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Thread: Joe Hisaishi par Eiko Yamashita

  1. #121
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    On sent la mer d'ici
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    Très jolies les arabesques. Savoir les jouer doit bien compenser tout ce qu'on peut penser sur Debussy par ailleurs.

  2. #122
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    Quote Originally Posted by Theo B View Post
    Je viens de jeter un coup d'oeil, très dur certainement, mais je n'ai pas l'impression que cela contrarie déraisonnablement le positionnement naturel des mains; dans le genre, j'ai l'impression que Cloche à Travers Feuilles est beaucoup plus vache!
    Je crois que Poissons d'or est vraiment plus difficile.
    Ca va vite, mais il faut jouer léger et précis, et puis, rythmiquement il y a quelques vacheries (les alternés par exemple).
    Trouver le son, l'égalité qu'il faut, avec le moins de pédale possible dabns la dernière page, pas simple non plus !

    Dans les oeuvres de jeunesse, j'aime beaucoup la Ballade, qu'on n'entend jamais.

  3. #123
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    C'est vrai que Cloches... est lent, mais la polyphonie me semble un petit peu plus compliquée quand même. Enfin, de toutes façons...c'est bon pour les praticiens des opus 109-111, du quintette de Dohnanyi ou de l'opus 34b de Brahms!

    Les dernières pages de chaque:
    Cloches à Travers Feuilles:


    Poisson d'Or:

  4. #124
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    Quote Originally Posted by Theo B View Post
    Parce que, entre autres, elle incite à la préméditation de la musicalité: les notes vont sortir de toutes façons si on appuie sur les bonnes touches, donc réfléchissons à partir de là à la manière dont je vais les articuler.
    C'est en partant comme cela que l'on débouche sur toutes sortes de voies qui ne mènent nulle part et qui s'entendent très distinctement dans le résultat final, car tout à partir de là devient sujet à la reconstruction théorique, conceptuelle, d'après les outils de la pensée civilisée, prosaïque au sens littéraire, des mots qui brident l'imagination. Et ce qu'on entend dans le résultat final, c'est très souvent précisément cette imagination prosaïque et démonstrative, ceci est élégant, celi est violent, ceci est doux, cela est noir, ceci est onirique, cela est agité... on comprend mais on ne ressent rien.

    Alors que ce que l'on devrait entendre dans l'exécution des grandes oeuvres musicale est exactement tout ce à quoi le prosaïsme des mots ne donne pas accès. Ce qui suppose de l'avoir laissé de côté, ou derrière. Et d'être parti d'un rapport totalement physique à l'instrument, ce qui il me semble induit de faire comme si aucune note ne sortait automatiquement de la pression d'aucune touche. Ce qui est du même ordre que d'autres choses que l'on dit parfois, à juste titre: faire comme si il était possible de faire un crescendo sur une note, faire comme si il était possible de faire un glissando d'une note à l'autre sans toucher les autres, etc.
    Tout cela est fort bien dit, Théo, mais, si j'ai bien compris ta pensée (ce qui n'est pas sûr !), il me semble que l'un n'exclut pas l'autre.
    On peut mettre des mots, et on y bien est obligé lorsqu'on enseigne, ou qu'on fait de la musique de chambre et que montrer ne suffit pas, et préserver aussi une part d'indicible, être complètement dans la sensation physique et auditive, ou le contact "primaire" avec l'instrument.

  5. #125
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    J'avais travaillé "Et la lune descend..." nettement plus accessible pour des doigts amateurs que les deux autres pièces du recueil.
    Une question Chiarina: je m'acharnais à mettre des accents ternaires sur le passage entre 2 min. 55 et 3 min. 04, et je m'aperçois que beaucoup de pianistes le jouent binaire. Votre avis sur la question?

    YouTube - Marcelle Meyer plays Debussy - Images - II° série - 02 - Et la Lune Descend Sur le Temple Qui Fut

  6. #126
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    Quote Originally Posted by Theo B View Post
    C'est vrai que Cloches... est lent, mais la polyphonie me semble un petit peu plus compliquée quand même. Enfin, de toutes façons...c'est bon pour les praticiens des opus 109-111, du quintette de Dohnanyi ou de l'opus 34b de Brahms!

    Les dernières pages de chaque:
    Cloches à Travers Feuilles:


    Poisson d'Or:
    Je ne les ai pas joués, mais beaucoup entendu jouer...
    La polyphonie de Cloches est assez différenciée, la mélodie ressort aisément, et le tempo est très tranquille.
    Techniquement, tout Poisssons d'or est vraiment difficile.
    C'est une de mes pièces préférées.

