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Thread: Paul Ben-Haim

  1. #1
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    Paul Ben-Haim

    Bonjour,

    Le label CPO se distingue une nouvelle fois en proposant 3 oeuvres importantes de Paul Ben-Haim (Paul Frankenburger, 5 Juillet 1897, Munich - 14 Janvier 1984, Tel-Aviv)

    - Symphony No. 1
    - Fanfare to Israel (Teruah Le'Israel)
    - Symphonische Metamorphosen über den Bach-Choral "Wer nur den lieben Gott lässt walten"

    NDR Radiophilharmonie Hannover
    Israel Yinon
    CPO 777417-2
    Enr. 6_8 juin 2008



    Les 2 premières oeuvres citées avaient déjà été enregistrées mais difficiles à trouver. Israel Yinon est un gage de qualité.
    Il faur espérer qu'il proposera bientôt la 2ème Symphonie bien que l'enregitrement live de l'American Symphony Orchestra dirigé par Leon Botstein soit de grande qualité.

    J'attends avec impatience l'enregistrement de l'oratorio "Joram" chez Oehms dont la première a eu lieu en 2008, 75 ans après son écriture. (derniers oeuvre écrite par Ben-Haim en Allemagne avant de fuir son pays pour la Palestine en 1933)

    Vous trouverez une discographie complète sur la page que je lui ai dédiée.
    http://www.musiques-regenerees.fr/Be...cographie.html

    Le livre de Jehoash Hirshberg réactualisé l'année dernière donne la liste complète des oeuvres du compositeur en annexe d'une remarquable biographie.

    Paul Ben-Haim : His Life and Works
    Jehoash Hirshberg
    Professor of Musicology at the University of Jerusalem
    Translated from the hebrew by Nathan Friedgut
    Israeli Music Publications, Jerusalem 1990 / 2010
    ISBN : 9-65259-002-9



    Claude Torres

  2. #2
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    Bonjour Claude .

    Je ne connais pour l'instant qu'une composition de Paul Ben-Haim : Sweet Psalmist of Israel (Le Chantre des Psaumes d'Israël), dans l'enregistrement déjà ancien (2 mai 1959) qu'en ont réalisé Leonard Bernstein et le New York Philharmonic.

    Composée en 1952/53 et évoquant la personnalité du roi David, c'est une oeuvre pour orchestre en trois parties (la dernière, plus longue, est divisée en deux plages sur mon enregistrement) avec deux instruments "obligés", un clavecin et une harpe. Je trouve cette musique magnifique.

    Avec le Service sacré d'Ernest Bloch et le Cantique des cantiques de Lukas Foss, elle figure sur ce double album qui fut pour moi une heureuse découverte (du Service sacré de Bloch, j'avais toutefois déjà la belle version de Geoffrey Simon chez Chandos) :



    Cela dit, ce premier contact avec l'oeuvre de Ben-Haim et les informations fournies au post précédent m'incitent à découvrir d'autres oeuvres de ce compositeur (sa discographie, sur votre site, est vraiment impressionnante ).

    Jacques

  3. #3
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    Bonjour Claude .

    Je ne connais pour l'instant qu'une composition de Paul Ben-Haim : Sweet Psalmist of Israel (Le Chantre des Psaumes d'Israël), dans l'enregistrement déjà ancien (2 mai 1959) qu'en ont réalisé Leonard Bernstein et le New York Philharmonic.

    Composée en 1952/53 et évoquant la personnalité du roi David, c'est une oeuvre pour orchestre en trois parties (la dernière, plus longue, est divisée en deux plages sur mon enregistrement) avec deux instruments "obligés", un clavecin et une harpe. Je trouve cette musique magnifique.

    Avec le Service sacré d'Ernest Bloch et le Cantique des cantiques de Lukas Foss, elle figure sur ce double album qui fut pour moi une heureuse découverte (du Service sacré de Bloch, j'avais toutefois déjà la belle version de Geoffrey Simon chez Chandos) :

    {img}

    Cela dit, ce premier contact avec l'oeuvre de Ben-Haim et les informations fournies au post précédent m'incitent à découvrir d'autres oeuvres de ce compositeur (sa discographie, sur votre site, est vraiment impressionnante ).

    Jacques
    Merci Jacques,

    Ce coffret par Bernstein est effectivement un petit bijou enregistré il y a maintenant plus de 50 ans sur un LP Columbia Masterworks.

    En complément je vous suggère un disque paru il y a peu



    Neos 10916
    avec les oeuvres suivantes :

    - Kabbalat Shabbat (Friday Evening Service) for cantor, soprano, choir and nine instruments (1966)

    - Lift up your heads for solo soprano and eight instruments (1961)

    - Sonata in G for solo violin (1951)

    - Three songs without words for viola and piano (1952)

    Voir les détails ICI

    Claude Torres

  4. #4
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    Je vous remercie à mon tour, Claude.

    Sur un site allemand de vente par correspondance, j'ai rapidement localisé le disque Neos 10916 que vous avez suggéré (oeuvres de Paul Ben-Haim récemment enregistrées). Et les quelques extraits que j'ai pu entendre m'ont convaincu de le commander au plus vite. Ce que je viens de faire .

    J'ai hâte de le recevoir.

    Jacques

  5. #5
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    J'ai maintenant reçu mon exemplaire du disque présenté par Claude au post 3.

    J'avais déjà des enregistrements du Service sacré [Avodath Hakodesh] (1933) d'Ernest Bloch et du Service sacré pour le samedi matin (1947) de Darius Milhaud, deux compositeurs aux styles très différents mais réunis pour l'occasion par une même profonde inspiration religieuse ("C'est une oeuvre d'amour, la voix d'un être communiquant avec son créateur, et c'est cela que je ressens quand j'entends le Service sacré pour le samedi matin", aurait dit Madeleine Milhaud, veuve de Darius, dans un entretien qu'elle donna peu avant le premier enregistrement complet de cette oeuvre de son mari, en octobre 2000, par le label Naxos). Et on ne peut que s'émerveiller des beautés que recèlent de telles musiques.

    L'écoute du Service pour le vendredi soir [Kabbalat Shabbat] (1966) de Paul Ben-Haim n'a fait que confirmer mon sentiment à propos de compositions de cette nature : l'oeuvre est également magnifique et mérite absolument d'être connue.

    Quant aux autres compositions enregistrées, elles sont à mon avis tout aussi remarquables.

    C'est donc sans réserve que je me permets de recommander ce disque, qui se distingue en outre par une prise de son "SACD compatible" d'une clarté et d'une présence peu communes ().

    Jacques

  6. #6
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    J'ai maintenant reçu mon exemplaire du disque présenté par Claude au post 3.

    J'avais déjà des enregistrements du Service sacré [Avodath Hakodesh] d'Ernest Bloch (1933) et du Service sacré pour le samedi matin de Darius Milhaud (1947), deux compositeurs aux styles très différents mais réunis pour l'occasion par une même profonde inspiration religieuse ("C'est une oeuvre d'amour, la voix d'un être communiquant avec son créateur, et c'est cela que je ressens quand j'entends le Service sacré pour le samedi matin", aurait dit Madeleine Milhaud, veuve de Darius, dans un entretien qu'elle donna peu avant le premier enregistrement complet de cette oeuvre de son mari, en octobre 2000, par le label Naxos). Et on ne peut que s'émerveiller des beautés que recèlent de telles musiques.

    L'écoute du Service pour le vendredi soir [Kabbalat Shabbat] (1966) de Paul Ben-Haim n'a fait que confirmer mon sentiment à propos de compositions de cette nature : l'oeuvre est également magnifique et mérite absolument d'être connue.

    Quant aux autres compositions enregistrées, elles sont à mon avis tout aussi remarquables.

    C'est donc sans réserve que je me permets de recommander ce disque, qui se distingue en outre par une prise de son "SACD compatible" d'une clarté et d'une présence peu communes ().

    Jacques

    Je suis heureux de vous avoir fait connaître ce disque.

    Il faudra que je me procure l'ancien "Union Prayer Book" aux USA (je ne l'ai pas trouvé en France) car la liturgie mise en musique par Ben-Haim, Bloch, et même Milhaud suit le texte de ce Livre édité par l'Union Libérale des Rabbins Américains. (Il est en cours de refonte)

    Les textes utilisés ne sont pas dans le même ordre que ceux utilisés dans les communautés traditionnelles en France. Par exemple dans le "Kabbalat Shabbat" de Ben-Haim, certains textes sont ceux utilisés le Samedi Matin.

    Milhaud a également écrit une liturgie simplifiée pour le Vendredi Soir
    "Service pour la Veille du Chabbat, pour choeur d'enfants et orgue, Op. 345" qui a été enregistré en 1994

    Het Nationaal Kinderkoor
    Silvère van Lieshout (direction)
    Aart Bergwerff (orgue)
    Windowpanes
    CD Erasmus WVH133







    ainsi que
    "Prières complémentaires pour le Vendredi soir pour Cantor, Récitant, Choeur et Orchestre (ou Orgue) Op. 279"
    que l'on peut trouver sur un CD "Milken Archives" en complément du "Service Sacré pour le Samedi Matin"

    Yaron Windmueller (baryton)
    Rabbi Rodney Mariner (Récitant)
    Czech Philharmonic Orchestra
    Prague Philharmonic Chorus
    Gerard Schwarz (Direction)
    Naxos 8.559409






    Claude

  7. #7
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    Merci, Claude , d'avoir fourni les précisions ci-dessus. J'en ai pris bonne note.

    L'album Milhaud que vous avez montré à la fin est à vrai dire celui auquel je me référais (indirectement) au deuxième paragraphe de mon précédent post. Il comporte en effet aussi un enregistrement des Prières complémentaires pour le Vendredi soir pour Cantor, Récitant, Choeur et Orchestre (ou Orgue) Op. 279.

    C'est sur la face arrière de cet album Naxos que j'avais trouvé (en anglais mais je l'ai traduite librement) la touchante déclaration de Madeleine Milhaud. Elle avait alors 98 ans et devait vivre encore jusqu'à l'âge très respectable de 105 ans.

    Jacques

  8. #8
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    Chants de Paul Ben-haim

    Il y a quelques années, Varda Kotler accompagnée par Jeff Cohen au piano avait publié un CD chez ARION avec quelques chnats de Paul Ben-Haim.
    Elle me fait savoir que 6 de ces chants sont disponibles sur Youtube.

    J'en profite pour vous faire connaître ce disque

    Paul Ben Haim : Melodies & Cello Music
    Arion ARN68643
    2004
    Varda Kotler, soprano
    Jeff Cohen, piano
    Philippe Bary, violoncelle
    Alexis Galperine, violon
    Varda Kotler Web Site




    1. At Bein Atzei Eden - You, myrtle blossom from eden (Yehuda Halevi) 1965

    2. Ani Havatzelet Hasharon - I am the Rose of Sharon (Cantique des cantiques) 1938

    3. Akara - Barren (Rachel Blubstein) 1939

    Shirim lelo milim (3) - Songs without words (Haim Nahman Bialik) 1952
    4. Ariozo
    5. Ballad
    6. Sephardi melody

    7. Hakhnissini - Shelter me under your wing(Haim Nahman Bialik) 1940

    Shirei Yeladim - Four children songs pour voix et piano op. 35 1943
    (Miriam Yallan Stekeles)
    8. My Doll
    9. The Rain
    10. The Clock is Tired
    11. Wind, wind 12. Hitragut (התרגעות) - Calm (Yehuda Karni) 1939

    Music for violoncello Solo 1977
    13. Moderato
    14. Rather fast, lively
    15. Slow

    Christian Morgenstern 1920
    16. Hoch Sommernacht
    17. Der morgen war von dir erfüllt
    18. Es ist nacht

    Hans Bethge : Japanischer Frühling 1922
    19. Die Schöne nuna
    20. Trübes lied
    21. Vertrauen Hugo von Hofmannsthal 1915
    22. Dein Antlitz
    23.. Vorfrühling

    Vidéos sur Yutube


    I am the rose of Sharon (2)

    Paul Ben Haim: I am the rose of sharon, Varda Kotler, Jeff Cohen Pianist. - YouTube


    Four children songs (8-11)

    CHILDREN SONGS:MY DOLL - PAUL BEN HAIM. Varda Kotler, Jeff Cohen pianist - YouTube
    CHILDREN SONGS:THE RAIN - PAUL BEN HAIM. Varda Kotler, Jeff Cohen pianist - YouTube
    CHILDREN SONGS:THE TIRED CLOCK - PAUL BEN HAIM. Varda Kotler, Jeff Cohen pianist - YouTube
    CHILDREN SONGS: WIND,WIND - PAUL BEN HAIM. Varda Kotler, Jeff Cohen pianist - YouTube

    Hitragut (12)

    ‫התרגעות HITRAGUT Varda kotler,Jeff Cohen pianist, Alexis Galperine violonist‬‎ - YouTube

