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Compositeurs canadiens
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Thread: Compositeurs canadiens

  1. #1
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    Compositeurs canadiens

    Samuel de Champlain qui a fondé il y a 400 ans ( le 3 juillet 1608 ) la ville de Quebec, sans demander la permission aux habitants du coin d'ailleurs, n'était pas, à ma connaissance un illustre musicien!
    Mais dans ce pays où coule le lait, le miel, et, le sirop d'érable, je suis incapable de vous citer le moindre compositeur... Avez vous des tuyaux ?!

    thierry

    ps : je connais bien une vieille chanson populaire tant aimée de Claude Debussy : Nous hurons plus au bois...

  2. #2
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    Saint-Julien-Molin-Molette
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    Re : Compositeurs canadiens

    Il y avait un CD de Glenn Gould:



    Pas trop de souvenir. Plus sympa (mais il s'agit d'oeuvres d'extrème jeunesse) ce disque dirigé par Plasson



    C'est, dans mon souvenir, d'un aimable post-romantisme. Mais le compositeur était adolescent lors de la composition, et je ne sais pas ce qu'il est devenu. L'enregistrement, lui, datait de 1976, pour les JO de Montréal, tabernacle!

    mah

  3. #3
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    Re : Compositeurs canadiens

    Merci à vous!

    Putain! V'la que je vais être obligé d'écouter du Gould!

  4. #4
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    MONTPELLIER
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    Re : Compositeurs canadiens

    Quote Originally Posted by thierry h View Post
    Merci à vous!
    Putain! V'la que je vais être obligé d'écouter du Gould!
    Pas nécéssairement,

    Entre 1933 et 1939 de nombreux Allemands et Autrichiens ont fui leurs pays et se sont réfugiés à Londres mais ont été déportés au Canada par crainte de l'espionnage. Parmi eux de grands musiciens. Après avoir été un temps internés dans des camps pour "Enemy Alliens" (ou se trouvaient aussi des prisonniers nazis), principalement au Québec, ils s'y sont fixés.

    Parmi eux le pianiste John Newmark (Hans Joseph Neumark), Pianiste, accompagnateur, chambriste (Brême, Allemagne, 12 juin 1904, naturalisé canadien 1946 - Montréal, 14 octobre 1991).
    Il est particulièrement connu comme accompagnateur de Maureen Forester et de Kathleen Ferrier. (Les enregistrements ont été republiés par Naxos)
    Il a peu composé.

    Il faut aussi citer Helmut Blume. Pianiste, commentateur radiophonique, administrateur, éducateur (Berlin, 12 avril 1914, naturalisé canadien 1945, décès le 16 octobre 1998 à Montréal). Il a été un grand animateur de la CBC. Il a été nommé professeur émérite de l'Université McGill en 1979.
    Il a publié Canada's Story in Song (Toronto 1960). Lui aussi a un peu composé pour le piano.

    Enfin Freddy ou Freddie Grant (né Fritz Grundland). Auteur-compositeur, pianiste (Berlin, 17 octobre 1913, naturalisé Canadien 1947, décès le 10 avril 1996 à Toronto).
    Auteur de la chanson la plus célèbre au canada pendant la guerre : "You'll Get Used to It" (paroles de Victor Gordon), traitant de la vie dans les camsp d'internement en Angleterre et au Canada. Cette chanson sera le clou de la comédie musicale "Meet the Navy" qui deviendra ensuite un film de propagande.

    On peut citer aussi le violoniste Gerhard Kander (27 août 1921, Mannheim - 1er Janvier 2008, Jamaïque, Arrive au Canada en 1940)

    Pour plus de renseignements, je vous suggère par
    Yves Bernard
    Caroline Bergron
    Trop Loin de Berlin
    Des prisonniers allemands au Canada (1939-1945)
    Septentrion (1995)
    ISBN 2-89448-021-0

    et L'Encyclopédie de la musique au Canada

    Claude Torres

  5. #5
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    Re : Compositeurs canadiens

    A défaut de compositeurs illustres, il y a et il y a eu de mémorables ténors canadiens: Richard Verreau, Raoul Jobin, Jon Vickers, Ben Heppner.
    Les ténors dramatiques semblent une excellente spécialité locale.

