magnifique présentation , merci Jacques (ainsi que Marcelo)



    Je ne sais si SM est toujours à la mode, mais en tout cas, en ce qui me concerne, si je voyais apparaître sur l'un ou l'autre de vos comptes une symphonie de Tournemire, j'essaierais de ne pas passer à côté, n'ayant jamais rien entendu de lui ...
    Je suis preneur aussi ! Mais je crois que SM est mieux configuré pour l'orchestre que pour l'orgue...


  15. #15
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    Bonsoir Philippe et Thierry .

    En ce qui me concerne, SM est toujours à la mode ... J'oublie toutefois souvent, depuis quelque temps, de m'y connecter manuellement après avoir allumé mon ordinateur (j'ai en effet dû supprimer récemment l'ouverture de SM "au démarrage", car non seulement la connexion automatique ne s'établissait plus qu'une fois sur cinq environ, pour des raisons qui m'échappent, mais quand elle ne se faisait pas je ne pouvais alors même plus ouvrir le logiciel manuellement). Mais ce n'est pas bien grave, juste un nouveau réflexe à acquérir.

    Cela dit, c'est bien volontiers que je mettrai sur mon compte une symphonie de Tournemire (sans garantir que ce soit "le coup de foudre" pour qui l'entendra pour la première fois, car la musique de ce compositeur, il me semble, n'est pas du genre à se laisser "apprivoiser" du premier coup).

    A ce sujet, je pense que je vais suivre les bons conseils de Marcelo et mettre en ligne la Cinquième Symphonie (qu'on la qualifie d' "alpestre" ou pas ).

    Je mettrai peut-être aussi la Sixième Symphonie pour ténor, choeur, orgue et orchestre (qui n'est toutefois pas d'un abord facile, à mon avis, et en rien "tape-à-l'oreille"), ainsi que le tout premier office de L'Orgue mystique, tiré du "Cycle de Noël" (et tant pis si SM n'est pas très bien configuré pour l'orgue ).

    J'ajouterai un message à ce fil quand ce sera fait (mais sans doute pas ce soir, car il est tard et ça prendra du temps).

    Bonne fin de soirée, et bonne semaine !

    Jacques

  16. #16
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    Voilà que SM me joue des tours (et semble préférer l'orgue à la musique symphonique ) !

    Il y a quelques heures, j'ai ajouté à ma bibliothèque iTunes (après avoir téléchargé la dernière version du logiciel, y ayant été "invité") : 1/ le Premier Office de L'Orgue mystique [5 fichiers]; 2/ les trois mouvements de la Cinquième Symphonie [3 fichiers]; 3/les deux parties de la Sixième Symphonie [2 fichiers]; 4/ les cinq parties de la Septième Symphonie [5 fichiers].

    Or, SM s'obstine à ne pas vouloir partager (prendre en compte) les mouvements 1 et 3 de la Cinquième et les parties 1 à 4 de la Septième (ce que je constate en me connectant ensuite sur "moi-même") ... J'ai pourtant redémarré quatre fois mon ordinateur, puis SM ...

    Il est vrai que j'ai souvent constaté, par le passé, que certains morceaux nouvellement ajoutés à ma bibliothèque iTunes mettaient du temps à figurer dans le partage. Mais cette fois-ci, ça me paraît vraiment très long, sinon désespéré... Et pourquoi cette "discrimination" entre les dossiers ajoutés, pourtant tous de même nature, certains étant immédiatement partagés (pris en compte par SM), d'autres pas ? Mystère insondable de l'informatique ...

    En conséquence, pour le moment et en attendant une meilleure coordination entre ma bibliothèque iTunes et SM, je ne puis offrir en entier (partager) que la Sixième Symphonie et le Premier Office de L'Orgue mystique.

    Désolé ...

    Jacques

  17. #17
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    Jacques, je suis occupé depuis tout à l'heure à écouter les ... comment dire ? les "extraits symphoniques" figurant sur votre compte SM, c'est tout à fait fascinant
    Le I de la symphonie 5 en particulier, très accrocheur ; la 6, plus massive, mais quelles envolées !!!
    J'essaie de trouver à quoi ça ressemble ... mais je ne trouve aucune réponse satisfaisante. En tout cas ça donne envie de découvrir plus avant ; vos conseils discographiques (à vous et à Marcelo) me seront précieux

  18. #18
    Pour la 6ème les choeurs homophoniques me font penser aux oeuvres orchestrales de Fauré.

