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Thread: Vincent d'Indy

  1. #1
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    Vincent d'Indy

    Coucouroucoucou,

    Tout d'abord, je tiens à rappeler à l'aimable assistance que je ne suis pas mélomane. On m'accepte sur ce forum d'élite mais jamais délité. Je dois toutefois verser un "loyer" à l'un des modérateurs dont le pseudo en trois lettres plus un nombre à deux chiffres doit absolument rester secret.
    Je n'suis qu'un pauv' paysan, c'est mon leitmotiv, ma motivation à continuer de dire des sottises sans être viré, ce à quoi j'aspire pourtant.
    Bon, ce brave homme est né à Paris - on lui pardonne. Ce qui est sûr, c'est que cela ne s'entend pas dans sa musique. On est loin de Satie, et rien à voir avec Fauré...
    Ce monsieur a donc composé quatre symphonies dont la célèbre "Cévenole", petit bijou en trois mouvements. Deux autres dont une "Italienne". Et enfin celle qui est proposée dans la playlist et qui m'interpelle.
    Au début, la musique attire mon oreille, je pense à César Franck, Debussy, Dukas... C'est alléchant, on a envie de poser sa tête sur un oreiller et de se laisser porter par les notes. Elle se développe... s'étire... s'étire... elle va craquer ? Ben non, elle est élastique. L'orchestration est parfois pompeuse, maladroite. On sent que le compositeur fait dans le remplissage, tâtonne.
    Et puis... Après l'écoute, je me dis qu'il y a un mouvement de trop, que les thèmes s'embrouillent, deviennent bavards. C'est long, plat, ennuyeux. Çà et là, on croit reconnaître le thème du troisième mouvement de la "Cévenole" ; comme un sourire dans cette musique digressive. Ce n'est bien évidemment qu'un avis personnel, mais j'en suis à ma quatrième écoute et cela ne rentre toujours pas.
    Mais je vais sans doute l'écouter une cinquième fois, et au-delà, jusqu'à ce qu'elle soit rangée dans le placard toujours creux qui me sert de cerveau.

    Bien l'bonjour chez vous

  2. #2
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    j'avais brièvement parlé de la 2ème symphonie ici
    http://classiqueinfo-disque.com/spip...cle780&lang=fr
    on trouve en note de bas de page la référence pour télécharger la notice Chandos de la version Gamba de cette symphonie, qui explique assez bien l'argument idéologique.

    Il y a dans l'article des liens html vers une critique de la symphonie italienne par Michel Thibbaut et la volume 1 de Gamba chez Chandos qui contient entre autre une belle version de Souvenirs.

    Pour moi, dans la musique d'orchestre de d'Indy (enfin ce que j'en connais) le meilleur est Jour d'été à la Montagne, et les grands tableaux symphoniques de la période d'Agay (celle du deuxième mariage de d'Indy où il subit l'influence en retour de Debussy), Poème des Rivages et Diptyque méditerranéen.

    Je reprends ce que j'en disais ailleurs:

    Le tournant décisif de d’Indy sans son grand âge semble lié à des circonstaces biographiques plus qu’à l’influence musicale de ses contemporains. En 1920, veuf, il se remarie à une jeune femme de son choix, affrontant la désapprobation de son entourage : c’est elle qui l’entraîne vers la méditerranée, la Sicile de leur voyage de Noces. Entre 1920 et 1925, Linou (Caroline) et Vincent font construire une petite maison à Agay, sur la terrasse de laquelle D’Indy orchestrera ses dernières partitions pour orchestre, entièrement vouées à la description de la lumière sur la mer et les plages, Poème des Rivages (1919-1921) et Diptyque Méditerranéen (1926).