    Claude Torres

  9. #9
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    Une première mondiale

    Paul Ben-Haim : Joram, oratorio Op. 18 (1933) Text: Rudolf Borchardt
    Helicon Records 279659-2 (2 CDs)
    Israel Philharmonic Orchestra
    Münchner Motetten Chor
    Hayko Siemens, conducteur
    Katharina Persicke (Soprano)
    Carsten Suss (Ténor)
    Bernd Valentin (Baryton)
    Miklós Sebestyén (basse)
    Smolarz Auditorium, Tel-Aviv University, 3 April, 2012, Live Recording
    Durée totale : 1:53:28



    C'est la dernière oeuvre écrite par Ben-Haim (1931-33) avant son exil d'Allemagne pour rejoindre la Palestine sous mandat britanique. Il considérait cette oeuvre comme son "opus magnum" écrit en hommage à Bach.
    Cette oeuvre de style expressioniste post-romantique, n'a été représentée que deux fois avant cet enregistrement:
    - à Tel-aviv en 1979 dans une traduction en hébreu
    - à Munich le Novembre 2008 (avec une distribution assez proche du CD) pour commémorer le 75ème anniversaire de la Nuit de Cristal.

    Claude Torres

  10. #10
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    C'est avec ce CD consacré à des œuvres de Paul Ben-Haim, interprétées par l'ARC Ensemble (un groupe de musiciens canadiens), que le label Chandos a récemment inauguré une série qui s'annonce passionnante, intitulée "Music in Exile" et vouée à la musique de chambre de compositeurs qui furent contraints de quitter l'Europe durant les années trente du XXème siècle :





    J'ai reçu ce disque hier et l'ai trouvé d'un grand intérêt, les pièces qu'il présente (dont le Quatuor avec piano Op. 4, une œuvre de jeunesse qui reçoit ici son "premier enregistrement mondial") étant à mon avis remarquables.

    Comme le texte de la brochure jointe à l'album (en anglais, allemand et français), rédigé par Simon Wynberg, me semble très riche en informations tant sur le compositeur que sur les œuvres enregistrées, je me permets de reproduire ci-dessous l'entier de sa traduction en français par Marianne Fernée-Lidon (on la trouve certes intégralement sur l'Internet mais affectée de nombreux défauts typographiques, de sorte que j'ai préféré procéder par "couper/coller" suivi de diverses corrections) :


    "Paul Ben-Haïm fut un des innombrables émigrés européens dont la vie fut transformée par l’avènement du Reich hitlérien. Toutefois, à [la différence] des Juifs allemands qui eurent des difficultés à se redéfinir au sein d’une langue étrangère et d’une culture inconnue, Ben-Haïm embrassa rapidement sa nouvelle vie en Palestine et en saisit les rênes. Son installation dans son nouveau pays, en octobre 1933, l’exposa à une grande variété de dialectes musicaux levantins, ainsi qu’aux musiques sépharade et cantoriale, qu’il intégra dans un langage dont les origines se trouvaient essentiellement en Europe centrale. Ces influences disparates furent absorbées plutôt que recueillies et étudiées en tant que patrimoine national comme ce fut le cas chez les Hongrois Zoltán Kodály et Béla Bartók. Ben-Haïm apporta une contribution inestimable à la culture de son pays d’adoption. Yehudi Menuhin, Itzhak Perlman, Menahem Pressler, Aurèle Nicolet, Zubin Mehta et Leonard Bernstein figurent à la liste des musiciens qui commandèrent, jouèrent et gravèrent sa musique. Eliahu Inbal, Avraham Sternklar, Noam Sheriff et Shulamit Ran sont au nombre des compositeurs israéliens qui reçurent son enseignement. Il fut le président de la Ligue des Compositeurs israéliens, joua un rôle déterminant dans l’intégration de la musique au sein du système éducatif du pays et eut une influence primordiale dans la création d’un syndicat national des musiciens.

    Paul Ben-Haïm naquit sous le nom de Paul Frankenburger en 1897. Son père, Heinrich (ou «Haïm»), était un juriste éminent et un personnage central de la communauté juive libérale de Munich. Sa mère, cosmopolite et assimilée – sa famille comportait un certain nombre de convertis au christianisme –, venait d’une famille de banquiers très en vue. Les études entamées par Frankenburger à l’Akademie der Tonkunst de la ville furent interrompues par la Première Guerre mondiale, où il servit dans une unité antiaérienne sur les fronts français et belge. Il échappa de justesse à la mort lors d’une attaque au gaz, mais son frère Karl fut tué à Verdun.

    Après la guerre, Frankenburger retourna à l’Akademie où il étudia avec Friedrich Klose, ancien élève d’Anton Bruckner, et avec le compositeur suisse Walter Courvoisier. Il débuta dans la vie professionnelle comme membre du personnel musical du Bayerische Staatsoper, durant le mandat de Bruno Walter et celui de Hans Knappertsbusch, puis passa à un poste d’assistant à l’Opéra d’Augsbourg. Comme beaucoup d’autres musiciens de son temps, Frankenburger excellait dans de nombreuses disciplines, étant à la fois pianiste, chef d’orchestre, répétiteur de chœur et compositeur accomplis.

    Sa première œuvre orchestrale à grande échelle, le Concerto grosso, fut créée à Chemnitz en mars 1933, mois qui vit l’ascension d’Hitler au pouvoir. Bien que l’œuvre plut a la critique, un journal local attaqua les responsables du concert pour y avoir inclus l’œuvre d’un compositeur juif. Cet incident, cuisant rappel du préjudice dont Frankenburger avait été victime deux ans auparavant, lorsque le nouvel intendant de l’Opéra d’Augsbourg avait renvoyé tous les Juifs membres du personnel, scella sa décision de quitter l’Allemagne. Deux mois plus tard, lorsque Frankenburger arriva au port d’Haïfa au cours d’un voyage préliminaire, il n’avait ni contacts professionnels, ni personnes de connaissance, savait peu d’hébreu, et, comme bon nombre d’autres émigrés, ne possédait pas de convictions sionistes bien profondes. La Palestine lui fournit un refuge qui allait bientôt être refusé à des milliers de Juifs. La décision prise par Frankenburger d’hébraïser son nom fut d’ailleurs à l’origine purement pragmatique. Il émigra en octobre, et sa fiancée, Hely Acham, danseuse originaire de Graz, le rejoignit l’année suivante.

    Quatuor avec piano, op. 4
    Frankenburger acheva le Quatuor avec piano, op. 4, à Munich durant l’été 1921, bien avant que ne lui vienne toute idée d’émigrer. Lorsque l’ARC Ensemble joua l’œuvre vers la fin de l’année 2012, elle n’avait pas été jouée depuis une exécution radiodiffusée remontant au mois de juillet 1932. Il est difficile de comprendre qu’une œuvre assez importante du compositeur le plus célèbre d’Israël ait pu rester ignorée pendant plus de quatre-vingts ans. Il se peut que la réticence du compositeur à promouvoir ses œuvres antérieures, écrites en Allemagne, y ait joué sa part. Toutefois, depuis sa mort en1984, la partition autographe fait partie du dossier consacré à Ben-Haïm aux archives de la Bibliothèque nationale d’Israël, et l’ARC Ensemble s’est appuyé sur ce document pour préparer une édition fidèle spécialement conçue pour l’interprétation (personne ne sait où se trouvent les parties originales). Le Quatuor avec piano se révèle une œuvre extraordinairement accomplie pour un jeune homme de vingt-quatre ans, et bien qu’elle trouve ses racines dans les musiques de Brahms, Strauss, Reger et Fauré, ses idées possèdent une force réelle, et un sentiment de la forme, du rythme et de la couleur vraiment audacieux et plein de sûreté. Seules «les montagnes russes» du mouvement final - une ouverture solennelle que vient saboter avec désinvolture une railleuse matelote baroque – trahit vraiment la jeunesse du compositeur. La caractéristique la plus saisissante du Quatuor avec piano est peut-être que l’on peut y reconnaître dans l’œuf le style et le tour de phrase des œuvres ultérieures du compositeur.

    Deux Paysages, op. 27
    En 1939, lorsque Ben-Haïm composa les Deux Paysages (Shtei Temunot Nof), op. 27, son langage musical s’était adapté a un environnement très nouveau. La première pièce du recueil, «The Hills of Judea» (Les Collines de Judée), mêle textures impressionnistes et récitatif hébraique.

    Improvisation et Danse, op. 30
    Ces éléments mélismatiques sont encore plus apparents dans l’Improvisation et Danse, op. 30, que Ben-Haïm composa la même année, en 1939. Bien que de caractère nettement yéménite, la «Danse» témoigne d’une variété d’influences.

    Canzonetta
    La «Canzonetta», quatrieme des Cinq Pieces pour piano, op. 34, composée par Ben-Haïm en 1944, descend en droite ligne du Lied ohne Worte (Chanson sans paroles) du dix-neuvième siècle.

    Quintette pour clarinette et cordes, op. 31a
    Toutefois, c’est dans le Quintette pour clarinette et cordes, op. 31a, que Ben-Haïm réalisa le plus merveilleusement l’amalgame entre Orient et Occident. «J’étais très satisfait,» écrivit le compositeur, «parce que j’avais le sentiment d’avoir enfin réussi à cimenter un style nouveau.» Respectant la tradition trouvée dans les deux piliers du répertoire de chambre avec clarinette, le Quintette de Mozart et celui de Brahms, Ben-Haïm fait appel à une technique essentielle de la musique européenne, la transformation thématique, suivant laquelle les mélodies ou fragments de mélodie sont travaillés pour créer un matériau nouveau gardant un lien de parenté avec l’original. Le thème principal du scherzo s’apparente, par exemple, au thème principal au violon du premier mouvement, thème qui est lui-même né de l’exposition initiale à la clarinette. Et cependant, à cette rigoureuse construction, vient s’ajouter l’intégration d’éléments locaux : la courbe modale dépouillée du thème principal prolongé, l’ornementation et les embellissements très chargés de la ligne mélodique ainsi que des rythmes syncopés nettement marqués. Comme Mozart et Brahms, Ben-Haïm adopte la forme du thème et variations dans le mouvement final, forme embrassée par d’innombrables cultures musicales, bien que les variations de Ben-Haïm explorent le matériau musical au lieu d’offrir aux instrumentistes un véhicule propice à une démonstration de virtuosité. Le biographe de Ben-Haïm, Jehoash Hirshberg, a fait remarquer que le «Capriccio», le scherzo de l’oeuvre, est une citation intégrale d’«Elohei Tzidki» (Dieu de ma justice), chant de louange traditionnel. Voici ce qu’il écrit : «La citation du quintette est clairement exprimée par un changement de texture entre le scherzo et le trio. La mélodie du chant est jouée intégralement, d’abord par le violoncelle, puis par le violon et la clarinette.»".


    Jacques

  11. #11
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    C'est avec ce CD consacré à des œuvres de Paul Ben-Haim, interprétées par l'ARC Ensemble (un groupe de musiciens canadiens), que le label Chandos a récemment inauguré une série qui s'annonce passionnante, intitulée "Music in Exile" et vouée à la musique de chambre de compositeurs qui furent contraints de quitter l'Europe durant les années trente du XXème siècle :





    J'ai reçu ce disque hier et l'ai trouvé d'un grand intérêt, les pièces qu'il présente (dont le Quatuor avec piano Op. 4, une œuvre de jeunesse qui reçoit ici son "premier enregistrement mondial") étant à mon avis remarquables.

    ....

    Jacques


    Merci Jacques,

    J'avais oublié de parler de ce disque effectivement remarquable.

    Cependant il y a une petite surprise.

    Lorsqu'on achète ce CD en téléchargement, il y a un petit bonus.
    Voir par exemple le site The Classic Shop

    12.-14. Three Songs Without Words for Violin and Piano
    I Arioso 3:45
    II Ballad 2:40
    III Sephardic Melody 3:24
    Erika Raum, Violin
    Dianne Werner, Piano

    Claude Torres

  12. #12
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    Quote Originally Posted by Claude Torres View Post
    Cependant il y a une petite surprise.

    Lorsqu'on achète ce CD en téléchargement, il y a un petit bonus.
    Voir par exemple le site The Classic Shop

    12.-14. Three Songs Without Words for Violin and Piano
    I Arioso 3:45
    II Ballad 2:40
    III Sephardic Melody 3:24
    Erika Raum, Violin
    Dianne Werner, Piano
    Merci, Claude (), d'avoir signalé cette particularité que j'ignorais.

    Puisque les trois pièces pour violon et piano disponibles comme "bonus" sur le site indiqué peuvent être obtenues séparément, j'envisage de les télécharger bientôt pour compléter les enregistrements de musique de chambre figurant sur le CD que j'ai reçu hier.

    Jacques

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