+
Page 2 of 6 FirstFirst 1 2 3 4 ... LastLast
Results 21 to 40 of 111

Thread: Gabriel Fauré

  1. #21
    Membre
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Catalogne
    Posts
    4,360
    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    Un grand merci pour ces vidéos, Jean-Yves .

    J'avais justement réécouté hier, avec grand plaisir, ce Quatuor avec piano No 1 Op. 15 (une oeuvre dont la première exécution complète remonte à 1887, mais qui avait été composée bien antérieurement). C'était dans la version enregistrée en 1990 pour Sony Classical par Emanuel Ax, Isaac Stern, Jaime Laredo et Yo-Yo Ma, une version très somptueuse (peut-être même un peu trop, car certains la trouvent "carrément brahmsienne" ) qui semble rallier presque tous les suffrages, en tout cas chez nos amis anglo-saxons.

    Jacques
    Dans l'esprit la musique de chambre de Brahms n'est peut être pas si éloignée de celle de Fauré ? Mais ça c'est une discussion pour les fortiches...

    thierry

  2. #22
    Modérateur
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Paris
    Posts
    9,984
    Je ne saurais pas l'expliquer parce queje ne suis pas assez fortiche, mais en effet certaines pièces de Fauré font un effet voisin de celui produit par certaines pièces de Brahms (la musique de chambre au premier chef). De même que la pièce opus 118 n°6 m'évoque souvent Debussy.

    Pourtant, le "germanisme" de Brahms est bien souvent opposé à la "transparence" de la musique de française, mais, si je vois bien ce que l'on veut dire en comparant la 1ère sonate pour piano de Brahms au Prélude à l'Après-midi d'un Faune, je ne serais pas tenté de généraliser.

  3. #23
    Je ne suis pas fortiche du tout non plus, et j'ai souvent pris du Brahms pour du Fauré.
    Le mélange d'alanguissement et de lyrisme échevelé, peut-être?

  4. #24
    Modérateur
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Paris
    Posts
    9,984
    ah... c'est une jolie définition!

  5. #25
    Membre
    Join Date
    Nov 2007
    Posts
    2,567
    Quote Originally Posted by Fou des chutes View Post
    Je ne suis pas fortiche du tout non plus, et j'ai souvent pris du Brahms pour du Fauré.
    Le mélange d'alanguissement et de lyrisme échevelé, peut-être?
    Moi, je dirais plutôt que c'est un clair de lune pendant une éclipse de soleil

  6. #26
    Membre
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Haute Provence
    Posts
    1,679
    << Dans l'esprit la musique de chambre de Brahms n'est peut &#234;tre pas si &#233;loign&#233;e de celle de Faur&#233; ? Mais &#231;a c'est une discussion pour les fortiches...>>

    Je confirme que j'ai aussi cette impression.
    Je trouve que le d&#233;but du finale du double concerto de Brahms (juste avant le tutti de l'orchestre) a un c&#244;t&#233; faur&#233;en, surtout le th&#232;me du violoncelle &#224; 0 : 47 !!!....

    YouTube - Brahms: Double Concerto, Op. 102 (Part 4)

  7. #27
    Membre
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Haute Provence
    Posts
    1,679
    Merci Jyduc pour le magnifique premier quatuor avec piano qui est effectivement la toute premi&#232;re oeuvre que je conseillerais en absolue priorit&#233; &#224; un m&#233;lomane n&#233;ophyte d&#233;sireux de d&#233;couvrir Faur&#233;.
    (Ensuite je conseillerai le second Quintette d&#233;j&#224; cit&#233; plus haut et qui est peut-&#234;tre son plus grand chef d'oeuvre)

  8. #28
    Membre
    Join Date
    Nov 2007
    Posts
    2,567
    YouTube - Fauré - Après un rêve - Nathalie Stutzmann

    En &#233;coutant ceci, l'on se rend compte que la voix humaine et le violoncelle sont proches, si proches...

