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Gustav Mahler
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Thread: Gustav Mahler

  1. #1
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    Gustav Mahler

    C'est sans doute très téméraire de ma part d'ouvrir sur Mahler un fil général et, ce faisant, d'empiéter sur d'autres discussions ouvertes il y a peu et portant, bien plus raisonnablement, sur une seule de ses symphonies à la fois. Car "qui trop embrasse mal étreint" ().

    Et pourtant... Cette année marque le 150ème anniversaire de la naissance de Gustav Mahler (1860-1911) et un tel prétexte, finalement, en valait bien un autre. Cette discussion sera aussi l'occasion de traiter, sans trop de "dispersions", de certaines oeuvres (des cycles pour voix et orchestre) qui, peut-être, n'auraient pas fait l'objet d'un sujet spécial avant longtemps.

    Cela dit, je possédais déjà quantité d'enregistements des symphonies de Mahler (cela va de Klemperer à Boulez, en passant par Szell, Kubelick, Ančerl, Neumann, Solti, Tennstedt, von Karajan, Haitink, Abbado, Chailly, etc.), mais aucune intégrale (pour une fois, je m'y étais toujours refusé). Et voilà que je suis tombé cet après-midi même sur le coffret de 11 disques dont je montre les deux faces ci-dessous (en grand pour qu'elles soient bien lisibles), vendu à prix modéré et auquel, pour des raisons personnelles (une sorte de "coup de coeur" ), je n'ai pas pu résister :





    Ces enregistrements, je crois, sont assez typiques de Bernstein, qui prend tout "à bras-le-corps", avec passion, avec excès. Mais c'est parfois génial, et aussi très proche de l'idée (juste ou fausse) que j'ai fini par me faire de cette musique.

    Du texte succinct (rédigé par Nick Kimberley) figurant sur le livret joint au coffret, je reproduis ces cinq paragraphes, les quatre premiers pris au début, le cinquième tout à la fin :

    "À la mort de Gustav Mahler à Vienne en 1911, l'influent critique Henry Krehbiel écrivit dans le New York Tribune : «On ne voit pas comment sa musique pourrait lui survivre longtemps. Il n'y a pas de place pour elle entre l'ancienne et la nouvelle école». Mahler avait passé une bonne partie de ses dernières années à New York, où, entre 1908 et 1911, il dirigea le Metropolitan Opera et l'Orchestre Philharmonique de New York. C'est ainsi qu'il fit découvrir à la ville sa propre musique, et toutes les réactions ne furent pas positives. Le jugement mesquin de Krehbiel était caractéristique des opposants systématiques.

    Pourtant, en un sens, Krehbiel avait raison. Pendant de nombreuses années après la mort de Mahler, sa musique resta sinon complètement enfouie, du moins bien cachée. Certes, il y en avait qui œuvraient à la maintenir en vie, notamment le chef allemand Bruno Walter, qui avait été étroitement associé à Mahler; mais il fallut un chef d'orchestre américain pour imposer l'idée que Mahler méritait sans consteste une place au cœur de la vie musicale classique.

    Cet homme était Leonard Bernstein. Il interpréta la musique de Mahler tel un disciple dont la mission était de transmettre le message laissé par le compositeur. Comme il le dit lors d'une des conférences Norton qu'il prononça à la Harvard University en 1973, l'étude de la Neuvième Symphonie de Mahler (la dernière qu'il ait achevée) lui avait montré que «notre siècle est le siècle de la mort (...) et Mahler est son prophète musical». Pour Bernstein, interpréter Mahler ne consistait pas simplement à garantir que les notes tombent bien là où il faut; il s'agissait de communiquer quelque chose d'une importance cruciale, quelque chose que le monde n'était pas prêt à comprendre auparavant.

    Bernstein dirigea pour la première fois Mahler à New York en 1947, et le critique Irving Kolodin réagit alors à l'interprétation que le New York Philharmonic donna de la Deuxième Symphonie («Résurrection») en des termes qui rappelaient Krehbiel : la symphonie, dit Kolodin, était «le brouhaha le plus pédant et le plus vide jamais conçu». Il y avait manifestement du travail à accomplir pour rendre Mahler compréhensible, et pas seulement aux États-Unis : quand Bernstein dirigea la Troisième et la Cinquième Symphonie à Vienne en 1972, c'était la première fois que le Philharmonique de Vienne jouait ces œuvres depuis l'Anschluss de 1938. Plusieurs des autres symphonies étaient tout aussi méconnues des instrumentistes; Bernstein les réintroduisit dans la vie musicale viennoise, qu'elles n'ont pas quittée depuis lors.

