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Thread: Richter perdant ?

  1. #1
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    Richter perdant ?

    Bonsoir. Bien que ma demande d'avis sur quelques interprétations du lied "Die Bekehrte" de Hugo Wolf soit restée sans suite, j'essaie de nouveau avec deux versions de l'Adagio de la sonate pour piano K 570 de Mozart. J'ai fait un peu de piano quand j'étais gosse et on me disait qu'une mélodie ne doit pas se chanter note par note, mais phrase par phrase.

    Voici maintenant le mouvement en question par Leon McCawley :
    Leon McCawley - Mozart Piano Sonata K570 (No. 17 in B flat major) - 2. Adagio - YouTube[/URL]

    et le voici par Richter :
    Sviatoslav Richter in Savona, 1990 - Mozart Sonata KV 570 - YouTube[/URL]

    Pour entendre l'Adagio par Richter, allez à 9:39 . Si vous regardez la vidéo sur You Tube même, vous pouvez cliquer sur "9:39" dans la description (déployée) de la vidéo.

    Il me semble que dès le début, on entend que celui qui chante phrase par phrase est Leon McCawley et que celui qui chante note par note est Richter. Donc Leon McCawley me semble, au moins ici, meilleur pianiste que Richter. (Il vaut peut-être mieux ne pas faire attention aux gestes et aux mines de Leon McCawley .)

    Qu'en pensez-vous ?
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  2. #2
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    Quote Originally Posted by InnocentParadis View Post
    (...) Il me semble que dès le début, on entend que celui qui chante phrase par phrase est Leon McCawley et que celui qui chante note par note est Richter. Donc Leon McCawley me semble, au moins ici, meilleur pianiste que Richter.
    Je vais peut-être vous étonner, cher IP, mais après avoir écouté les deux versions, c'est bel et bien la version de Richter qui me "parle" le plus, alors que celle de McCawley m'apparaît quelconque ...

    Je n'ai aucune formation musicale.
    Les raisons pour lesquelles j'ai repris ce forum sont étrangères à ma "connaissance" de la musique. Elles n'étaient alors basées que sur le goût que j'ai, très souvent, d'écouter de la classique, de comparer des versions, de découvrir des compositeurs ou des interprètes dont je n'aurais jamais, eu nulle nulle connaissance en-dehors de ce forum ou de son prédécesseur ; sur le plaisir, aussi, d'en savoir toujours plus. D'apprendre. De lire des avis ou des commentaires d'amateurs ou de connaisseurs, voire d'érudits qui me permettaient d'enrichir ma culture musicale et par là-même, sans doute, la "justesse" de mon goût, lequel a ainsi évolué, dans un sens que j'estime positif. Mon "statut" d'administrateur d'un forum de musique classique, - pour un non musicien, a d'ailleurs valu quelques déboires à ce forum. Le snobisme et le dédain aidant, plusieurs forumistes ont déserté les lieux : ce forum ne valait que crotte de chien à leurs yeux, faut-il croire, et ne méritait plus en aucun cas l'honneur qu'on y déposât la moindre trace d'encre, fût-elle virtuelle. Passons c'est pas grave, d'ailleurs, ça nous a débarrassé de quelques *******urs
    Pour en revenir à cet adagio de Mozart, il me paraît évident en effet que le phrasé de Richter est plus analytique. C'est en gros ce qui me plaît le plus. J'ai un tempérament cérébral, et Glenn Gould est pour moi le plus grand pianiste de tous les temps , c'est tout dire
    Il me semble vraiment que, lorsque l'on entend ces deux versions, et merci de les avoir proposées c'est assez parlant , on est confronté à deux sensibilités. Celle de McCawley est peut-être plus chantante ... mais elle ne me parle guère, et j'irais même jusque dire que ça m'ennuie passablement. Celle de Richter fait davantage ressortir (aux oreilles du simple amateur que je suis ?) l'enchaînement des notes, et par là-même l'unicité de chacune d'entre elles, sans que cela nuise au phrasé de l'expression
    Selon moi, la version de Richter rend davantage justice à l'art du Mozart que je connais, et que j'aime


    Quant au lied de Wolf, dsl mais je n'ai jamais pu écouter ce compositeur. Ça viendra un jour, peut-être. Je me souviens qu'il y a qqs années j'étais totalement rétif à Britten ...

  3. #3
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    Je n'ai pas encore eu le temps d'écouter, mais, pour l'anecdote, McCawley avait été chaudement recommandé par un ancien forumiste. Je ne saurais dire si c'était un des e....s auxquels notre vénéré chef faisait allusion .

  4. #4
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    N'étant pas un "ancien forumiste" au sens où l'entendent Philippe () et Lebewohl (), ce n'est donc pas moi qui ai "chaudement recommandé" Leon McCawley dans les sonates pour piano de Mozart. Je m'étais en fait borné à signaler, au post 5 de la première page (cf. ici) du fil consacré à ce compositeur, que j'en possédais l'intégrale avec celles enregistrées par Barenboim, Zacharias, Pirès, Lubimov [pianoforte], De Larrocha et Schuchter (oubliant, pour un motif qui m'échappe, celle d'Arrau que j'ai aussi).

    Cela étant, voici une image scannée de mon coffret McCawley :



    À sa parution, il était bien difficile de ne faire aucun cas du flot d'éloges qui la saluèrent et dont on peut lire ici quelques exemples formulés en anglais.

