au demeurant je me fiche un peu que ce soit très espagnol ou très parisien ; l'un me semble inventif et sensuel et intéressant, l'autre répétitif, un peu raide et vaguement rasoir, quoique plaisant ; vraiment j'aime assez en écouter, cela dit
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au demeurant je me fiche un peu que ce soit très espagnol ou très parisien ; l'un me semble inventif et sensuel et intéressant, l'autre répétitif, un peu raide et vaguement rasoir, quoique plaisant ; vraiment j'aime assez en écouter, cela dit






mais... dans la vie breve, justement!



Bien.
Toujours est-il que je suis très content qu'un fil de discussion ait été ouvert sur Joaquin Rodrigo, qui le méritait amplement.
Pour ceux qui ont Simplify Media, qui ne connaîtraient de Rodrigo que son splendide Concierto de Aranjuez pour guitare et orchestre ("un chef-d'oeuvre de la première à la dernière note", dixit Francis Poulenc) et quelques autres oeuvres orchestrales, j'ai ajouté à ma liste SM diverses pièces pour piano qui pourraient les surprendre... Car si elles ont en effet fort peu à voir avec Albéniz et de Falla, d'autres influences s'y perçoivent, notamment (en particulier dans la Suite pour piano de 1923) celles de Ravel [quand même], de Satie et de Stravinsky [eh oui
!]. Cette musique n'en est pas moins profondément "espagnole dans l'âme", mais un peu à la manière où le sont celles de Federico Mompou et de Manuel Blancafort (qui certes étaient d'abord catalans, mais Valence, ville natale de Rodrigo, n'est pas si éloignée que ça de Barcelone). Une certaine "modernité" n'en est pas du tout absente non plus, avec même, dans Preludio al Gallo mañanero de 1926, des passages "frôlant l'atonalité" (c'est du moins ce que pense Gregory Allen, interprète de ces pièces).
Les oeuvres de Rodrigo pour piano ajoutées à ma liste sont :
- Suite pour piano (1923), avec successivement "Prélude", "Sicilienne", "Bourrée", "Menuet" et "Rigaudon", que Ricardo Viñes donna en première audition à Paris en 1928,
- Preludio al Gallo mañanero (1926),
- Bagatela (1926),
- Serenata Española (1931) et
- Sonata No 1 en fa dièse mineur (1950), en un seul mouvement comme la plupart des sonates composées au XVIIIème siècle par Antonio Soler.
Toutes ces pièces (et pas seulement celles ci-dessus) sont à mon avis remarquables, et on peut s'étonner que beaucoup d'illustres panistes espagnols - à commencer par Alicia de Larrocha - ne les aient jamais enregistrées.
Jacques



"Rimsky-Korsakov est un compositeur que j'admire énormément, son capriccio est magnifique - j'ai quand même quelques certitudes indélébiles."
Tout à fait. De toute façon, il n'y a pas grand-chose à jeter chez Rimsky-Korsakov.
Personnellement, si j'avais à choisir, peut-être de Falla chez les Espagnols, et encore.
Vous avez raison, je pense, au sujet des jardins d'Espagne visités de nuit :o)
Non, décidément, la musique espagnole ne me touche guère, même pas "Le tricorne", oeuvre s'opposant à Irmah qui pourrait être complexée pour n'en avoir que deux.






sans doute pas!
(ça me fait penser, je ne sais pas pouruoi, aux symphonies d'instruments à vent de Stravinsky ; alors que ça n'a rien à voir, je suppose)


J'aime beaucoup de que j'ai entendu de la musique pour piano de Rodrigo: la Suite, les petites Sonates. À placer dans les parages de Blancafort et de Mompou.
Ces œuvres figurent dans le deuxième volume de la série enregistrée par Artur Pizarro chez Naxos. Je n'ai pas vérifié si son intégrale était bien complète en deux volumes.






je ne vois pas ce qu'on peut trouver de plus authentiquement espagnol que les Sept chansons populaires de Falla. Sans parler du Tricorne et de l'amour sorcier, Les tréteaux de Maître Pierre sont tellement espagnols qu'il n'ont même plus grand-chose à voir avec la musique européenne. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles on ne les joue jamais d'ailleurs.
Albeniz pas espagnol? Même la Rhapsodie espagnole (concerto n°2)? les innombrables danses espagnoles, le prélude en ré que les guitaristes se sont appropriés comme un air du folklore? Iberia?
Encore ne peut-on pas réduire la musique classique espagnole à Falla et Albeniz: parmi les géants de stature internationale reste encore Granados. Et évidemment tous les Chapi, Breton, Luna, Larra, et plus loin dans le temps Soler, Carnicer, Arriaga, et la très riche tradition baroque. Plus proches aussi les Halffter, Gerhardt, Guridi, et toute l'école catalane, Toldra, Montsalvage...
Parmi les franquistes (pas les Franckistes), Turina me paraît plus intéressant et plus authentique que Rodrigo, lequel est sans doute moins coupable de n'avoir pas vu ce qui se passait autour de lui, puisqu'il était aveugle (et accessoirement élève de Dukas).