  7. #127
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    Quote Originally Posted by Chiarina View Post
    Tout cela est fort bien dit, Théo, mais, si j'ai bien compris ta pensée (ce qui n'est pas sûr !), il me semble que l'un n'exclut pas l'autre.
    On peut mettre des mots, et on y bien est obligé lorsqu'on enseigne, ou qu'on fait de la musique de chambre et que montrer ne suffit pas, et préserver aussi une part d'indicible, être complètement dans la sensation physique et auditive, ou le contact "primaire" avec l'instrument.
    Oui oui, je suis bien sûr d'accord sur cela. Je n'ai jamais dit que la musique dans son ensemble était un domaine qui devrait être entièrement préservé du langage de communication, de la langue courante... encore que, après tout, en pratique, on pourrait tout à fait l'envisager, mais l'on perdrait alors certainement une dimension, peut-être de fragilité de notre propre rapport aux oeuvres, une dimension de doute qui est très certainement importante.

    Je voulais seulement dire que c'était une erreur de prendre le piano comme une activité instrumentale qui devrait s'appréhender différemment au motif que la production du son et la production de la note seraient comme distinctes, car il est évident que cette distinction change le rapport sous lequel on lit une partition, on réfléchit à la direction d'une phrase, sous lequel on fait de la musique tout simplement.

  8. #128
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    Marcelle Meyer ne fait pas une fausse note à 0 min. 12 ?
    (Ou il ya des variantes d'éditions ? )

  9. #129
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    Quote Originally Posted by Alfredo View Post
    J'avais travaillé "Et la lune descend..." nettement plus accessible pour des doigts amateurs que les deux autres pièces du recueil.
    Une question Chiarina: je m'acharnais à mettre des accents ternaires sur le passage entre 2 min. 55 et 3 min. 04, et je m'aperçois que beaucoup de pianistes le jouent binaire. Votre avis sur la question?
    Je vais vous faire une réponse de normand : vous pouvez continuer à penser et jouer les croches ternaires, mais je ne pense pas qu'il faille faire un accent.
    On a comme une polyrythmie, un triolet de noires au dessus de croches que vous continuez à sentir par trois, même si cela ne s'entend pas ou à peine, et c'est peut-être cette légère incertitude qui donnera le côté "très expressif" et "sans rigueur".

  10. #130
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    Quote Originally Posted by Alfredo View Post
    Marcelle Meyer ne fait pas une fausse note à 0 min. 12 ?
    (Ou il ya des variantes d'éditions ? )
    Sur la blanche pointée ?
    Je crois que c'est le si qui n'est pas bien sorti, à la MD, on entend surtout le la.

  11. #131
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    Je me "retrouve" évidemment dans bien des choses qui ont été dites cet après-midi. Et ça m'a fait tout drôle de voir que je jouais (ou avais joué) les mêmes pièces que Sud .

    Techniquement, j'ai toujours redouté de m'attaquer à Poissons d'or . Je me suis en revanche lancé sans le moindre complexe dans Cloches à travers les feuilles, avec un résultat () qui ne contentait que moi-même . C'est pour ça que j'estimais plus prudent, si quelqu'un était dans les parages, de faire retentir en lieu et place La Vallée des cloches de Ravel .

    Cela dit, pour une raison que j'ignore, c'est vers les Opus 117 à 119 pour piano de Brahms que je me suis tourné (sur disque) lorsque je suis rentré. Pas par lassitude ou nostalgie, mais parce que j'adore ces oeuvres .

    Puis, souhaitant mieux respecter le sujet initial, j'ai cherché s'il n'y avait pas sur YouTube de bons extraits de la musique de deux dessins animés japonais (mangas) qui sont à mon avis des chefs-d'oeuvre et qui me tiennent particulièrement à coeur : Hotaru no Haka [Le Tombeau des lucioles], d'Isao Takahata, et Jin-Roh [La Brigade des loups], d'Hiroyuki Okiura. Mais j'hésite (), n'ayant pas trouvé pour l'instant ce que je voulais.

    Je verrai donc ça plus tard, le cas échéant .

    Jacques

  12. #132
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    C'est drôle, Jacques, l'autre jour, Chiarina peut en témoigner (ou pas? je ne sais plus!), nous étions plusieurs à nous accorder sur le fait que le premier opus 119 de Brahms, et les 119 en général du reste, était une pièce bien sûr sublime et bouleversante, mais aussi d'un génie visionnaire incroyable, qui contenait en à peine quatre minutes presque tout l'avenir de la musique dans ses voies apparemment contradictoires: Schoenberg et Debussy, mais aussi Bartok et Janacek. Je suppose que vous êtes d'accord.

  13. #133

  14. #134
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    << On a comme une polyrythmie, un triolet de noires au dessus de croches que vous continuez à sentir par trois, même si cela ne s'entend pas ou à peine, et c'est peut-être cette légère incertitude qui donnera le côté "très expressif" et "sans rigueur". >>

    Si je ne m'abuse, il y a un effet de polyrythmie un peu similaire dans le climax du Prélude à l'après midi d'un faune.
    Sous certaines baguettes, cela sonne très laborieux.
    Sous d'autres baguettes, cela a l'air d'une respiration vivante parfaitement naturelle.

    Une des plus grosses difficultés dans "Et la lune descend...", c'est de phraser les séries d'accords parallèles comme de vraies lignes mélodiques.

  15. #135
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    Quote Originally Posted by Theo B View Post
    C'est drôle, Jacques, l'autre jour, Chiarina peut en témoigner (ou pas? je ne sais plus!), nous étions plusieurs à nous accorder sur le fait que le premier opus 119 de Brahms, et les 119 en général du reste, était une pièce bien sûr sublime et bouleversante, mais aussi d'un génie visionnaire incroyable, qui contenait en à peine quatre minutes presque tout l'avenir de la musique dans ses voies apparemment contradictoires: Schoenberg et Debussy, mais aussi Bartok et Janacek. Je suppose que vous êtes d'accord.
    Ah, la gaffe, je n'étais pas là !
    Tu confonds avec une autre...

    Dans la même idée, j'ai entendu Jay Gottlieb lors d'une master-class faire un parallèle assez parlant entre l'opus 116 n° 5 et le début des Variations opus 27 de Webern.

  16. #136
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    Quote Originally Posted by Chiarina View Post
    Ah, la gaffe, je n'étais pas là !
    Tu confonds avec une autre...

    Dans la même idée, j'ai entendu Jay Gottlieb lors d'une master-class faire un parallèle assez parlant entre l'opus 116 n° 5 et le début des Variations opus 27 de Webern.
    Désolé, c'était donc avec François et Thomas, bref... mais non Madame, vous voyez bien, je ne saurais vous confondre avec une autre!

    Cela se tient, très certainement:

    YouTube - Helene Grimaud plays Brahms Op.116 no.5 - Intermezzo
    YouTube - Mitsuko Uchida plays Webern Variations

  17. #137
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    Plus précisément, par exemple, il y a beaucoup plus qu'on ne le croit en commun entre ceci
    (changeons de version)
    YouTube - S. Richter plays Brahms intermezzo Op 119 No 1
    ceci
    YouTube - Arnold Schoenberg - Piece for Piano Op. 33a
    et cela
    YouTube - Arturo Michelangeli - Debussy Reflets dans l'eau
    et pourquoi pas ceci
    YouTube - L. Janacek - On an Overgrown Path 1/10
    Non?

  18. #138
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    On a dit que Gould ne jouait pas bien Schoenberg, je trouve ça splendide, hyper incarné, avec une sensibilité de chaque intervalle.
    C'est ça le point commun ?

  19. #139
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    Heu... Gould jouait certainement bien Schoenberg, pas mal Brahms, mais Debussy et Janacek, j'suis pas au courant!

  20. #140
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    Quote Originally Posted by Theo B View Post
    C'est drôle, Jacques, l'autre jour, Chiarina peut en témoigner (ou pas? je ne sais plus!), nous étions plusieurs à nous accorder sur le fait que le premier opus 119 de Brahms, et les 119 en général du reste, était une pièce bien sûr sublime et bouleversante, mais aussi d'un génie visionnaire incroyable, qui contenait en à peine quatre minutes presque tout l'avenir de la musique dans ses voies apparemment contradictoires: Schoenberg et Debussy, mais aussi Bartok et Janacek. Je suppose que vous êtes d'accord.
    Oui, parfaitement .

    A ce sujet (les 119 de Brahms), je suis même certain que Wilhelm Kempff s'est un jour exprimé de façon semblable. C'était à l'occasion d'un entretien reproduit dans un article que je ne retrouve malheureusement plus. Mais ça m'avait beaucoup frappé à l'époque. D'autant plus que ce n'était pas tous les jours que Kempff parlait de compositeurs autres que ceux de son répertoire de prédilection (Bach, Mozart, Beethoven, Schubert, Schumann ou Brahms, justement), montrant ainsi qu'il les connaissait bien aussi.

    Jacques

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