    (...)

    Toutes les interprétations préservent le caractère instable et le sens du risque qui imprégnaient le Mahler de Bernstein. Pour certains, les interprétations de ce genre, qui mettent les sentiments à nu, étaient outrancières; pour d'autres, elles incarnaient l'authentique esprit mahlérien, auquel Bernstein se sentait uni par un lien direct. Quant il parlait de Mahler, il révélait en général un peu de lui-même, alors laissons les derniers mots, aussi pertinents qu'immodérés, à Bernstein : «Fondamentalement, bien sûr, toute la musique de Mahler nous parle de Mahler - ce qui veut dire simplement qu'elle nous parle d'un conflit. Songez à tout ceci : Mahler le créateur opposé à Mahler l'interprète, le juif opposé au chrétien, le croyant opposé au sceptique, le naïf opposé au raffiné, le Bohémien de province opposé à l'homme du monde viennois, le philosophe faustien opposé au mystique oriental, le symphoniste lyrique qui n'écrivit jamais d'opéra. Mais, pour l'essentiel, c'est entre l'homme occidental de ce tournant du siècle et la vie spirituelle que la bataille fait rage. De cette opposition naît la liste interminable des antithèses - tout le Yang et le Yin - qui habitent la musique de Mahler»."

    Je termine sur ces trois vidéos montrant le grand chef américain à la tête du Wiener Philharmoniker dans le premier mouvement de la Neuvième Symphonie :

    YouTube - Mahler: Symphony No. 9: Mov. 1 - Part 1 of 3[/URL]

    YouTube - Mahler: Symphony No. 9: Mov. 1 - Part 2 of 3[/URL]

    YouTube - Mahler: Symphony No. 9: Mov. 1 - Part 3 of 3[/URL]


    Jacques

  2. #2
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    J'ai décidé de commencer à m'intéresser un peu plus sérieusement à Mahler (jusqu'à présent j'avais quelques réticences à m'immerger complètement dans son univers qui, vu de l'extérieur parait tout de même un peu "particulier" et "engluant").
    Je lis avec intérêt les fils sur les différentes symphonies présents sur ce forum. Pour avancer dans mon initiation, je tiens compte des avis des uns et des autres, surtout que certains ont l'air de vraiment bien connaître cette musique.

    Premières impressions d'un néophyte; les symphonies 4, 6, 2 et 1 paraissent les plus accessibles. Par contre la 7 ne m'accroche pas trop pour l'instant.

    Mes premiers disques?
    Le mouvement final de la 9ème par Klemperer me parait un must absolu pour l'émotion vraiment étreignante, (et le couplage avec Siegfried Idyll et les sublimes métamorphoses de Richard Strauss). J'ai plus de mal avec les deux mouvements centraux.
    J'ai choisi le chant de la terre par Fritz Reiner après des écoutes comparées
    J'ai la cinquième par Karajan (je sais... mais pour un début c'est peut-être plus facile)
    J'ai commandé la 6ème par Abbado Berlin parce que le lyrisme de leur mouvement lent m'a vraiment fait complètement craquer.
    J'ai en projet d'acheter la seconde par Ozawa.

    Je vous tiendrai au courant de mes premières impressions de voyage dans ce continent encore très méconnu de moi.

  3. #3
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    Oula ! ouvrir un fil généraliste sur Mahler, c'est un peu comme s'attaquer au K2 (Mais bon, certains l'ont fait )
    Lorsque sur Abm s'était ouvert "le" fil intitulé "Vos 3 compositeurs favoris", j'avais cité (cherchant volontairement à citer des époques et des esthétiques foncièrement éloignées) Bach, Mahler et Feldman.

    Maintenant j'écoute un peu moins souvent Mahler (en général et aussi un peu moins toutes proportions gardées que les deux autres) - mais il a marqué ma vie d'amateur de musique (j'insiste bien sur le terme amateur) ; la 1ère (que j'ai découverte par Ancerl), la 9e (par Giulini) et le Chant de la Terre (toutes versions confondues) sont des monuments incroyables de fascination, d'intelligence créatrice, d'intériorité. Ces oeuvres en particulier me touchent profondément, au point qu'il m'est difficile d'en parler

  4. #4
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    Quote Originally Posted by Alfredo View Post
    Je vous tiendrai au courant de mes premières impressions de voyage dans ce continent encore très méconnu de moi.
    Bonsoir Alfredo . Bonsoir Philippe .