  9. #29
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    Thierry a abordé un sujet bien intéressant, et les réflexions qu'il a suscitées montrent en tout cas que certains cloisonnements sont beaucoup moins rigides qu'on pourrait le penser.

    Je suis évidemment loin d'être un "fortiche" en la matière (), même si je fréquente Brahms assez régulièrement. Avec le temps, quand même, ses Op. 116 à 119 pour piano sont devenus pour moi des pièces "d'île déserte", et les couleurs automnales qu'on trouve dans sa musique de chambre (je pense à certaines oeuvres tardives, comme les deux Sonates pour clarinette et piano) me procurent des émotions assez voisines de celles que je ressens en écoutant Fauré.

    Ce que je crois, en tout cas, c'est que Fauré se rattache comme Brahms, en raison simplement de l'époque à laquelle il commencé à composer, à un grand courant romantique qui dominait encore toute la musique occidentale et qu'il est resté fidèle à ce courant jusqu'à sa mort (il composait encore pour le piano des barcaroles et des nocturnes en un temps où étaient créés le Pierrot lunaire ou le Sacre du printemps, des oeuvres que sa surdité et son isolement ne lui ont sans doute même pas permis d'entendre). La différence réside donc bien dans un certain "style spécifiquement français", une sorte d' "état d'esprit" lié à une culture ayant son génie propre. Mais de telles notions, qui ne sont finalement que des clichés commodes, restent quand même bien difficiles à caractériser... S'agissant de Fauré, on voit en tout cas très vite que plus on s'avance vers ses oeuvres de la grande maturité (de l'avis de beaucoup, celle-ci débute vers 1906, année de la création du Premier Quintette), moins se justifie le reproche sempiternel fait à ce style particulier par les puristes du romantisme germanique d'être soi-disant "superficiel" ou "d'une légèreté un peu frivole"... "Légère et frivole", la Sonate pour violoncelle et piano en ré mineur Op. 109 ? "Superficiel", le Second Quintette en ut mineur Op. 115 ? C'est à l'évidence tellement faux qu'on aimerait pouvoir en rire pour ne pas avoir à en pleurer !

    Pour sourire quand même , et peut-être ajouter un peu de confusion au débat (), je me risque à évoquer - sans être trop sûr des détails - une petite anecdote qu'on m'a racontée il y a longtemps à propos du seul membre de ma famille ayant consacré entièrement sa vie à la musique (c'était en fait l'oncle du mari d'une des soeurs de mon père). Maurrassien pur et dur, encore plus conservateur que Vincent d'Indy ( ), il s'appelait Aloÿs Fornerod (1890-1965) et devint compositeur, puis directeur d'un petit conservatoire (sa renommée ne dépassa toutefois jamais les frontières locales). Mais chose étrange, alors qu'il affichait en bon maurrassien une aversion quasi viscérale pour tout ce qui, en musique, était d'essence romantique (donc, selon lui, "germanique"), il avait deux modèles absolus (ses dieux, en quelque sorte) : Ravel, ce qui n'a rien de surprenant, et... Fauré, ce qui est beaucoup moins compréhensible, compte tenu de ses principes; il n'appréciait en revanche pas du tout Debussy, qu'il tenait pour beaucoup trop "romantique" à son goût (allez y comprendre quelque chose !)... Cela étant, lorsqu'il était collégien et que Fauré, qui parfois séjournait à Evian, prenait le bateau pour se rendre à Lausanne (l'illustre compositeur devait avoir des habitudes très régulières), il arrivait paraît-il au jeune Aloÿs d'attendre "des heures" l'arrivée du bateau, et cela rien que pour apercevoir, de loin, son idole marcher sur le débarcadère avec son traditionnel canotier sur la tête; puis le gamin allait s'en vanter à tous ses copains . Une époque charmante mais bien révolue, pour le moins ...

    Jacques

  10. #30
    Modérateur
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Paris
    Posts
    9,984
    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    . Une époque charmante mais bien révolue, pour le moins ...

    Jacques

    C'est-à-dire que l'on risquerait plus de voir un gamin guetter à un débacardère l'arrivée du dernier vainqueur de la Star Ac' que celle de Pascal Dusapin...

