Argerich en est une des meilleures spécialistes!
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Argerich en est une des meilleures spécialistes!



Poursuite de l'exposition "Ravel et ses maîtres":
YouTube - Marcelle Meyer plays Chabrier Pièces Pittoresques 7 Danse villageoise
YouTube - Marcelle Meyer plays Ravel Le menuet antique



Moi aussi (et ça ne date pas d'hier)...
Je suis pourtant un peu en rogne ces jours-ci : je voulais recenser toutes les versions que j'en avais, et je ne parviens toujours pas à retrouver celle du Quartetto Italiano, que je place parmi les meilleures.
J'ai heureusement celle du Quatuor Orlando, qui est excellent aussi dans le Quatuor à cordes en sol mineur de Debussy (on rencontre ce couplage au moins 9 fois sur 10). Et j'ai pu remettre la main sur les versions suivantes, plus ou moins bonnes (mais il faut que je les réécoute) : les Talich, Alban Berg, Viotti, Kodaly, Keller, Tokyo et Carmina.
A ce propos (et comme chacun le sait), le Quatuor à cordes en fa majeur de Ravel [décembre 1902 / avril 1903], dédié à son maître Gabriel Fauré, avait emballé Debussy. Je croyais toutefois que ce dernier, en écrivant à Ravel l'une des rares lettres qu'il lui ait adressées, voulait le dissuader d'opérer certains changements (sauf erreur dans le finale) que Fauré avait suggérés. Or, comme le montre le contenu exact de cette lettre que je viens de retrouver, les circonstances ont été quelque peu différentes... Apprenant que le Quatuor de Ravel devait être interprété le lendemain à la Schola Cantorum par le Quatuor Heyman et qu'il était question que l'oeuvre soit jouée "moins fort" (?), Debussy avait vivement réagi pour dire ceci à Ravel, dans un "télégramme pneumatique" daté du 4 mars 1904 :
"Cher ami,
Bardac vient de me dire votre intention de faire jouer votre quatuor - surtout l'Andante - moins fort... Au nom de tous les Dieux et au mien, si vous le voulez bien, ne faites pas cela. Songez à la différence de sonorité d'une salle avec et sans public... Il n'y a que l'Alto qui mange un peu les autres et qu'il faudrait peut-être apaiser ? Autrement, ne touchez à rien et tout ira bien.
Mon affectueuse cordialité.
Claude Debussy".
Jacques![]()



Moi j'ai la version du quatuor Orlando: elle me comble, je n'ai jamais trouvé mieux. (Dans Ravel, en tous cas, car pour le quatuor de Debussy, on peut aimer aussi des versions un peu plus sensibles et moins radicales).
J'ai aussi la version du Quattuor Parrenin. Je les trouve un peu limites (virtuosité et justesse) dans le difficile finale. Eux réussissent mieux le Debussy.



Orlando et Parrenin sont des fortiches ! Avec les Juilliard ça rigole pas beaucoup, entendez par là c'est un peu raide et sec, très virtuose... Bon faut aimer... Moi j'adore ! Les Budapest sont formidables on est pas très loin des précédents avec un peu plus de rondeur, ils réussissent mieux dans Ravel ! Enfin peut être mes préférés les Keller, aussi bons dans l'un comme dans l'autre... je les trouve légers et très intenses...
thierry![]()



Ce n'est toujours pas l'enregistrement que je cherchais ( ...m'énerve...). Mais je viens de tomber dans ma collection sur trois autres versions du Quatuor de Ravel, en plus de celles déjà citées : par le Fine Arts Quartet (Lodia - avec Debussy), par le Bartók Quartet (Hungaroton - avec Debussy et le Quatuor No 12, "Américain", de Dvorak) et par l'Orpheus String Quartet (Channel Classics - avec Debussy et le Quatuor "Ainsi la nuit...", de Dutilleux). Voilà de quoi "m'occuper" un moment
.
Ces recherches fébriles présentent quand même un avantage : je retrouve au passage des disques que j'avais complètement oubliés. Comme cette version de la Sonate pour violon et violoncelle (Ravel) par Yuli et Eleonora Turovsky, sur un disque Chandos où figurent aussi, par les mêmes instrumentistes : la Sonatine de Jean Rivier, la Sonatine d'Arthur Honegger et le Duo de Bohuslav Martinů
.
Et ce n'est pas fini...
Jacques


Bonjour,
Comme vous j'aime bien les correspondances... cela permet de défricher des nouveaux pays fertiles (comme diraient Klee et Boulez).
J'ai même créé une page spécifique d'itinéraires sur le site, en allant vers l'avant bien sûr (l'arrière est aussi respectable).
Pour Ravel, je vous suggère d'écouter Thierry Pécou (conc. piano, par ex.) et Christophe Bertrand (Mana par ex.)!
Cordialement,
Jean
www.musiquecontemporaine.info