    Le Poème des Rivages est une merveilleuse réussite : on ne peut bien sûr éviter les comparaisons avec La Mer, mais le projet n’est pas le même, si les moyens et les atmosphères y ressemblent par endroits. Il y a plus de levers et de couchers de soleil chez d’Indy. Les trouvailles d’orchestration sont un véritable bonheur ; qu’on écoute seulement la transition entre le vaste 1er mouvement (Calme et lumière : Agay) qui s’éteint dans des harmoniques de cordes sur un accord hors tonalité, et le début du second (La joie du bleu profond : Miramar de Mallorc) avec ses vagues de clarinettes. En fait d’Indy parle surtout en couleurs, des couleurs scintillantes, des envols wagnériens dans des structures debussystes : comme Lalo, Koechlin, Ravel, il ne néglige pas la couleur locale d’une danse espagnole, de cuivres rutilants rapellant Chabrier l’ami de sa jeunesse. Le scherzo de cette symphonie (Horizons verts, Falconara) semble initier ce courant qui va traverser les années 20 avec sa description et son rythme machiniste de petit train (ce n’est qu’un tortillard à vapeur, pas encore Pacific231) mais on croirait parfois George Antheil ou Villa-Lobos, sans parler des merveilleuses phrases de saxophones, du brillant festif qui annonce les six, d’une marche en avant qui n’est pas loin du Roussel de la troisième symphonie ou de certains procédés et mélodies de Chostakovich. Toute la malice, toute la science de Florent Schmitt se retrouvent autant dans le chatoiement des étincelles ferroviaires que dans l’introduction orientalisante du dernier mouvement (Le mystère de l’océan, le Golfe de Gascogne) : les mélodies y prennent un tour décadent, presque teinté de blues, alors même que les préoccupations structurelles cycliques et le programme d’un voyage dans l’espace et le temps viennent encore casser les reflets du rêve. On dirait ces cartes postales de voyage, l’ancêtre des Escales et des Tropismes d’Ibert, comparable à Beni Mora de Holst, mais avec un souffle plus large, une respiration plus dramatique. Un Toscanini, un Stokovsky, un Bernstein aurait pu réaliser des versions spectaculaires de cette musique à effets .
    Il faut croire que d’Indy a connu un destin parallèle à celui de son Maître, et que sa musique s’est améliorée au contact de ses élèves pour atteindre de nouveaux sommets : il a eu la chance et la malchance de vivre trop longtemps.



    Disque tout à fait remarquable : répertoire rare, direction excellente, un vrai bonheur

  3. #3
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    Je crois que Chandos s'est lancé dans une intégrale de l'oeuvre de monsieur d'Indy...
    Sinon je dois bien avouer que le disque d'Emmanuel Krivine est formidable je vais le mettre sur mon compte SM... si je l'ai sous la main ! Sinon j'ai en rayon la formidable version de la Symphonie Cévenole par Charles Munch à Boston et Nicole Henriot Schweitzer ( on reste en famille )
    J'ai découvert il y a quelques années les 3 quatuors, je n'ai rien compris à cette musique... si quelqu'un a un mode d'emploi... rien ne presse non plus !
    Sinon pas grand chose à dire sur le bonhomme... je préfère Magnard évidemment !


  4. #4
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    Il joue à quel poste, Magnard ?
    Sinon, Chandos, ça fout les j'tons... champ d'os, brrrrrrr

  5. #5
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    Il aurait pu se prénommer Colin, Magnard, mais Albéric, j'avoue que ça en jette.
    Mon personnage préféré de la Tétralogie. Non pas que je sois petit, mais parce que j'aime Laure tout comme lui. Vous ne connaissez pas Laure ? Vous devriez. Elle est mime dans une troupe de polyvalents son pesant d'or, haha

  6. #6
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    Quote Originally Posted by JYDUC View Post
    Il joue à quel poste, Magnard ?
    Sinon, Chandos, ça fout les j'tons... champ d'os, brrrrrrr
    John Chandos était un pote du Prince Noir et adversaire préféré de Bertrand du Guesclin mais ça n'a rien à voir...

  7. #7
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    je ne suis pas non plus particulièrement attiré par la musique de d'Indy en général, je n'aime que peu la fameuse Cévenole, et je trouve Wallenstein très ennuyeux par exemple.
    Je dois dire que les quatuors me sont aussi un peu passé au-dessus de la tête. Il existe en revanche un trio clarinette, violoncelle, piano absolument magnifique. C'est étonnant d'être à ce point capable de mêler le plus réussi à l'insupportable.

  8. #8
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    Quote Originally Posted by thierry h View Post
    John Chandos était un pote du Prince Noir et adversaire préféré de Bertrand du Guesclin mais ça n'a rien à voir...
    Ben, je sais, mais t'as déjà vu la statue de du Guesclin ? A Châteauneuf-de-Randon, en Lozère.
    Il était petit, mais petit... presqu'aussi petit qu'Alberich.
    Si, si, il y a un rapport avec la discussion sur d'Indy : Châteauneuf-de-Randon, ce n'est pas loin des Cévennes

  9. #9
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    Je tiens tout de même à rassurer Fred Audin, qui a pris la peine de m'éclairer sur certains points, que j'ai l'air couillon comme ça, en regardant vite, mais c'est juste une façade. Alors, si vous connaissez un bon peintre en bâtiment...