  11. #31
    Membre
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Catalogne
    Posts
    4,360
    Heu! Jacques! Sans vouloir faire la leçon, le charme c'était pas à tous les étages de la société hein ?

  12. #32
    Associé
    Join Date
    Nov 2007
    Location
    Saint-Julien-Molin-Molette
    Posts
    6,339
    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    C'est-à-dire que l'on risquerait plus de voir un gamin guetter à un débacardère l'arrivée du dernier vainqueur de la Star Ac' que celle de Pascal Dusapin...
    D'un autre côté, je crois qu'il y avait plus de mouvements de foule et de hurlement divers pour Polaire que pour Fauré, même à l'époque. Ce qui peut se comprendre




    mah

  13. #33
    Membre
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Catalogne
    Posts
    4,360
    hou! La! Et pourquoi pas la Belle Otéro! Attention ces images étaient à l'époque border line pour Anastasie!

  14. #34
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    Quote Originally Posted by lebewohl View Post
    C'est-à-dire que l'on risquerait plus de voir un gamin guetter à un débacardère l'arrivée du dernier vainqueur de la Star Ac' que celle de Pascal Dusapin...
    Exactement, Lebewohl ! C'est quand même un peu triste, quand j'y pense .

    Mais de toute façon, je doute que Pascal Dusapin (ou Boulez, ou tout autre compositeur classique contemporain que vous voudrez) vienne souvent à Lausanne par bateau en partant d'Evian, comme Fauré le faisait bien tranquillement au début du siècle passé ... Les choses ont beaucoup changé, dirait-on, et à tout point de vue .

    Jacques

  15. #35
    Membre
    Join Date
    Oct 2007
    Location
    Catalogne
    Posts
    4,360
    Depuis que Pierrot Boulez a composé Dérive I puis II, il hésite à prendre le bateau...

  16. #36
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    Les choses ont beaucoup changé, dirait-on, et à tout point de vue.
    Euh... ... peut-être pas tant que ça, après tout, vu les remarques de Thierry et de Mah (je n'y avais pas pensé, mais je crains qu'ils aient parfaitement raison)

    Jacques

  17. #37
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    Quote Originally Posted by thierry h View Post
    Depuis que Pierrot Boulez a composé Dérive I puis II, il hésite à prendre le bateau...
    !!!

    Jacques

  18. #38
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    Il y a longtemps que je n'avais pas ri autant devant mon ordinateur !

    Pour retrouver mon sérieux, je me demande si je ne vais pas réécouter le Deuxième Quintette de Fauré , avant d'aller dormir ()...

    Quoi qu'il en soit, je vous souhaite à tous une bonne nuit .

    Jacques

  19. #39
    Membre
    Join Date
    Nov 2007
    Posts
    2,567
    YouTube - Piatigorsky plays Faure Elegie

    Pour attaquer la journ&#233;e sur de bonnes bases.
    Toujours cette similitude entre l'instrument en forme de corps de femme et la voix humaine...

    Bonne journ&#233;e

  20. #40
    Membre
    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Lausanne (Suisse)
    Posts
    2,782
    A propos de la similitude que vous avez &#233;tablie, Jean-Yves , je pense qu'on ne saurait mieux dire. Et merci &#224; nouveau pour ces belles vid&#233;os !

    Avant d'&#233;voquer les trois int&#233;grales des m&#233;lodies que je poss&#232;de (pour les r&#233;citals, il y en a d'innombrables, mais quelques bonnes suggestions ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faites sur ce fil), je voudrais &#233;voquer bri&#232;vement deux domaines qui me tiennent un peu moins &#224; coeur : l'oeuvre lyrique et l'oeuvre pour orchestre de Faur&#233;.