Merci, Jean, pour ces diverses pistes et suggestions.
J'ai pris soigneusement note ("favoris") des coordonnées du site Internet indiqué, que je ne connaissais pas et qui pourrait m'être bien utile.
Jacques
cf post #1
Alfredo :
Le Boléro n'est pas, loin de là, son oeuvre la plus significative, c'est même une création tout à fait marginale dans son parcours, même si les raisons qui la font aimer du grand public sont typiquements "Ravéliennes".
que voulez vous dire par « typiquement Ravelien » ?
L'oeuvre intégrale de Ravel peut tenir en moins de vingt CD.
Aucune grande symphonie, aucun grand opéra, rien que des "petits trucs" de dix minutes ou un quart d'heure.
De petits bijoux fascinants de forme et d'éclat parfait recelant, malgré leur froideur de pierre précieuse, un potentiel émotionnel absolument explosif, pour qui sait trouver le mécanisme d'ouverture.
quel est le mecanisme d ouverture ?
Debussy aurait sans doute préféré pouvoir écrire des musiques mobiles.
Ravel, c'est le contraire: l'oeuvre écrite est "parfaite", non modifiable.
que veux dire une musique « mobile » et une musique « non modifiable » ?



<< que veux dire une musique « mobile » et une musique « non modifiable » ? >>
Une improvisation de jazz est une musique mobile: le musicien qui la joue la fera un peu différente à chaque fois.
Une fugue de Bach est une musique non modifiable, c'est tellement construit de façon formelle et logique qu'on ne peut pas modifier une seule note.
<< que voulez vous dire par « typiquement Ravelien » ? >>
Des sonorités d'orchestre qu'on n'entend que dans sa musique, son art de mélanger les sonorités des différents instruments pour créer des sons nouveaux, un effet d'accumulation de tension qui se renforce tout le long du morceau et qui explose à la fin comme un orgasme érotique, ce sont des procédés que Ravel utilise souvent dans sa musique et qui font son originalité par rapport à d'autres compositeurs.
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<< quel est le mecanisme d ouverture ? >>
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Ah Ah? secret!...



Sur Ravel, les chats et l'Enfant et les sortilèges, il y a une petite chose ici (cf. post 289)...
Jacques
comment est la musique typiquement Debussyste ?[FONT=Verdana]



Merveilleusement belle ! formidable ! Superbe ! Sublime ! Y'a pas mieux !
pas l emotion qu elle suscite
mais percevoir son fonctionnement, comprendre comment et pourquoi elle est faite ainsi ?



Bonsoir, Gavroche.
J'aurais pour ma part plein de choses à dire (des citations, des déclarations trouvées dans les bouquins que je relis assidûment ces jours-ci, etc.), mais il est préférable d'attendre l'avis d'Alfredo, pour autant qu'il souhaite répondre. C'est vraiment le grand spécialiste de toutes ces questions, sur lesquelles j'avais rarement vu quelqu'un s'exprimer avec autant d'à-propos(c'est en tout cas ainsi que je le ressens personnellement).
Jacques
Jacques :
C'est vraiment le grand spécialiste de toutes ces questions,
sur lesquelles j'avais rarement vu quelqu'un s'exprimer avec autant d'à-propos
bonsoir
merci, alors attendons l avis de Alfredo, il repondra, pas aujourd hui mais demain car je crois il n est plus sur le net



Alfredo va peut être ressusciter demain pour nous raconter tout ça...![]()



En attendant, je "frappe un grand coup"... Tout en ayant conscience que le fil Ravel n'était pas le mieux destiné à accueillir ce texte, et que c'est un peu hardi de ma part de le reproduire (il est en tout cas très long)
. Mais puisqu'il est une fois de plus question de Debussy et du "mystère" (ou du "problème") qui entoure sa musique, autant montrer le dialogue en question, qui m'a toujours semblé contenir une sorte de "clé de départ" vers tout ce qui a suivi. J'y vais, en espérant que ce sera lisible :
Bonne nuit !
Jacques



Qu'est-ce qui est typiquement Debussyste?
Techniquement, cela parait très facile à définir: l'emploi de certains accords et enchaïnements d'accords, l'usage de la gamme par tons, l'émiettement de l'écriture orchestrale, ou le jeu avec les résonnaces du piano.
Rien de plus facile que d'imiter du faux Debussy en improvisant au piano.
Rien de plus simple que de jouer "Au clair de la lune" ou "j'ai du bon tabac" à la manière de Debussy en calant quelques accords ou arpèges appropriés au bon endroit.
Alors qu'improviser au piano un pastiche "à la manière de Ravel" est une épreuve impossible: il faut passer des heures à l'écrire car les caractéristiques de son style sont dans la profondeur de la structure, et non dans l'apparence.
En plus toutes ses oeuvres sont tellement différentes...
Mais toutes les faciles imitations ou caricatures de la musique Debussy y compris celles réalisées par des compositeurs professionnels, si elles sont facilement reconnaissables, ne sont que des écorces vides privées de l'essentiel: le contenu...
Une exception toutefois: "la plainte au loin du Faune" de Paul Dukas:
pour une fois le "à la manière de" est aussi beau qu'un vrai...


