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Notre troisième et dernier billet usant de plages de la bibli musicale du musée Gardner de Boston est dédié à une série d’œuvres de Franz Schubert, et met en vedette son quatuor «La jeune fille et la Mort», ainsi que d’autres œuvres pour chambristes.

Ce quatuor est significatif pour plusieurs raisons – il est considéré l’une des meilleures pièces de son répertoire de musique de chambre, et occupe une place de choix parmi les plus grands quatuors. De plus, ce quatuor rappelle que Schubert est beaucoup plus qu’un compositeur de chansonnettes – considérons, par exemple, sa symphonie inachevée ou sa Wanderer-Fantasie comme des œuvres d’envergure, qui font regretter son décès prématuré.

Il n’y a rien de morbide (même pour un compositeur obsédé avec sa propre douleur et sa mortalité) à propos de l’exploration de la thématique de la mort du temps de Schubert. Si la médecine a beaucoup évolué depuis 200 ans, il est important de noter que durant ces années la mort était souvent l’ultime remède, celui qui met fin aux longues souffrances, et qui devait être considéré comme un grand soulagement. Ainsi donc, la mort est vue ici comme douce, gentille et paisible.

Schubert recycle le thème de son lieder du même nom (datant de 1817), infusant le quatuor du message réconfortant de sa chanson. Une autre œuvre qui s’inspire d’un de ses nombreux lieder est le duo pour flûte et piano présenté ici, une série de variations sur «Trockne Blumen» (la 18e chanson de son cycle Die schöne Müllerin). Contrairement au quatuor, Schubert ne fait ici qu’une exploration musicale du thème de la chanson, et ne tente pas de message subliminaux.

Parlant de lieders, j’ai retenu « Le berger sur le rocher », que Schubert propose pour voix, piano et clarinette obligato, lui conférant l’ampleur d’une pièce pour chambristes plutôt qu’une simple mélodie. En 1827, Schubert compose le premier de deux trios qui, à leur façon, tentent de combler le vide relatif pour cette combinaison d’instruments depuis l’Archiduc de Beethoven une quinzaine d’années auparavant.

Bonne écoute!

DETAILS


Franz SCHUBERT (1797-1828)
Introduction et Variations sur “Ihr Blumlein alle”, D. 802
Paula Robison. Flûte et Paavali Jumppanen, piano
http://traffic.libsyn.com/gardnermus...bert_op160.mp3

Der Hirt auf dem Felsen (“Le berger sur le rocher”) pour voix, clarinette et piano, D. 965
Musicians from Marlboro
http://traffic.libsyn.com/gardnermus...ubert_d965.mp3

Trio en si bémol majeur, D. 898
Eroica Trio
http://traffic.libsyn.com/gardnermus...ubert_op99.mp3

Quatuor no. 14, en rè mineur, D. 810 (“La jeune fille et la mort”)
Borromeo String Quartet
http://traffic.libsyn.com/gardnermus...ubert_d810.mp3

Blog et Baladodiffusion du vendredi: Pour vendredi le 16 août, je propose un passeport musical centré sur l'Afrique, avec des pièces inspirées du Maghreb, de l'Egypte et les danses africaines de Samuel Coleridge-Taylor. A lire et entendre sur mon blog Blogspot.