    Je n'y adhère certes pas totalement, gardant une préférence, entre les versions que je possède, pour celles de Zacharias et de Schuchter, voire pour celle d'Arrau en dépit de son approche inhabituellement "sombre" et "automnale". Ce sont du moins les intégrales des sonates pour piano de Mozart auxquelles je reviens le plus souvent aujourd'hui, selon mon humeur du moment.

    Mais je ne regrette en rien mon achat du coffret McCawley, qui me "parle" quand même bien davantage qu'à Philippe (même si j'en comprends et respecte parfaitement les raisons) .

    Jacques

  5. #5
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    Quote Originally Posted by Jacques View Post
    Cela étant, voici une image scannée de mon coffret McCawley :


    À sa parution, il était bien difficile de ne faire aucun cas du flot d'éloges qui la saluèrent et dont on peut lire ici quelques exemples formulés en anglais.

    Je n'y adhère certes pas totalement, gardant une préférence, entre les versions que je possède, pour celles de Zacharias et de Schuchter, (...)
    Mais je ne regrette en rien mon achat du coffret McCawley, qui me "parle" quand même bien davantage qu'à Philippe (même si j'en comprends et respecte parfaitement les raisons)
    Si j'ai cité McCawley, ce n'est pas que je le considère comme le meilleur interprète de Mozart au piano, c'est simplement parce qu'une interprétation de la K 570 par lui est disponible sur You Tube et que c'est un exemple de ce qui est pour moi la bonne façon de jouer cantabile.

    Je suis content de voir que vous appréciez Schuchter. Si son interprétation de la K 570 avait été disponible sur You Tube, c'est elle que j'aurais mise en regard de celle de Richter. Schuchter me semble avoir l'art de chanter par unités longues, art que je regrette de ne pas trouver chez Richter, en tout cas dans l'enregistrement que j'ai cité plus haut.
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  6. #6
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    Quote Originally Posted by Philippe View Post
    Il me semble vraiment que, lorsque l'on entend ces deux versions, et merci de les avoir proposées c'est assez parlant , on est confronté à deux sensibilités. Celle de McCawley est peut-être plus chantante ... mais elle ne me parle guère, et j'irais même jusque dire que ça m'ennuie passablement. Celle de Richter fait davantage ressortir (aux oreilles du simple amateur que je suis ?) l'enchaînement des notes, et par là-même l'unicité de chacune d'entre elles, sans que cela nuise au phrasé de l'expression
    Selon moi, la version de Richter rend davantage justice à l'art du Mozart que je connais, et que j'aime

    Quant au lied de Wolf, dsl mais je n'ai jamais pu écouter ce compositeur. Ça viendra un jour, peut-être. Je me souviens qu'il y a qqs années j'étais totalement rétif à Britten ...
    Merci pour la façon aimable dont vous exprimez votre désaccord. Je suis content que nous soyons d'accord sur un élément à peu près objectif : Richter joue, comme vous dites, d'une façon plus analytique, et comme je di, plus note par note.

    Je crois que je vais essayer de créer un fil sur Hugo Wolf dans la section Compositeurs.
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  7. #7
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    Bonsoir InnocentParadis .

    À toutes fins utiles, puisque j'ai mentionné et que vous appréciez comme moi le pianiste "salzbourgeois" Gilbert Schuchter [1919-1989] dans les sonates de Mozart, je montre ci-dessous (à l'attention des autres membres et des visiteurs du forum qui ne le connaîtraient pas) le coffret correspondant, publié en 2000 par le label Tudor :



    Comme on peut le voir, il ne contient pas que les sonates mais toutes les oeuvres connues composées par Mozart pour le piano (seul). Enregistré par Schuchter à Vienne entre 1975 et 1978, l'ensemble se répartit sur dix disques formant autant de "récitals" variés. C'est sur le neuvième que figure la Sonate en si bémol majeur K. 570.

    La copieuse brochure jointe au coffret présente en ces termes le jeu de l'interprète (citation partielle) :

    "Gilbert Schuchter a fait l'unanimité des connaisseurs aussi bien que des amateurs grâce à son interprétation des oeuvres de Schubert. On retrouve ses qualités principales dans la présente production : un sens remarquable du flux musical et de l'art du phrasé qui en découle, tout comme sa faculté à établir une grande tension sur de vastes passages, ce qui implique un toucher nuancé. Ces qualités différencient sensiblement le jeu de Schuchter du martèlement généralement prôné par ceux qui ont fait du «jeu perlé» une fin en soi. (...)"

    Jacques

  8. #8
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    Voici encore un exemple du jeu analytique et peu lié de Richter :
    Sviatoslav Richter plays Schubert Allegretto in C minor, D.915 - YouTube[/URL]
    et voici le même morceau (Allegretto en ut mineur de Schubert) joué avec legato et ce que j'appelle "le chant par unités longues" (quand le morceau le permet, bien sûr) par le jeune pianiste Vasco Silva Dantas Rocha (19 ans) :
    19a Scubert - YouTube[/URL]
    Tout en comprenant qu'on puisse préférer le jeu analytique de Richter, je préfère pour ma part le second style. Et dans ce style, Vasco Silva Dantas Rocha me semble excellent. Ses vidéos ne sont pas beaucoup regardées, cela tient peut-être à ce qu'il joue sans la moindre ostentation.
    IP

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