  19. #19
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    Bonjour Philippe . Bonjour Erwan .

    Je signale tout d'abord que j'ai trouvé une explication - et une solution - aux problèmes techniques rencontrés hier : quand un morceau est extrait d'un disque (ce que je fais avec "Windows Media Player"), il faut éviter de changer le nom du fichier qui en résulte (même s'il paraît fantaisiste ou mal adapté) avant de l'incorporer dans la bibliothèque (j'utilise iTunes). Ce n'est qu'ensuite qu'on peut lui donner toutes les mentions souhaitées (sur iTunes : "click droit" de la souris, puis "Obtenir des informations", puis tableau figurant sous le feuillet "Infos", qui peut être corrigé et complété à loisir).

    J'ai en donc tenu compte, et figurent désormais dans ma liste, au complet (j'ai pour l'instant renoncé à la Septième Symphonie) :

    - la Cinquième Symphonie en fa mineur Op. 47 [1913/14], dite "Alpestre" [désignation non-officielle], en trois mouvements ("Choral varié, "Pastorale" et "Vers la lumière"), par l'Orchestre Symphonique de Moscou dirigé par Antonio de Almeida (enregistrement Naxos de 1994);

    - la Sixième Symphonie pour ténor, choeur, orgue et orchestre Op. 48 [1917/18], en deux parties, par l'Orchestre Philharmonique de Liège et de la Communauté Française, le Choeur Symphonique de Namur et de la Communauté Française, le Choeur Polyphonia de Bruxelles [direction : Denis Menier], Daniel Galvez-Gallero [ténor] et Luc Ponet [organiste], dirigés par Pierre Bartholomée (enregistrement Auvidis Valois de 1995);

    - l'Office pour le 3ème Dimanche de l'Avent [1927], le tout premier des 51 offices que comporte L'Orgue mystique, en cinq parties [cf., au post 11, les explications de Messiaen], par Georges Delvallée aux grandes orgues Cavaillé-Coll de la Cathédrale Sainte-Croix d'Orléans (enregistrement Accord de juin 1995); NB : cette suite brève, aux lignes simples et aux discrètes harmonies, qui évoluent sans aucun effet virtuose dans un climat recueilli et méditatif, est la porte par laquelle, en principe, on aborde le "monument"; si le charme opère, l'auditeur sera comblé par bien d'autres aspects que lui réserve le reste de l'énorme cycle.

    Dire de manière satisfaisante à quoi ressemblent ces deux symphonies (il en va d'ailleurs de même des Septième et Huitième, contrairement aux quatre premières qui se rattachent encore plus ou moins nettement au "modèle franckiste") m'est bien difficile - sinon impossible - aussi. Certains qualifient Tournemire de "Mahler français" (il s'était en tout cas beaucoup intéressé à l'oeuvre du grand compositeur autrichien), ce qui peut constituer une "piste"; mais ce n'en est qu'une parmi d'autres...

    Cela dit, je partage vos impressions .

    Quant à la musique d'orgue, aux harmonies subtiles qu'elle recèle (Tournemire eut même parfois recours à certains modes hindous), au climat envoûtant qui s'en dégage, il n'est guère surprenant, je crois, que Messiaen s'y soit intéressé de très près ()...

    Jacques

  20. #20
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    Je viens d'écouter la symphonie n°5 sur le compte SM de Jacques ! Il s'agit d'une découverte... J'ai entendu une musique qui ne commence ni ne finit, avec quelques lourdeurs toutes germaniques ! Une orchestrations, parfois, très chouette qui fait tendre l'oreille ! Sans faire une fixation sur le titre ( important de vérifier ses fixations avant de partir en montagne je précise ! ) je n'y est rien entendu de bien évocateur..Pour le coup je reconnais que le père Garmisch est meilleur montagnard ! Après s'il y a des subtilités mystico-pastorales là je ne suis pas sorti de l'auberge, pardon, du refuge !
    Bon c'est juste une première impression... je vais réécouter à l'occasion !

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