En 1919, en marge du festival de musique de chambre de Pittsburg, fut organisé un concours de composition sponsorisé par miss Elisabeth Sprague Coolidge et auquel participèrent 73 compositeurs.
Le lauréat fut Ernest Bloch, pour sa Suite pour alto, tout de suite suivi par une jeune femme anglo-américaine qui avait également écrit pour l'alto, Rebecca Clarke.
Par la suite, une rumeur courut qui insinuait que Rebecca Clarke s'était fait aider, ou que ce n'était pas du tout elle qui avait écrit l'œuvre, ou même qu'elle n'avait jamais existé et que c'était un pseudonyme d'Ernest Bloch...
Rebecca Clarke a pourtant bien existé, et a eu une longue vie, de 1886 à 1979, elle était altiste et étudia la composition avec Charles Stanford au Royal Collège of Music de Londres, où elle connut Vaughn Williams.
Son père était américain, et après plusieurs voyages aux USA, elle choisit de s'y établir définitivement en 1939.
Peu de ses oeuvres ont été publiées ou enregistrées, mais grâce à la Rebecca Clarke Society, un travail de recherche a été entrepris et a permis l'édition et l'enregistrement de quelques unes.
Vous aurez plus de détails sur ce site qui lui est consacré, ainsi que la possibilité d'écouter quelques extraits de mélodies.
Mais, sur ce que j'ai pu entendre jusqu'à présent, je considère que la pièce maîtresse de Rebecca Clarke est incontestablement cette magnifique sonate pour alto et piano, que je m'empresse d'ajouter à Simplify Media bien sûr ! (cd Naxos)
C'est une œuvre ambitieuse, de presque une demi-heure, en trois mouvements, représentative de ce que l'on a appelé l'impressionnisme anglais, et où l'on perçoit bien les influences de l'époque, un vague air de Brahms, un peu plus de Franck et beaucoup de Debussy.
Le premier mouvement, Impetuoso, est plein de noblesse, d'élan et de chaleur, avec une partie médiane plus élégiaque, mais encore lyrique et sensuelle. C'est très libre, comme improvisé, et la sonorité de l'alto est très bien mise en valeur.
Le deuxième mouvement est un scherzo sautillant, virtuose, avec des glissades, qui n'est pas sans évoquer le Ravel du trio.
Le finale débute adagio, plus contemplatif désolé, contemplatif avant de devenir poignant et d'évoluer vers un thème plus actif et brillant. C'est là, je trouve, que l'influence de Debussy est la plus nette, avec ce côté modal, les gammes par tons, ou les nombreux accords de septièmes.
Une oeuvre superbe, que les altistes devraient ajouter plus souvent à leur répertoire.
En 1919, en marge du festival de musique de chambre de Pittsburg, fut organisé un concours de composition sponsorisé par miss Elisabeth Sprague Coolidge et auquel participèrent 73 compositeurs.
Le lauréat fut Ernest Bloch, pour sa Suite pour alto, tout de suite suivi par une jeune femme anglo-américaine qui avait également écrit pour l'alto, Rebecca Clarke.
Par la suite, une rumeur courut qui insinuait que Rebecca Clarke s'était fait aider, ou que ce n'était pas du tout elle qui avait écrit l'œuvre, ou même qu'elle n'avait jamais existé et que c'était un pseudonyme d'Ernest Bloch...
Rebecca Clarke a pourtant bien existé, et a eu une longue vie, de 1886 à 1979, elle était altiste et étudia la composition avec Charles Stanford au Royal Collège of Music de Londres, où elle connut Vaughn Williams.
Son père était américain, et après plusieurs voyages aux USA, elle choisit de s'y établir définitivement en 1939.
Peu de ses oeuvres ont été publiées ou enregistrées, mais grâce à la Rebecca Clarke Society, un travail de recherche a été entrepris et a permis l'édition et l'enregistrement de quelques unes.
Vous aurez plus de détails sur ce site qui lui est consacré, ainsi que la possibilité d'écouter quelques extraits de mélodies.
Mais, sur ce que j'ai pu entendre jusqu'à présent, je considère que la pièce maîtresse de Rebecca Clarke est incontestablement cette magnifique sonate pour alto et piano, que je m'empresse d'ajouter à Simplify Media bien sûr ! (cd Naxos)
C'est une œuvre ambitieuse, de presque une demi-heure, en trois mouvements, représentative de ce que l'on a appelé l'impressionnisme anglais, et où l'on perçoit bien les influences de l'époque, un vague air de Brahms, un peu plus de Franck et beaucoup de Debussy.
Le premier mouvement, Impetuoso, est plein de noblesse, d'élan et de chaleur, avec une partie médiane plus élégiaque, mais encore lyrique et sensuelle. C'est très libre, comme improvisé, et la sonorité de l'alto est très bien mise en valeur.
Le deuxième mouvement est un scherzo sautillant, virtuose, avec des glissades, qui n'est pas sans évoquer le Ravel du trio.
Le finale débute adagio, plus contemplatif désolé, contemplatif avant de devenir poignant et d'évoluer vers un thème plus actif et brillant. C'est là, je trouve, que l'influence de Debussy est la plus nette, avec ce côté modal, les gammes par tons, ou les nombreux accords de septièmes.
Une oeuvre superbe, que les altistes devraient ajouter plus souvent à leur répertoire.
Chiarina,
Je ne peux que vous suivre dans cette pésentation. Cette femme est une compositrice magnifique et sa sonate n'a rien à envier à la suite de Bloch, que je considère comme une de ses meilleures oeuvres (en particulier dans sa version avec orchestre). Les meilleurs altistes l'ont enregistrée. (Primrose, Xuereb, Zaslav, Caussé...)
Afin de comparer les 2 pièces de Rebecca Clarke et de Ernest Bloch, (avec Hindemith en prime) je vous suggère le cd
Pan Classics 510098 (1996)
Thomas Riebl, Viola
Cordelia Höfer, Piano
Paul Hindemith - Sonata for Viola and Piano, Op. 11, No. 4
Rebecca Clarke - Sonata for Viola and Piano
Ernest Bloch - Suite (1919)
La sonate de R.Clarke est en effet une composition trop négligée. Clarke n'a pas beaucoup écrit, ce qui est peut-être une des raisons pourquoi elle est moins connue. Elle n'a laissé que de la musique de chambre, si je ne me trompe. Outre le très beau disque Naxos (avec presque toute l'oeuvre pour alto, jouée par Philipp Dukes), je signale encore mon enregistrement favori de la Sonate: celle de Vladimir Bukac pour le label Calliope (avec les 3 suites pour alto seul de Reger et la sonate de Martinu).
Merci Chiarina pour cette découverte. Outre la sonate, le reste me plait beaucoup aussi. Chinese puzzle est amusant. (Il faudra que j'ajoute des disques de pipa chinoise sur mon compte.)
Le label Dutton réedite en Avril des oeuvres peu connues de Rebecca Clarke par le quatuor Flesch : Philippa Ibbotson (violin), Mark Denman (violin), Robert Gibbs (viola), David Newby (cello)
et
Lorraine McAslan (violin), David Juritz (violin), Michael Ponder (viola), Ian Jones (cello)
Dutton CDLX7132
Three Movements for Two Violins and Piano.
Dumka for Violin, Viola and Piano.
String Quartet movement. Comodo e amabile
Sonata movement in G major for Violin and Piano.
String Quartet movement. Adagio
Sonata in D major for Violin and Piano