  6. #6

    Re : Compositeurs canadiens

    Quote Originally Posted by thierry h View Post
    Samuel de Champlain qui a fondé il y a 400 ans ( le 3 juillet 1608 ) la ville de Quebec, sans demander la permission aux habitants du coin d'ailleurs, n'était pas, à ma connaissance un illustre musicien!
    Vision un peu romantique. Québec était une place libre. Là comme ailleurs aussi à cette époque, les Français n'ont pas détruit d'établissements amérindiens. Ils entretenaient de bonnes relations avec les Montagnais et les Algonquins (dès l'époque de Cartier et Roberval), devenant leurs alliés, ce qui impliquait de devoir faire la guerre à leurs ennemis les Iroquois.

    Mah70, si vous voulez faire couleur locale, dites plutôt Tabarnak!

  7. #7
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    Re : Compositeurs canadiens

    Quote Originally Posted by Fou des chutes View Post
    Mah70, si vous voulez faire couleur locale, dites plutôt Tabarnak!
    Mon accent laisse à désirer, j'admets.

  8. #8
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    Re : Compositeurs canadiens

    Quote Originally Posted by Fou des chutes View Post
    Vision un peu romantique. Québec était une place libre. Là comme ailleurs aussi à cette époque, les Français n'ont pas détruit d'établissements amérindiens. Ils entretenaient de bonnes relations avec les Montagnais et les Algonquins (dès l'époque de Cartier et Roberval), devenant leurs alliés, ce qui impliquait de devoir faire la guerre à leurs ennemis les Iroquois.

    Mah70, si vous voulez faire couleur locale, dites plutôt Tabarnak!
    Merci à vous pour ces précisions... mais je dois être un grand romantique...

    thierry

  9. #9
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    Re : Compositeurs canadiens

    Pas trop le temps, mais j'avais parlé de Raymond Murray Schafer de Sarnia, dont l'oeuvre est importante, et d'Otto Joachim, dont le quatuor Molinari a joué et enregistré certaines oeuvres.

    Si vous allez sur le site du Quatuor Molinari, vous aurez une bonne idée de certaines oeuvres pour quatuors canadiennes intéressantes.

    Mais Raymond Murray Schafer est un grand compositeur: il y a eu un fil sur les anciens forums qui lui était consacré.

  10. #10

    Re : Compositeurs canadiens

    Le quatuor Arthur-Leblanc, installé depuis quelques années à Québec mais fondé au Nouveau Brunswick (son nom est celui d'un célèbre violoniste acadien), a plusieurs compositeurs canadiens à son répertoire. En particulier Schafer que vient de mentionner Tahar. Je garde un très bon souvenir d'un quatuor, Elements, de la compositrice contemporaine Elizabeth Raum, entendu lors d'un concert cet hiver.

  11. #11
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    Re : Compositeurs canadiens

    Je me permets d'insister sur l'importance de l'oeuvre de Raymond Murray Schafer, dont on fêtait les 75 ans ce printemps.

    j'ai pu assister à deux concerts en son honneur, dont des oeuvres chorales franchement belles comme Garden of Bells et Rain Chant.

    Le cycle des Patria, dont j'avais parlé sur les anciens forums, démarré en 1981 et qui continue à être complèté, lorsqu'on aura un peu de recul, on se rendra compte que c'est peut-être l'oeuvre la plus ambitieuse du dernier quart du XX ième siècle et du début du XXI ième.

    Pas le temps de redire tout ce que j'avais déjà écrit sur les Patria et Raymond Murray Schafer, mais j'incite les plus curieux d'entre vous à aller se promener sur quelques sites internet:

    site consacré à Patria

    page relative à Asterion

    entretien radio avec le compositeur

    Si le monde musical avait un tant soit peu le sens des priorités, les manifestations relatives à la célébration des 75 ans de Raymond Murray Schafer seraient le sujet le plus important de l'année, ou l'un des plus importants, en tous cas: mais, dans la réalité, l'Ontario c'est ...loin

  12. #12
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    Re : Compositeurs canadiens

    Accessoirement, même si cela n'est pas le sujet, le Canada ne se limite pas à la Province du Québec, loin de là.