    Le th&#233;&#226;tre lyrique int&#233;ressait semble-t-il beaucoup Faur&#233;, et il a compos&#233; pour lui quelques oeuvres remarquables. Voici l'essentiel de ce que je poss&#232;de en la mati&#232;re :



    P&#233;n&#233;lope, son unique op&#233;ra, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le 10 mai 1913 au Th&#233;&#226;tre des Champs-Elys&#233;es, apr&#232;s une longue gestation (sa composition avait d&#233;but&#233; en avril 1907, de sorte que "tout le monde l'attendait avec impatience"). Et des renseignements tr&#232;s d&#233;taill&#233;s figurent &#224; son sujet dans le livret joint &#224; la version ci-dessus. Mais si j'y per&#231;ois beaucoup de belles choses, j'avoue que cette oeuvre, bien que sans doute importante, reste pour moi la plus herm&#233;tique de toutes. Et ce n'est pas sans raison, je crois, que le critique Jean Marnold lui a reproch&#233; &#224; l'&#233;poque sa "sobri&#233;t&#233; excessive", ainsi que son "manque d'&#233;clat et de diversit&#233;". Je vais toutefois faire l'effort de r&#233;&#233;couter bient&#244;t cet op&#233;ra avec la plus grande attention, pour tester &#224; nouveau mes impressions.

    La trag&#233;die lyrique Prom&#233;th&#233;e (cr&#233;&#233;e avec &#233;clat en 1900 aux Ar&#232;nes de B&#233;ziers), qui figure sur l'autre enregistrement (c'&#233;tait d&#233;j&#224; une raret&#233; quand il est paru il y a plus 20 ans et je doute fort qu'il soit encore disponible), est en revanche bien plus accessible. Je lui trouve m&#234;me des charmes assez inattendus... Si, comme moi, vous &#234;tes sensibles &#224; l'envo&#251;tement que procure l'&#233;coute de la Damoiselle &#233;lue ou de Sir&#232;nes, de Claude de France, jetez un coup d'oreille &#224; tels passages (avec orchestre et choeurs) figurant dans le "Cort&#232;ge de Pandore" [Acte II] ou le "Choeur des Oc&#233;anides" [Acte III] : vous vous demanderez alors si Debussy (celui de sa premi&#232;re p&#233;riode cr&#233;atrice) n'a pas tout de m&#234;me exerc&#233; une petite influence sur son ain&#233;, aussi fugitive soit-elle ...


    S'agissant de l'orchestre proprement dit, Faur&#233; n'y attachait pas une tr&#232;s grande importance et ne s'int&#233;ressa ni &#224; la symphonies, ni au concerto (au sens strict du terme). Il a tout de m&#234;me compos&#233; dans ce domaine un certain nombre d'oeuvres de tr&#232;s belle facture, et quelques-unes sont m&#234;me devenues assez populaires. J'en poss&#232;de une int&#233;grale (elle tient en deux disques), qui est la suivante :



    En ce qui concerne la Ballade, compos&#233;e par Faur&#233; vers 1880-1881 (il en existe une version pour piano seul et une autre avec orchestre), je ne r&#233;siste pas au plaisir de reproduire ci-dessous le bref commentaire que Debussy &#233;crivit &#224; son sujet le 9 mars 1903 dans la revue Gil Blas (un petit chef-d'oeuvre de sensibilit&#233; et d'ironie) :

    " (...) Nous avons entendu apr&#232;s une ballade pour piano et orchestre du Ma&#238;tre des charmes qu'est Gabriel Faur&#233;, presque aussi jolie qu'est Mme M. Hasselmans qui tenait la partie du piano en remontant d'un geste charmant une &#233;paulette qui se d&#233;robait &#224; toute gamme un peu vive. Je ne sais pas pourquoi il s'est &#233;tabli en moi une association d'id&#233;es entre le charme du geste pr&#233;cit&#233; et la musique de Faur&#233;. C'est pourtant par ce jeu aux lignes si gracieusement fuyantes que d&#233;crit la musique de Faur&#233; qu'on peut la rapprocher d'un geste de jolie femme sans crainte de d&#233;sobliger l'une ou l'autre." ()

    Jacques

+
Page 2 of 6 FirstFirst 1 2 3 4 ... LastLast

     

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts