Je voulais, dire que la sensibilité de chaque intervalle pouvait être le point commun (ou l'un des) entre les oeuvres que tu as citées.
Je n'avais pas vu Janacek quand j'ai répondu.


Je voulais, dire que la sensibilité de chaque intervalle pouvait être le point commun (ou l'un des) entre les oeuvres que tu as citées.
Je n'avais pas vu Janacek quand j'ai répondu.



Pour Janacek, je ne sais pas. Mais pour Debussy (qu'il exécrait avec la même intensité que Bartók, allant jusqu'à dire qu'il éprouvait l'irrésistible besoin de se laver les mains après en avoir joué), il a en tout cas dû se l' "infliger" un peu sous la contrainte, au début des années soixante-dix, pour les besoins de la TV canadienne. C'était la partie pianistique de la Première Rapsodie pour clarinette de Debussy (version originale avec piano). J'ai cet enregistrement, avec aussi La Valse de Ravel (un arrangement pour piano seul par Gould himself), et on en trouve aussi une version vidéo sur YouTube (hélas très médiocre techniquement).
Mais le comble, si j'ose dire (), c'est que ce "sacré" Gould a interprété ça fort honorablement, avec toutes les "finesses" (mimiques inspirées, fredonnements, etc.) qu'il appliquait à son répertoire favori
. Même les "debussystes" les plus exigeants, du moins beaucoup d'entre eux, ont admis que c'était le cas.
Jacques



Pourquoi? On ne se le figure pas facilement ainsi dans l'imaginaire spontané de la chronologie, mais quand Brahms compose les opus 119, Schoenberg est un jeune homme qui compose comme Brahms, Debussy est trentenaire, Janacek cinquantenaire... S'ils avaient pu, ils auraient pu vanner ensemble sur un forum idiot, comme nous!



La parenté entre Brahms et Webern ne saute pas aux oreilles...
Il faut peut-être avoir l'oreille absolue pour entendre la musique pour piano de Webern?...![]()





...pour percevoir des thèmes et non des notes isolées comme perçoit le néophyte?



Je n'ai jamais rien joué de Debussy (c'est trop facile), mais n'y-a-t-il pas à la fin de la Suite Bergamasque dont parlait Sud une effrayante polyrythmie de 4 pour 5 ?
Pour Webern je partage le scepticisme d'Alfredo. D'ailleurs pour Webern mon scepticisme est global.


Je partage le scepticisme de Couack et Alfredo.
Par contre, il s'étend aux pièces de Schönberg pour piano. J'avoue ne pas les goûter. Peut-être que cela viendra!
Pour Webern, une petite parenthèse, ce mouvement pour quatuor à cordes de jeunesse absolument merveilleux! Pourquoi a-t-il arrêté?






<< mais n'y-a-t-il pas à la fin de la Suite Bergamasque dont parlait Sud une effrayante polyrythmie de 4 pour 5 ? >>
Je ne pardonnerai jamais à Paul Crossley (que j'adore dans tout les reste de cette suite) de contourner cette polyrythmie par un effet de rubato.


J'imagine que ca devait aussi vanner dans les salons intellectuels parisiens. Avec plus de classe, sans doute, mais moi je suis pauvre. Dans le même genre, Bruckner écrit sa dernière symphonie en même temps que Mahler ses trois premières... et que Debussy son Prélude. Mais si ce que tu veux dire c'est que Brahms n'est pas un vieux crouton réactionnaire mais un compositeur qui avance avec son temps, y compris à la fin, alors je suis d'accord... mais dans ce cas je ne vois pas où est le "visionnaire". Debussy n'a pas besoin de Brahms au moment où celui-ci écrit l'op.119, le pas décisif il l'a déjà fait.
Ceci étant dit, j'ai toujours trouvé des traces de Debussy dans la musique pour piano de Schönberg. De là à faire de Brahms le point commun, il y a un pas que je ne franchirai pas. N'est-ce pas plutôt, parce qu'il y a Schönberg en quelque sorte au milieu, qu'on peut entendre un Brahms lointain dans Debussy?



Moi j'entends souvent du Brahms dans Fauré mais jamais dans Debussy.
Ce qu'on prend pour du Brahms dans Debussy, c'est César Franck










Je ne sais pas si c'est utile (il s'agit plutôt d'une "anecdote révélatrice"), mais sur l'intérêt que Schönberg pouvait porter à la musique de Debussy je reproduis ci-après le premier paragraphe d'une présentation, par Volker Scherliess, de l'étonnante réduction pour petit ensemble instrumental faite par l'Ecole de Vienne vers 1920 du Prélude à l'après-midi d'un faune (elle est pour deux violons, alto, contrebasse, flûte, hautbois, clarinette, cymbales antiques, piano et harmonium) :
"Le cercle de Schönberg avait toujours porté un intérêt particulier à l'impressionnisme français, autrement dit à la musique de Claude Debussy. On la critiquait certes à plus d'un égard, considérant que l'accent mis sur le coloris représentait une déperdition de la substance musicale, mais d'un autre côté elle possédait tant de charmes harmoniques qu'aussi bien Schönberg et Webern que surtout Berg ne se lassaient pas de l'analyser. Surtout après la mort de Debussy, on se fit un devoir de faire connaître ses oeuvres. Aussi devint-il, après Reger, le compositeur le plus joué à l' "Association d'exécutions musicales privées" (...)."
Je précise que l'essentiel du travail de cette transcription fut confié par Schönberg à son élève Benno Sachs, lequel s'en acquitta sous le contrôle attentif de son maître qui en approuva le résultat. Alban Berg y participa activement lui aussi, vu les annotations de sa main figurant sur la partition (la partie de piano tout spécialement).
Jacques



Comme je ne saisis pas tellement non plus, je reproduis ci-dessous à toutes fins utiles les deux dernières pages de ma partition actuelle (Broekmans & Van Poppel - Amsterdam) de la Suite bergamasque, autrement dit les 41 dernières mesures de sa quatrième - et dernière - pièce, Passepied (c'est un peu petit mais ça devrait aller) :
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Jacques