  13. #13
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    Re : Compositeurs canadiens

    j'ai longtemps cherché à me procurer -en vain- au moins une des trois symphonies de Clermont Pépin: mais même dans les médiathèques du Saskatchewan on ne trouvait guère que quelques pièces de piano. Pépin, mort en 2006, étudiant à Curtis vers 1930 semble avoir eu son heure de gloire, mais la renaissance n'est pas encore arrivée. Les rares descriptions qu'on trouve de sa musique font pourtant envie.
    Sinon je connais un peu Neil Currie, qui enseigne toujours dans les grandes plaines, et qui fut une figure importante de la musique australienne avant de se fixer au Canada. Ce qui est publié de sa musique (une symphonie, une ballade pour saxophone et orchestre et quelques pièces de musique de chambre) tient la route face à d'autres, tels Arthur Benjamin, qui passa une vingtaine d'années au Canada, où il écrivit ses oeuvres les plus importantes, après avoir été l'un des compositeurs australiens de Londres aux cotés Percy Grainger.




    C'est corrigé
    Ph

  14. #14
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    Re : Compositeurs canadiens

    Quote Originally Posted by Fred Audin View Post
    Pépin, mort en 2066
    sic !
    de qui vous parlez ?

  15. #15
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    Re : Compositeurs canadiens

    En effet vous avez fait une erreur de frappe :
    Clermont PEPIN est né en 1926 et mort en 2006

  16. #16
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    Re : Compositeurs canadiens

    en effet, erreur de frappe, mais je ne trouve pas de fonction "éditer", donc profitons-en pour dire que ça aura fait parler trois lignes de plus de Pépin, mort en 2006 effectivement, et qui, depuis la dernière fois où je me suis intéressé à lui, a l'honneur maintenant d'une entrée dans Wikipédia.

  17. #17

    Re : Compositeurs canadiens

    1926-2066, pas bref le Pépin.

  18. #18
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    Re : Compositeurs canadiens

    Quote Originally Posted by Fred Audin View Post
    Sinon je connais un peu Neil Currie, qui enseigne toujours dans les grandes plaines, et qui fut une figure importante de la musique australienne avant de se fixer au Canada. Ce qui est publié de sa musique (une symphonie, une ballade pour saxophone et orchestre et quelques pièces de musique de chambre) tient la route face à d'autres, tels Arthur Benjamin, qui passa une vingtaine d'années au Canada, où il écrivit ses oeuvres les plus importantes, après avoir été l'un des compositeurs australiens de Londres aux cotés Percy Grainger.
    J'ai entendu un jour un cd où figurait le concerto pour trombone sur des thèmes aborigènes de Neil Currie, ça a été une révélation - je n'hésiterai pas à parler de chef-d'oeuvre, et je n'ai jamais pu remettre la main sur le moindre enregistrement ni concert radiophonique de Neil Currie. Une immense frustration donc.

  19. #19
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    Re : Compositeurs canadiens

    ça je dois dire que je n'en reviens pas de trouver un interlocuteur qui me parle du concerto pour trombone de Neil Currie... pour la peine quelques éléments sur cet illustre inconnu:

    Neil Currie est né à Moose Jaw, Saskachewan, Canada en 1955.

    Son premier titre de gloire dans le domaine de la musique classique, fut les louanges dont Corrie Acquino couvrit sa pièce de 1986 « Ortega avenue », musique pour la révolution aux Philippines.

    Dans les années 90, il fut compositeur en résidence de l’orchestre d’Adelaïde, Australie, et il semble que son œuvre se rattache plus à des racines australiennes que nord-américaines. En témoigne entre autre Glenside (1999) pour cordes, 4 bois, 4 cuivres, percussion, et piano, pièce qui porte le nom du faubourg d’Adélaïde où Currie vécut avec sa femme et ses deux fils. Ce bel adagio nostalgique (encadrés de traits plus agités et virtuoses des cordes solistes) d’une dizaine de minutes, s’inspire du thème d’un feuilleton que ses enfants regardaient à la télévision tous les matins. Il s’y répand une atmosphère de brumes ensoleillées, d’une jolie texture orchestrale, mêlant discrêtement le piano et les percussions fines à des mélismes modaux de cordes.