    Il m'a fallu quant à moi de nombreuses années et les efforts acharnés d'une amie inconditionnelle de Mahler (elle était allée jusqu'à Vienne à seule fin de se recueillir longuement - et de verser quelques larmes - sur la tombe du compositeur) avant que je comprenne quoi que ce soit audit continent. Et c'est finalement la découverte des Symphonies Nos 6 et 9 qui m'a ouvert le premier véritable "chemin" .

    C'est sans doute la raison pour laquelle ce sont ces deux symphonies dont j'ai le plus grand nombre de versions. Pour la Sixième, je viens de retrouver dans ma collection celles de Solti (Chicago Symphony orchestra - 1970), de Szell (Cleveland Orchestra - 1972), d'Inbal (Radio-Sinfonie-Orchester Frankfurt - 1986), de Boulez (Wiener Philharmoniker - 1995) et de Mackerras (BBC Philharmonic - 2002), et pour la Neuvième celles d'Ančerl (Philharmonie Tchèque - 1966), de von Karajan (Berliner Philharmoniker - 1982), de Masur (New York Philharmonic - 1995) et d'Abbado (Berliner Philharmoniker - 2002). Je crois d'ailleurs avoir encore d'autres versions de ces deux symphonies mais ne les ai pas encore retrouvées ()...

    J'ai bien sûr aussi diverses versions des autres symphonies (notamment un enregistrement Klemperer de la Deuxième remontant à 1961 et que je n'ai plus écouté depuis des lustres), mais sans faire sur elles la même "fixation".

    Quant à Das Lied von der Erde, l'abondance est telle () que j'ai un peu de peine à m'y retrouver pour l'instant. Rien ne presse, toutefois, et j'en reparlerai probablement à une autre occasion.

    Jacques

  5. #5
    Bon, je suis assez peu initié à ce compositeur!

    J'adore réellement ses trois premières symphonies, la cinquième également. Je n'ai jamais écouté les autres. J'ai également écouté le chant de la terre, et je n'ai pas du tout aimé. Peut-être l'enregistrement des années 30 qui fait ça ^^

  6. #6
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    Quote Originally Posted by Amitiou View Post
    J'ai également écouté le chant de la terre, et je n'ai pas du tout aimé. Peut-être l'enregistrement des années 30 qui fait ça ^^
    Je suppose ...

    Fort heureusement, il existe beaucoup d'autres enregistrements du Chant de la Terre, plus récents. À commencer, bien qu'elle soit en mono [1952], par la "légendaire" version Bruno Walter / Kathleen Ferrier (contralto).

    Je reviens un moment sur la Neuvième Symphonie, en montrant ci-dessous ses extraordinaires mesures initiales. C'est "Ewig... ewig..." (extrême fin de Das Lied von der Erde) qui réapparaît, en un "adieu à la vie" tantôt serein, tantôt déchirant.




    Deux importants jalons de la discographie de l'oeuvre (aussi différents qu'étaient les chefs qui dirigent, si j'ose dire, mais néanmoins "incontournables" l'un et l'autre, à mon humble avis) :



    Mon amie disait que chaque fois qu'elle avait écouté la Neuvième de Mahler, elle était "à ramasser avec une petite cuillère" (d'où les plaisanteries qu'on peut imaginer, et le "debussyste" que j'étais - et que je suis toujours - ne s'en est pas privé, à l'époque ).

    La qualité sonore de la version von Karajan [1982] est évidemment "superlative". Mais ce qui m'a frappé, en réécoutant ce matin celle d'Ančerl [1966], c'est une prise de son excellente elle aussi (l'enregistrement est en tout cas très clair et détaillé).

    Jacques

  7. #7
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    Quote Originally Posted by Amitiou View Post
    Bon, je suis assez peu initié à ce compositeur!

    J'adore réellement ses trois premières symphonies, la cinquième également. Je n'ai jamais écouté les autres. J'ai également écouté le chant de la terre, et je n'ai pas du tout aimé. Peut-être l'enregistrement des années 30 qui fait ça ^^
    Quelle version ?

