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Thread: Die Weisse Rose

  1. #1
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    Die Weisse Rose

    Il peut sembler étonnant que ce soit sur le fil concernant Marlene Dietrich que j'aie appris, tout récemment et grâce à Claude, l'existence de Die Weiße Rose d'Udo Zimmermann. Moins qu'il y paraît cependant, puisqu'après avoir rappelé que l'illustre Berlinoise avait été une adversaire du nazisme j'avais fait sur ce fil une digression relative à la résistance allemande de l'intérieur.

    Quoi qu'il en soit, Die Weiße Rose, "scènes pour deux chanteurs et ensemble instrumental d'après des textes de Wolfgang Willaschek" (inspirés par la tragédie que fut l'exécution à Munich, en février 1943, de Sophie et Hans Scholl), est une oeuvre si singulière et forte qu'elle méritait, je crois, qu'un fil spécial lui fût consacré.

    Voici la version que j'ai acquise de cette oeuvre (sous les images de l'album, des photos de Sophie et Hans Scholl) :





    Cette musique, il est vrai, n'est pas d'un accès particulièrement aisé. Sa modernité très affirmée, sa violence et certaines stridences sont de nature à effaroucher l'auditeur peu ouvert ou peu habitué à de telles formes d'expression; à d'autant plus forte raison s'il n'est guère touché ou intéressé par le sujet. Mais sa puissance et son impact sont tels qu'on ne peut l'écouter, je crois, sans en être profondément ébranlé et ému.

    Pour plus de détails, je reproduis ci-après l'essentiel du texte de la brochure jointe au disque (par Gottfried Kraus, traduit en français par Véronique Plaut et Rudolf Kimmig) :


    "Aucune autre oeuvre destinée au théâtre musical au cours des cinquante dernières années n'a remporté un aussi grand succès que Die Weiße Rose, écrite à l'origine pour l'opéra de Hambourg par le compositeur de Dresde, Udo Zimmermann. Dans un laps de temps très bref, même pas deux ans, ces scènes pour deux chanteurs et quinze instrumentalistes connurent en effet pas moins d'une douzaine de mises en scène dans plus de trente villes.

    On peut penser que c'est le thème politique qui suscita un tel intérêt chez le public et assura ce succès - sur quoi d'ailleurs spéculèrent certains directeurs de théâtre -, mais cela serait injuste envers le contenu et la forme artistique de l'oeuvre. En outre, Wolfgang Willaschek, qui a réalisé le montage du texte, ainsi que le compositeur lui-même ont tout fait pour ne pas créer une relation trop directe entre l'oeuvre et les événements concernant le groupe de résistance munichois qui eurent lieu durant les années 1942/43. La situation de Sophie et Hans Scholl juste avant leur exécution, le 22 février 1943, servit pour ainsi dire de prétexte. Tous deux, ici, sont en effet représentatifs non seulement de leur cercle et de leur génération mais surtout d'une attitude intemporelle envers des expériences humaines et «politiques».

    Udo Zimmermann, né en 1943 à Dresde, l'année de la «Rose Blanche», a reçu son éducation musicale au sein du Kreuzchor de Dresde. À l'âge de 24 ans, il compose son premier opéra sur le thème de la résistance à Munich. Le texte, fondé uniquement sur des documents de l'époque, lui est fourni par son frère aîné, Ingo Zimmermann. Une «documentation scénique» retraçait la vie de Hans et Sophie Scholl en une série de séquences bien séparées et créées selon la technique du flash-back. Ce premier opéra ne fut, en fait, que «l'examen d'apprentissage».

    Zimmermann essaya de traiter une deuxième fois ce thème qui le fascina toute sa vie, selon ses propres paroles; cependant, cette seconde oeuvre ne ressemble en rien à la première; pas même un mot, pas une seule note ne sont identiques. Après une séries d'oeuvres scéniques parmi lesquelles les opéras «Schuhu und die fliegende Prinzessin» (texte: Peter Hacks) et «La Savetière prodigieuse» (d'après Garcia Lorca) - véritable témoignage de talent -, Zimmermann conçoit la deuxième version de «Weiße Rose» selon une dramaturgie tout à fait différente. Si le point de départ est le même (Hans et Sophie Scholl seuls dans leurs cellules avant leur exécution), il ne s'agit plus de faits réels, d'une documentation, et le compositeur ne procède plus par flash-backs; un état antérieur, détaché des événements extérieurs et dans lequel on prend conscience de ses limites, nous est en revanche décrit.

    Dans un livret extrêmement court, Wolfgang Willaschek a intégré des textes de Hans et Sophie Scholl mais aussi des poèmes et écrits en prose de Bonhoeffer, Fühmann et Rózewicz. Il est important de noter que ce texte ne veut pas seulement servir de support à la musique mais qu'il rend celle-ci nécessaire. Udo Zimmermann est surtout un musicien et - ce qui est peut-être rare aujourd'hui - un musicien qui non seulement sait travailler avec la musique mais qui a confiance en elle. (...)

    Zimmermann mêle avec brio éléments musicaux et formels les plus divers. Le dialogue entre la soprano et la flûte crée une grand émotion, les échanges entre les deux voix solistes parviennent à réaliser de grands effets, presque baroques. Le fait que Zimmermann fut élève du Kreuzchor et qu'il connaissait les Passions de Bach se retrouve dans sa musique. S'y manifestent aussi, cependant, l'expressivité de Messiaen, la condensation sonore de Lutoslawski ou la dramaturgie plutôt simple de Penderecki, quoique Zimmermann se distingue de ce dernier puisque jamais il ne spécule sur les moyens musicaux et se crée, grâce à son assurance, ses propres lois, sa propre esthétique. (...)

    La «Rose Blanche», qui fut créée mondialement en février 1986 à l'occasion de l'inauguration de «l'Opéra stabile» de Hambourg, est devenue un grand succès pour le compositeur, qui dirigea son oeuvre lui-même à Hambourg. Les deux chanteurs étaient la soprano Gabriele Fontana et le ténor Lutz-Michael Harder. (...) Le succès se répéta dans nombre de villes, notamment à Vienne (...) en janvier 1987. (...)"


    Jacques

  2. #2
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    Die Weiße Rose

    Cette photo touvée sur le net (USHMM - United States Holocaust Memorial Museum) montre : Hans Scholl (gauche), Sophie Scholl (centre), and Christoph Probst (droite) à Munich, Allemagne, 1942.



    Claude Torres

  3. #3
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    Merci, Claude.

    C'est une très intéressante et émouvante photo. Je l'avais déjà vue quelque part, mais c'était il y a longtemps.

    Je trouve que les acteurs qui, dans le film de Marc Rothemund, incarnent Hans Scholl, Sophie Scholl et Christoph Probst leur ressemblent de manière assez frappante, physiquement.

    Jacques

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