    Le concerto pour trombone (Tumbling Train 1991) semble aussi au long de ses 21 minutes décrire des paysages australiens. Inspiré par deux thèmes de chansons aborigènes, il intègre dans la dernière partie des imitations de sons de digeridu. Son premier mouvement assez sombre et dépouillé, construit en accélération, s’épanouit en une sorte de duo entre le trombone et la harpe. Le discours peut surprendre par un modernisme d’écriture qui ne se retrouve pas dans le reste des œuvres orchestrales de ce compositeur aussi attiré par le jazz, et lui-même chanteur au sein d’un trio qui porte son nom, et fit les beaux jours d’un hôtel d’Adélaïde, comme de certaines lignes régulières de croisières. Le répertoire de Neil Currie, en tant que vocaliste de jazz, est constitué de reprises de Sinatra, Bobbie Darin et Nat King Cole. Mais on n’en trouve que peu d’écho dans ses œuvres concertantes, même si une deuxième section de ce concerto pour trombone évoque des chorus et des techniques proches des parties de cuivres de certains morceaux de free-jazz, et la conclusion des rythmes de danses cubaines. Tout cela me parait largement aussi intéressant que les musiques du nord suscitées par Lindberg (compositeur et virtuose du trombone). A en juger par son catalogue Neil Currie marque une certaine prédilection pour les œuvres pour cuivres, étant l’auteur d’un quintette, de diverses pièces pour orchestre ainsi que d’une « fanfare for the uncommon man », par référence antithétique à celle de Copland. Le concerto pour trombone fut créé en Australie par Jorge Mester (longtemps chef de l’orchestre de Louisville et connu pour quelques interprêtations rares de pièces de Barber) marquant l’appartenance de Currie à ces deux cultures anglo-saxonnes.

    Revenu au Canada, Neil Currie écrivit une intéressante Rhapsodie pour saxophone et orchestre, qui constitua son morceau de fin de master à l’université de Vancouver et un concertino de 17 minutes environ. L’instrument soliste varie un thème de ballade assez volubile constitué d’une gamme par tons ascendante et descendante. A cette ouverture dramatique succède un agréable mouvement lent et rêveur sur fond de pizzicati, une berceuse inquiète, qui mène après une pause à la reprise du thème initial, ralenti, métamorphosé en une danse presque orientale qui s’enchaîne à une coda agité et brillante parcourue de trilles qui évoquent parfois la musique pour vents française.

    Le catalogue du compositeur comprend aussi plusieurs pièces de musique de chambre, dont 4 quatuors à cordes, une sonate pour clarinette, une pour piano, et une suite en cinq parties dont les thèmes sont intégrés à sa symphonie de 1999.

    Cette oeuvre de coupe classique me parait la plus aboutie et la plus intéressante, à la fois par sa simplicité thématique qui pourrait la rapprocher de certaines pièces de Copland, ainsi que par le raffinement de son orchestration qui mêle habilement les percussions et le piano au corps de l’orchestre raditionnel.
    L’introduction, andante commodo s’appuie sur les bois, des montées de gammes au glockenspiel du meilleur effet. Une fanfare conduit à de jolis effets des mêmes gammes, mais descendantes au piano, avant qu’un thème de bataille soutenu par les batteries de tambour ne les interrompe, menant à une conclusion plus grave.
    Le deuxième mouvement, mesto est une romance à demi-mélancolique des cordes sur de grandes tenues des vents, telles des pédales d’orgue. Les bois développent jusqu’à une reprise fugato du thème par les pupitres les plus graves de l’orchestre. La récapitalution s’élève lentement dans les aigus des violons.
    Le troisième mouvement « rhapsodie » fonctionne comme une sorte de scherzo inversé : il laisse la place à des interventions plus marquées du piano qui feint d’improviser un thème qui s’élargit par vague à l’ensemble de l’orchestre et revient comme la houle. La section centrale se présente comme une danse qui rappelle les Maypole dances de Hanson, et l’orchestration des ballets western de Copland encore. Un second trio s’achève dans une cadence du piano très bienvenue qui s’arrête, brutalement, pareil à ces oiseaux qui se mettent à faire du sur-place au milieu de leur vol.
    L’allegro precipitato conclusif est un ostinato construit sur de vastes arpèges, parcouru de cellules de quatre notes (intervalles de secondes répétées à des hauteurs diverses) jouant d’effets d’accumulations, d’empilement qui rapellent des musiques « ferroviaires » à la Honegger, mais dans un climat adouci.

    Après ça, peut-être l’auditeur trouvera-t-il qu’une telle musique n’a rien d’essentiel : elle est au moins aussi séduisante que celle de Jay Greenberg (mais lui a quinze ans), aussi agréablement divertissante que les symphonies d’un Meredith Wilson (datant des années 30) pour qui j’ai un faible coupable.
    Je pense que Mr Currie devrait s’atteler à la rédaction d’une nouvelle symphonie car il montre dans ce domaine un talent certain. Je crois qu’il faut réécouter pour bien apprécier cette musique qui a au moins le grand mérite de ne pas chercher à s’imposer ni par sa science ni par une outrecuidance si fréquente chez les contemporains.
    Le seul compositeur australien que j’avais entendu jusqu’alors était Michael Easton ; il est vrai qu’il n’y avait peut-être pas grande difficulté à faire mieux. Quant aux canadiens, malgré mes recherches désespérées sur Clermont Pépin, je ne crois pas disposer d’assez de points de comparaison pour me prononcer.

    Pour de plus amples renseignement, se reporter à son site :
    http://www.neilcurrie.com

  20. #20
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    Le label CMC (Canadian Music Centre) a édité une passionnante série de coffrets sur des compositeurs canadiens quasi-inconnus de ce côté-ci de l'Atlantique (pour ne pas dire totalement inconnus). Ca s'appelle Canadian Composers Portraits, et on ne s'en lasse pas. Je m'en suis mis une pile de côté, il y en a énormément, et j'ai commencé un peu par hasard par celui consacré à Barbara Pentland (1912-2000), bien que n'ayant pas été complètement séduit par ses lunettes.



    On peut avoir un aperçu de l'ampleur de l'entreprise ICI (ce sont des coffrets pour la plupart, dont un d'interview).

    L'oeuvre de Pentland est vraiment intéressante, voire très belle par moments : c'est atonal, mais dans un registre linéaire, méditatif, et sans heurts. Une personnalité musicale qui ne manque pas d'originalité. Ce coffret contient:

    CD1 :

    une interview d'1h (pas encore écoutée, j'étais pressé de passer à la musique). On peut trouver en pdf la transcription intégrale de ces interviews en anglais ET en français sur le site signalé plus haut.

    CD2 :

    Concerto pour piano : enregistrement ancien mais l'oeuvre est simple, aérée et agréable.

    Symphonie n°3 "in 10 Parts" : Dissonnant avec xylophone, des couleurs froides et douces à la fois, très particulier.

    Shadows, pour piano : atonal bateau sans intérêt

    Quatuor n°3 : austère et acide, pas déplaisant mais pas très personnel.

    CD3 :

    Interplay, pour accordéon & quatuor : des sonorités calmes et étranges, pas déplaisant mais pas très personnel

    Eventa, pour orchestre : Assez classique dans le genre atonal, mais pas éclaté, beaucoup de lignes continues, et globalement lumineux, sans grisaille. Pas mal du tout.

    Vincula, pour piano : résonnances de notes, très méditatif, presque du Feldman. Etonnant.

    Tides
    , pour violon, harpe & marimba : entes arabesques de violon sur des notes de harpe et de marimba qui évoquent comme des ondes se propageant à la surface de l'eau. Très poétique et contemplatif – vraiment très beau.

    Horizons
    , pour piano : il est rare que le piano atonal m'emballe, mais là ça m'a impressionné; c'est sans emphase, calme, limpide, contemplatif, et absolument étrange. Vraiment superbe.

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