  10. #10
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    Wallenstein de Smetana c'est bien plus rigolo... ( John Chandos, Wallenstein, cette discussion prend une tournure militariste surprenante ! )

  11. #11
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    Quote Originally Posted by JYDUC View Post
    Ben, je sais, mais t'as déjà vu la statue de du Guesclin ? A Châteauneuf-de-Randon, en Lozère.
    Il était petit, mais petit... presqu'aussi petit qu'Alberich.
    Si, si, il y a un rapport avec la discussion sur d'Indy : Châteauneuf-de-Randon, ce n'est pas loin des Cévennes
    Heureusement qu'il était petit... faut rentrer dans un plumard breton !

  12. #12
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    Bonjour.

    Les quatuors de d'Indy, oui, bof, hum, faut voir. De la musique typique "la France d'après Franck regarde le principe cyclique* droit dans les yeux". Ça aurait presque du charme à force... Le premier quatuor m'avait paru plus intéressant car plus lyrique et moins dogmatique.
    Le sextuor à cordes ajouté à l'intégrale du quatuor Joachim



    est beaucoup plus sympathique, chantant et détendu, plein d'idées agréables. Effectivement, ce monsieur d'Indy souffle le chaud et le froid...



    *j'ai dit "cyclique", pas "cycliste" (note destinée aux amateurs du tour de France)

  13. #13
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    Un modérateur qui connaît la musique...
    Et après, il y en a qui s'en plaignent.

    (combien ça va me coûter, encore, cette histoire)

  14. #14
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    Quote Originally Posted by mah70 View Post

    Voila ! C'est avec cet enregistrement que j'ai découvert les quatuors... Sinon je ne sais pas si Maurice Garin aimait la musique de d'Indy...

  15. #15
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    Quote Originally Posted by thierry h View Post
    Voila ! C'est avec cet enregistrement que j'ai découvert les quatuors... Sinon je ne sais pas si Maurice Garin aimait la musique de d'Indy...
    Ma foi, entre Garin et d'Indy il y avait quelques ressemblances:



    Sinon, je crois bien que le double CD du quauor Joachim est unique en son genre. Je ne sais plus qui a écrit le texte de présentation, mais l'auteur était fasciné que le 3e quatuor ait été écrit sur une simple cellule de quatre notes, lesquelles travaillées en miroir, en inversion, en réduction et bien fouettées avec de la crème donnaient lieu à l'intégralité du matériel thématique du quatuor. Dans son lyrisme, l'auteur disait que cela "égalait l'Art de la Fugue" ou quelque chose dans le genre. Je trouve que ça résume assez bien la démarche de d'Indy, et c'est miracle que cela donne quelque chose d'écoutable...

  16. #16
    J'espère aussi que Chandos nous donnera l'intégrale de la musique symphonique de d'Indy.
    Parallèlement, la musique pour piano paraît chez Genuin sous les doigts de Michael Schäfer, dont j'ai déjà parlé à propos de Cyril Scott. Je n'ai pas encore écouté les d'Indy, mais je crois qu'on peut faire confiance à ce pianiste original et talentueux.

  17. #17
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    Ça c'est de la bicyclette ! Et sans gadgets inutiles ( freins, dérailleur ! ) Dans la descente du Ventoux ça force le respect...

  18. #18
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    Quote Originally Posted by thierry h View Post
    Ça c'est de la bicyclette ! Et sans gadgets inutiles ( freins, dérailleur ! ) Dans la descente du Ventoux ça force le respect...
    Sans freins parce que sans roue libre...

    http://www.commeaucinema.com/bande-annonce/83477

  19. #19
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    Y'a trop de funambules sur ce fil :o)

  20. #20
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    Quote Originally Posted by Fred Audin View Post
    j'avais brièvement parlé de la 2ème symphonie ici
    http://classiqueinfo-disque.com/spip...cle780&lang=fr
    on trouve en note de bas de page la référence pour télécharger la notice Chandos de la version Gamba de cette symphonie,

    (...) et la volume 1 de Gamba chez Chandos
    Piero Gamba? On parle bien du même, le plus grand beethovénien de tous les temps?

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