  8. #8
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    Deux importants jalons de la discographie de l'oeuvre (aussi différents qu'étaient les chefs qui dirigent, si j'ose dire, mais néanmoins "incontournables" l'un et l'autre, à mon humble avis) :



    Mon amie disait que chaque fois qu'elle avait écouté la Neuvième de Mahler, elle était "à ramasser avec une petite cuillère" (d'où les plaisanteries qu'on peut imaginer, et le "debussyste" que j'étais - et que je suis toujours - ne s'en est pas privé, à l'époque ).

    La qualité sonore de la version von Karajan [1982] est évidemment "superlative". Mais ce qui m'a frappé, en réécoutant ce matin celle d'Ančerl [1966], c'est une prise de son excellente elle aussi (l'enregistrement est en tout cas très clair et détaillé).

    Jacques
    Pour la 9e Ančerl bien entendu. Concernant Karajan, ben........ c'est du Karajan et ce n'est toujours pas mon truc.
    Il me semble que quelqu'un a cité Giulini (le meilleur 2e mvt à mon avis) enregistrement superbe (peut-être d'ailleurs le plus récompensé de l'histoire du disque !).
    Mais il ne faut pas oublier Klemperer (un 3e mvt à pleurer).
    Je rajouterais Neumann/Leipzig association magique des années 60 (la 6e !), et Gielen. Sinon il y a aussi Walter, Boulez.... Je vais réécouter Bernstein (DG), peut-être que mon avis va changer.
    Ha j'allais oublier ce live extraordinaire (surtout pour I & IV) de Maderna et la Rai de Turin que j'avais découvert sur France Musique : ce fut pour moi le déclic qui m'a fait entrer dans cette symphonie.

  9. #9
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    Il y a une vingtaine d'années, Abbado avait débuté pour DG un cycle Mahler avec le Berliner Philharmoniker et le Wiener Philharmoniker dont les enregistrements sont ensuite sortis plus ou moins régulièrement. Et si je me souviens bien, une partie de la critique, avec à sa tête Henry-Louis de La Grange (grande autorité en la matière et auteur sur Mahler de quatre volumes colossaux -- j'en possède le troisième), s'acharnait à descendre en flammes chacune de ces réalisations, en tout cas s'agissant des premières, au fur et à mesure de leur parution (avec parfois des notes du genre "3/10", qui me navraient vu mon admiration pour ce chef).

    Mais les choses semblent s'être considérablement améliorées vers la fin, que ces changements soient le fait de la critique (dont on sait qu'elle peut beaucoup varier avec le temps) ou d'Abbado lui-même (qui serait "enfin" devenu un excellent mahlérien).

    Toujours est-il que je viens de réécouter cette version live de la Neuvième Symphonie, enregistrée à Berlin en septembre 1999, et que je la rangerais pour ma part volontiers parmi les très bonnes :




    Jacques

  10. #10
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    Abbado dans Mahler. Ses premiers enregistrements ne m'ont jamais plu. La 3e est pour moi ratée, la 7e a un final à côté de la plaque (dommage car le reste n'est pas si mal) et pour la 4e le 3e mvt est deux fois trop lent (m'enfin certains adorent).
    J'ai constaté également que la critique avait évoluée et qu'il est maintenant très bien noté par la critique pour ses derniers enregistrements de Mahler (j'entends en effet beaucoup de bien de sa 9e). Pour ma part je reste réservé, mais je vais pouvoir écouter ses lives prochainement, je vous raconterai.

  11. #11
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    Quelques photos tirées - sauf la dernière - du volume III de l'ouvrage de Henry-Louis de La Grange (la pierre tombale, au cimetière de Grinzing près de Vienne, est l'oeuvre du célèbre architecte autrichien Josef Hoffmann) :






    Jacques

  12. #12
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    Comme dirait l'autre " les meilleures sont les plus courtes"

    Ce n'est pas une blague de Mahler (quoique....), mais plutôt une oeuvre de jeunesse datée de 1877 ou 1876, son Mouvement pour quatuor avec piano et cordes que j'ai découvert dans cette version il y a 25 ans:



    Avec Christian Ivaldi (piano), Sylvie Gazeau (violon), Gérard Caussé (alto) et Alain Meunier (violoncelle) : la "dream team" de la "french chamber music" des eighties !! Le tout sponsorisé par un célèbre cigarettier. France 3 avait également diffusé un documentaire sur le "making of" de ce disque. Le CD et le documentaire feraient une belle réédition, allez Warner, allez Warner, un petit effort

    Vous trouverez ci-dessous d'autres versions commercialisées :

    http://www.prestoclassical.co.uk/w/3...ent-in-A-minor

    A noter que les Prazak ou Kremer & Co se sont penchés sur cette très belle oeuvre

  13. #13
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    Quote Originally Posted by hideux67 View Post
    Comme dirait l'autre " les meilleures sont les plus courtes"

    Ce n'est pas une blague de Mahler (quoique....), mais plutôt une oeuvre de jeunesse datée de 1877 ou 1876, son Mouvement pour quatuor avec piano et cordes
    Quand Philippe a comparé l'ouverture d'un fil généraliste sur Mahler à une folle tentative d'escalader le K2 (), je me suis dit : "Oops ! Il a tout à fait raison... Mais du moins n'y aura-t-il à débattre ni de musique de chambre, ni d'oeuvres pour piano seul (ce qui limitera un peu les dégâts)". Et voilà que, sur le premier point en tout cas, j'apprends que j'étais dans l'erreur () !

    Plus sérieusement, Marcelo , c'est pour moi une excellente nouvelle (la surprise du jour). Car j'ignorais totalement l'existence de ce Mouvement pour quatuor avec piano et cordes, qui maintenant éveille ma curiosité. Je vais donc faire en sorte de découvrir cette oeuvre de jeunesse à la plus prochaine occasion . J'ai bien dans ma collection tout un recueil de Lieder que Mahler composa pour voix et piano (un disque du label Hyperion avec Stephan Genz, baryton, et Roger Vignoles, piano), mais c'est quand même moins original...

    Jacques

  14. #14
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    J'aime bien ce mouvement de quatuor que j'ai entendu une fois fois dans la galerie des glaces de Shönbrunn ! (un souvenir impérissable d'autant que je n'avais même eu à payer mon billet !)
    Je vais sans doute dire une bêtise mais il me fais penser au 1e mvt du quatuor op25 de Brahms.

  15. #15
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    Je suppose ...

    Fort heureusement, il existe beaucoup d'autres enregistrements du Chant de la Terre, plus récents. À commencer, bien qu'elle soit en mono [1952], par la "légendaire" version Bruno Walter / Kathleen Ferrier (contralto).



    Jacques
    Bonjour Jacques,

    Je n'ai jamais pu supporter Kathleen Ferrier plus de trois minutes, allez savoir pourquoi, et particulièrement dans les Kindertotenlieder d'un pathos incroyablement artificiel (me rappelle les stridulations des chouettes); c'est dire si je ne porte pas cette version du Chant de la Terre dans mon coeur et lui préfère de très loin l'autre, celle de Klemperer, réalisée dans de difficiles conditions (euphémisme) avec Wunderlich et Ludwig. Quinze ans maintenant que je l'écoute, je n'ai pas éprouvé le besoin d'en trouver une autre et dans ce répertoire c'est rare.
    En fait, je pense qu'il y a deux écoles et deux héritages qui s'opposent chez Walter et Klemperer, héritages sur lesquels il y aurait beaucoup à dire; malheureusement, c'est lundi matin et je n'ai pas le temps de développer. J'espère revenir dessus.
    A bientôt,
    Vincent

  16. #16
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    Quote Originally Posted by Vincent H View Post
    Bonjour Jacques,

    Je n'ai jamais pu supporter Kathleen Ferrier plus de trois minutes, allez savoir pourquoi, et particulièrement dans les Kindertotenlieder d'un pathos incroyablement artificiel (me rappelle les stridulations des chouettes); c'est dire si je ne porte pas cette version du Chant de la Terre dans mon coeur et lui préfère de très loin l'autre, celle de Klemperer, réalisée dans de difficiles conditions (euphémisme) avec Wunderlich et Ludwig. Quinze ans maintenant que je l'écoute, je n'ai pas éprouvé le besoin d'en trouver une autre et dans ce répertoire c'est rare.
    En fait, je pense qu'il y a deux écoles et deux héritages qui s'opposent chez Walter et Klemperer, héritages sur lesquels il y aurait beaucoup à dire; malheureusement, c'est lundi matin et je n'ai pas le temps de développer. J'espère revenir dessus.
    A bientôt,
    Vincent
    D'habitude je préfère Klemperer à Walter dans Mahler (2e et 9e) mais dans le chant de la terre, je trouve Walter supérieur. La version Klemperer, c'est surtout pour l'Adieu qu'elle est importante, et Ludwig y est bouleversante. Ma version de chevet malgré l'âge et le live, est celle de Schuricht à Amsterdam en 1939, je trouve qu'elle est encore plus poignante. Il faudra que j'en parle à Philippe pour la play-liste.