Merci Jacques. Ce sont bien les deux volumes dont je parle. Artur Pizarro est un pianiste qui s'est d'abord illustré dans Vianna da Motta, ce qui n'est pas courant.
Pour en revenir à Rodrigo, je trouve que toutes ces considérations sur ce qui est "authentiquement espagnol" ou pas relève de la critique impressionniste, ni plus ni moins. Mais je ne voudrais pas me fâcher pour autant avec ceux qui pensent le contraire!



Parenthèse :
Je note dans mon carnet que Roberto Gerhard a été cité par ici...
( la 3ème symphonie est sur mon SM depuis longtemps je peux y mettre pour les curieux, tout un tas d'autres choses... )



En tout cas, ce compositeur nous aura permis d'avoir une immortelle chanson de Richard Antony, et tout le monde ne peut pas en dire autant



Et je signale aussi que "L'Atlantide" de de Falla a été achevée par Ernesto Halffter (dernière exécution publique à Paris repérée par le choeur et l'orchestre de Paris Sorbonne, il y a une dizaine d'années, mais je peux me tromper).



<< Est-ce un hasard si le Concerto para clave, flauta, oboe, clarinete, violin y violoncelo est la seule oeuvre de Manuel de Falla que Boulez, à ma connaissance, ait jamais enregistrée (...
) ?>>
Boulez a aussi enregistré le Tri-cornu chapeau:
<< C'est vrai! Et avez vous également remarqué à quel point l'oeuvre de Stockhausen s'inscrit dans la continuité de celle d'Offenbach?
Si ça a un sens je veux bien qu'on m'explique. >>
Ça se lit de gauche à droite et de haut en bas.



Je respecte moi aussi les différentes approches qu'on peut avoir de ce qui est "authentiquement espagnol" en musique, de ce qu'on perçoit comme "profond" ou "superficiel". Remarquez que je ne me suis pas vraiment fâché hier soir. J'ai en fait simplement eu la réaction "normale" du petit-fils de montagnard helvétique que je suis, dont l'enfance fut marquée par une sorte de culte pour Ernest Ansermet (
). Et Dieu sait si ce chef aimait la musique de Manuel de Falla, dont il créa triomphalement, à Londres en 1919, le ballet Le Tricorne...
J'avoue quand même ne pas avoir beaucoup d'enregistrements d'oeuvres pour orchestre de Rodrigo, n'ayant pour l'instant retrouvé dans ma collection que ces deux disques, avec divers couplages (l'album Naxos ne "casse rien" en apparence, mais la critique ne l'avait pas moins couvert d'éloges) :
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Cela dit, j'ai constaté que Naxos avait entrepris depuis quelques années une intégrale de toute l'oeuvre pour orchestre de Rodrigo. Le label, à ce jour, en est déjà à son neuvième volume. Voici comment se présente le dernier, auquel David Hurwitz sur Classics Today (avec ou sans l'intervention de Christophe Huss) donna l'an dernier la note de 9/9 :
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Jacques


Jacques, j'ai envie de demander à l'Helvète que vous êtes ce qu'il pense de la Fantaisie sur des rythmes flamencos du Suisse Frank Martin.



Merci de l'avoir signalé, Alfredo(je ne me souvenais que du Concerto pour clavecin).
Je constate que l'enregistrement par Boulez de La Péri (Dukas) qui figure aussi sur l'album que vous avez montré fait partie de ceux repris dans le coffret Sony de quatre disques présenté sur le fil Roussel.
Je ne connaissais pas cet enregistrement et l'ai trouvé très bon (la fanfare initiale, en particulier, est impressionnante dans cette version).
Jacques






A propos de L'Atlantide [Atlàntida] de Manuel de Falla, je signale qu'Ernest Ansermet fut l'un des premiers à en réaliser un enregistrement. En mono, avec la particularité de faire intervenir comme soliste principale Montserrat Caballé (une soprano à la voix magnifique mais qu'on entend assez rarement dans la musique de son Espagne natale), il a été réédité en 2001 sous le label Cascavelle et figure sur l'album suivant :
Je ne possède pas cet enregistrement, n'ayant que celui (la version "tout à fait complète" telle qu'achevée par Ernesto Halffter) que réalisa bien plus tard en stéréo, à Madrid en octobre 1992, Edmon Colomer à la tête du Joven Orquesta Nacional de España (les principaux solistes étant Teresa Berganza et Simon Estes). C'est un coffret Valois Auvidis paru en 1993.
Jacques