  17. #17
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    Quote Originally Posted by Zimrilim View Post
    Ma version de chevet malgré l'âge et le live, est celle de Schuricht à Amsterdam en 1939, je trouve qu'elle est encore plus poignante. Il faudra que j'en parle à Philippe pour la play-liste.
    Ne l'avait-on pas déjà mise lors d'une des premières playlist, il y a bien longtemps ?

  18. #18
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    Et la version Fritz Reiner avec Maureen Forrester, vous n'aimez pas ? Moi je la préfère de loin à celle de Klemperer...

    Ce n'est pas courant de critiquer Kattleen Ferrier dans ce répertoire où elle est généralement considérée comme une référence incontournable.
    Moi c'est plutôt la sonorité du hautbois solo qui me gêne dans cette version Bruno Walter.

  19. #19
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    Quote Originally Posted by mah70 View Post
    Ne l'avait-on pas déjà mise lors d'une des premières playlist, il y a bien longtemps ?
    Absolument

    C'était sur le 2e ou la 3e que nous avions mise en ligne (en novembre 2008) ; à l'époque nous étions toujours chez Ovh, avec un espace disque très limité, et rien de cette époque n'a été conservé : on libérait chaque mois de l'espace pour le serveur. Bien entendu, tout cela peut se retrouver

    D'ailleurs comme certains l'ont peut-être vu, nous travaillons toujours sur ce projet - raison pour laquelle je me fais (encore) plus rare (que d'habitude) ici : ça prend un temps fou (mais le projet se profile et j'espère qu'une fois terminé - et "dévoilé" il constituera une agréable surprise pour tous certains (faut pas rêver )) et donc j'en profite de l'occasion qui m'est offerte par ce fil, pour poser la question de savoir - puisqu'il s'agit d'une sorte d' "initiation" au classique pour débutants ou néophytes, quelle version du Chant de la Terre vous semblerait la plus pertinente pour ce type de public et pourquoi : Walter ou Klemp ou autre évidemment (attention : au moins 50 ans d'âge ) merci

  20. #20
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    Quote Originally Posted by Alfredo View Post
    Et la version Fritz Reiner avec Maureen Forrester, vous n'aimez pas ? Moi je la préfère de loin à celle de Klemperer...

    Ce n'est pas courant de critiquer Kattleen Ferrier dans ce répertoire où elle est généralement considérée comme une référence incontournable.
    Moi c'est plutôt la sonorité du hautbois solo qui me gêne dans cette version Bruno Walter.
    Bjour Alfredo,

    Oui, je connais bien la version Reiner avec Forrester et c'est sans plus; si la cantatrice est effectivement excellente, je n'en dirais pas autant d'une direction qui pêche et évacue le détail au profit d'une maximalisation des effets (du Reiner, quoi, mais des mauvais jours). Il faut dire aussi que Klemperer est aidé par une prise de son stupéfiante et que la présence des musiciens est unique (on n'a jamais entendu un contrabasson chanter ainsi, on touche vraiment à l'essence mahlerienne, le compositeur insistant pour que tous les instruments chantent de façon égale). D'où mon emballement qui ne s'est jamais démenti.
    Pour Ferrier, il y a un terme qui convient tout à fait : overrated, je n'ai pas trouvé mieux. Mais le fait est que c'est insupportable à divers degrés: la voix d'abord, perpétuellement endormie, le style ensuite, avec ses phrases étirées à l'extrême, plombant tout le discours d'un rubato pompeux et rapidement gavant; le tempo est inexistant. Je veux bien que certains aiment mais de là à dire que c'est incontournable... J'ai plutôt la nette impression qu'on en parle de moins en moins et que cela finira par être oublié.
    Désolé si je choque quelqu'un...

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